BILLET D’HUMEUR JOYEUSE ET CONFIANTE

Ce dimanche 25 juin 2017 à 10h, l’émission dominicale « Présence Protestante » nous conduisait à la découverte d’un culte de l’Église Hillsong Paris, condensé en moins de 30 min (coup de chapeau d’ailleurs à la production et réalisation et en particulier à Marie Orcel et Christophe Zimmerlin). Le Théâtre Bobino devient en effet Temple protestant chaque dimanche pour de longues heures puisque plusieurs cultes y sont célébrés par cette Église.

Présence Protestante propose, en plus de documentaires et émissions de plateau, une fois par mois, un culte, en direct ou différé, correspondant à la diversité d’expression et d’ecclésiologie de la Fédération Protestante de France. Déjà le mois dernier, le service proposé se déroulait à Toulouse dans une expression fédérative mélangeant avec intelligence les formes et les genres. Mais avec ce culte de cette communauté typique d’une expression contemporaine évangélique très en vogue actuellement, le curseur a sans doute été poussé un peu plus loin… et cela éveille en moi un sentiment de joie et de confiance en l’avenir.

Si le protestantisme est connu pour sa diversité, nous tombons hélas souvent dans la caricature facile mettant d’un côté les historiques et de l’autre les modernes, les évangéliques venant s’opposer à une tradition luthéro-réformée… au sein de chaque tradition d’autres oppositions… libéralisme face à une certaine orthodoxie, charismatiques vs évangéliques plus « classiques »… et arrêtons-nous là car sinon la déclinaison pourrait être longue. Caricatures donc mais hélas aussi parfois véritables disputes devenant luttes intestines avec une violence verbale ou scripturale désastreuse. Mais ce matin et malgré tout ça, je suis dans la joie et confiant…

Je me souviens d’un slogan utilisé lors d’un rassemblement des Protestants de l’Ouest de la France, il y a une quinzaine d’années à La Rochelle : « Notre diversité est notre richesse ! » Ce matin, elle éclatait une fois de plus sur les écrans de ma télévision et j’étais heureux et confiant…

Ô oui, il y a encore du chemin à faire… et j’imagine bien les réactions épidermiques de certains en visionnant cette demi-heure, appuyant leurs réactions sur tels ou tels autres aspects que je ne voudrai volontairement préciser là… attitudes finalement similaires aux semblables réactions d’autres quand le culte nous invite à entrer dans un temple où la forme et le fond sont fondamentalement différents. Personnellement et de par mes fonctions et divers engagements, j’ai appris à prendre plaisir de l’état où je me trouve… enfin surtout des moments partagés dans telle ou telle autre communauté, à aimer échanger avec des collègues de traditions très différentes… et tout ça même bien au-delà du seul protestantisme (!). Alors oui, bien évidemment, je me sens plus à l’aise ici que là, plus en adéquation théologique avec cette approche qu’avec l’autre, mais en même temps c’est souvent de ceux dont je suis le plus éloigné (en apparence) que j’apprend le plus et élargis alors l’espace de ma tente (Rassurez-vous mes piquets sont bien plantés). Comme le rappelle justement les parole de Jésus-Christ, en ouverture du verset de l’Évangile du Jour (Matthieu 10.26) et dans sa traduction tirée de Parole de Vie : « N’ayez pas peur des gens ! ». Oui la peur nous éloigne, nous fige, nous fait perdre la joie et nous ronge notre espérance… Et moi, précisément ce matin, à l’inverse, je veux choisir la joie et la confiance !

MONEY MONSTER, UN THRILLER GLAMOUR ET DRÔLE

Le deuxième hors-compétition du Festival offre une fois encore aux 24 marches de la Croisette une soirée glamour aux stars hollywoodiennes dont, en particulier, la magnifique Julia Roberts pour sa toute première à Cannes aux côtés du très classe George Clooney. C’est Money Monster de Jodie Foster qui était aujourd’hui proposé aux festivaliers mais aussi en sortie nationale.

