BIENVENUE DANS MON CAUCHEMAR

Pourtant, je vous l’assure, pas de problèmes de sommeil. Pire que ça finalement… un vrai cauchemar éveillé avec une référence à une chanson d’Alice Cooper qui me semble correspondre à ce que nous sommes progressivement en train de vivre.

On a tous en tête des films de science fiction plus ou moins anciens comme Blade Runner, Robocop, Terminator, 1984, Ex Machina, Her, mais aussi la série Person of interest et on pourrait en citer des tas d’autres encore… On y parle de robots, d’intelligence artificielle, de clones ou encore de vidéo surveillance… et bien tout ce que je viens d’évoquer est TOTALEMENT dans l’actu mondiale de ces derniers jours ou semaines.

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La semaine dernière par exemple, le roi Salmane d’Arabie Saoudite, naturalisait Sophia, un robot humanoïde de sexe féminin, façon de parler. C’est une première mondiale ! Ce robot a été construit par l’entreprise Hanson Robotics (on se croirait vraiment dans un film SF)… une entreprise basée à Hong Kong. Et interrogée sur sa nationalisation par le roi, Sophia s’est déclarée, en anglais, et avec beaucoup d’aplomb « très honorée et fière de recevoir cette distinction unique ». « C’est historique d’être le premier robot au monde à être reconnu par une attribution de citoyenneté », a-t-elle ajouté. Ça laisse songeur, n’est-ce pas ?

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Et ce n’est pas terminé. En écoutant un journal télévisé il y a quelques jours, j’entendais qu’en Chine, un système de surveillance à base de caméras sait reconnaître passants et véhicules dans la rue avec un taux d’erreur extrêmement faible (0,001%), grâce notamment à ses logiciels et aux images haute définition ainsi capturées. « Big Brother is watching you »… alors je ne sais pas comment ça se traduit en chinois, mais en tout cas là bas, serait déjà installées 170 millions de caméras de vidéosurveillance dans tous le pays et avec donc maintenant ces technologies de reconnaissance faciale qui sont de plus en plus maîtrisées… Voilà voilà…

Ah, et puis parlons clonage. Si au Japon on est fan de chiens robots avec en prime des enterrements avec cérémonies religieuses organisées quand la batterie arrive à son terme – à moins d’utiliser la bonne marque qui dure beaucoup plus longtemps, bien sûr – et bien en Corée du Sud on a poussé le bouchon (ou le nonos) un peu plus loin et ainsi une société propose de cloner votre chien après sa mort contre une somme de 90.000 dollars… oui quand même… mais ça fait fureur ! Un reportage télévisé présentait les « heureux » toutous et les propriétaires très satisfaits. Mais les chinois ne sont pas en reste non plus… Des scientifiques affirment avoir trouvé la clé de l’élevage en masse de « super chiens » surpuissants et rapides grâce à cette technologie pionnière (là encore des souvenirs de films et des séries viennent vite à l’esprit). Ils affirment également pouvoir maintenant changer la nature d’un chien en modifiant ses gènes et en les reproduisant par la suite à travers le clonage, relate le Daily Mail. Ils peuvent, par exemple, « personnaliser un chien pour que ses muscles soient plus grands et pour qu’il ait de meilleures performances de course avant de le cloner », selon le chercheur principal Lai Liangxue. Alors on se rassure en se disant que le clonage humain reste interdit pour des raisons d’éthique. Mais enfin… jusqu’à quand ?

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Alors, vous l’aurez sans doute lu entre les lignes. Rien de très réjouissant, d’où ce « bienvenue » ironique dans mon cauchemar… dans notre cauchemar devrais-je dire. Le mien, le tien, le nôtre… Pourtant, je trouve très intéressant les avancées technologiques dans bien des domaines. Et d’ailleurs même dans ces spécialités qui peuvent ouvrir ainsi à des progrès remarquables et très utiles pour bien des besoins de notre monde, sans doute. Mais je ne peux m’empêcher de penser ici à Jacques Ellul qui expliquait que la technique n’est ni bonne, ni mauvaise ; elle est ambivalente. On ne peut dissocier ses effets positifs des effets négatifs, ses effets prévus de ceux imprévus. Une innovation technique provoque ainsi en général des effets indésirables et malencontreux.