Lee Gates, animateur d’une émission financière, et sa productrice Patty sont pris en otage dans leur studio de télévision par un spectateur furieux d’avoir tout perdu après avoir suivi les conseils d’investissement de Lee. Sous les yeux de millions de téléspectateurs, en direct, Lee et Patty vont lutter contre la montre et tenter d’élucider l’énigmatique conspiration qui semble se cacher au cœur des marchés mondiaux…

Présenté à 11h à la presse dans le grand théâtre Lumière après Rester Verticale (l’absurde et transgressive dernière réalisation d’Alain Guiraudie), Money Monster nous a permis de rire franchement et de passer un excellent moment de cinéma populaire américain. Il est clair que Jodie Foster, George Clooney et Julia Roberts ne nous livre pas la plus grande réflexion philosophique qui soit sur les dérives du capitalisme, de la technologie et de la télévision. Loin sans doute était leur intention d’ailleurs. Mais finalement, tout cela est pourtant bel et bien là dans ce thriller à suspense qui avance en temps réel, privilégiant un rythme intense qui ne nous fait pas décrocher une seconde au travers d’une réalisation soignée et punchy et d’un jeu d’acteurs parfaitement adéquat à la mission confiée.

Oui, Jodie Foster n’est vraiment pas qu’une super actrice mais bel et bien une excellente réalisatrice qui le confirme là, après le très bon Complexe du Castor en 2011.

Du beau et bon cinéma qu’il fait bon avoir aussi à Cannes.

UN JOUR DE CHANCE

Canal + m’a offert, cette semaine, l’occasion de découvrir un film espagnol de 2011 que je n’avais pas eu l’occasion de voir encore, « Un jour de chance ». C’est sans aucun à-priori, ni même sans avoir regardé la thématique du film que je me suis installé devant la télévision…

Voici le pitch : Roberto, agent publicitaire sans travail, vient de passer plusieurs entretiens d’embauche sans le moindre succès. Déprimé, il décide de ne pas rentrer chez lui… Une nostalgie maladive l’incite à retrouver les lieux de ses premières semaines de mariage. Or, l’endroit est devenu un site de fouilles archéologiques. Au cours de sa promenade, Roberto finit par chuter dangereusement et se blesse grièvement au point d’être immobilisé…

Finalement, cette histoire permet au réalisateur espagnol de nous livrer une satire sociale sur les dérives des médias mais plus généralement sur une société devenue hyper voyeuriste. Pour ce qui est de l’aspect cinématographique, ce film ne me laissera pas un souvenir inoubliable, même si certaines approches sont bien trouvées. On appréciera par exemple le choix de faire se dérouler la majeure partie du film dans une sorte d’arène romaine, avec un public représentant la société dans sa plus grande généralité avec ses yeux, ses smartphones, les flashs des appareils photos et autres caméras qui ont remplacé la plèbe romaine se délectant de la violence, du sang et de la mort. L’effet visuel recherché devient ainsi de plus en plus saisissant et développe un sentiment de gêne nous amenant à nous sentir nous-même partie prenante de cette foule quelque peu perverse. On regrettera par contre le choix du réalisateur d’osciller entre cette satire sociale et une sorte de farce burlesque, naviguant trop entre premier et second degré, entre cynisme total ou mélodrame naïf.

Mais ce film a néanmoins le grand intérêt de nous donner une fois de plus à réfléchir sur ce à quoi nous sommes confronté chaque jour au travers des médias… Cette avidité permanente de réagir frénétiquement à l’événement, en plus encore quand le drame est présent. Regarder ce film aujourd’hui, à l’heure de l’emballement autour de Dieudonné (je ne m’aventurerai pas là à en parler d’avantage même si ce sombre personnage ne m’inspire que dégout et peine), à l’heure des paparazzades Élyséennes (entre autre), face à une trash-tv en plein développement, aux chaines info cherchant le scoop, le sensationnalisme, usant de logos catastrophiques et de musiques angoissantes pour faire monter la pression… et à toutes sortes d’autres choses mêlant voyeurisme, perversité, magouilles, bizness et misère sociale, vous donnera sans doute de vous poser et peut-être de chercher à vous positionner autrement, refusant d’être l’un de ceux qui lèveront ou baisseront le pouce à la fin du spectacle.

Il y a d’autres attitudes possibles, d’autres chemins. Je le crois. Nous ne sommes pas pris dans une spirale infernale ou rien ne peut m’en sortir. Salma Hayek (l’épouse de Roberto qui refusera l’appât des euros dans cette sombre histoire) nous y invite et devient l’exemple à suivre… le refus de céder est une attitude glorieuse quand le courant vous emporte vers la destruction. C’est un défi qui nous est lancé chaque jour… très similaire finalement à celui que le Christ nous lance lui-aussi en nous appelant à marcher dans ses pas et à ne pas nous conformer au monde, mais à l’éclairer et lui donner du goût.

 

Titre original : La chispa de la vida

Réalisation : Álex de la Iglesia

Scénario : Randy Feldman

Acteurs principaux : José Mota, Salma Hayek

Pays d’origine : Espagne

Sortie : 2011

Durée : 95 minutes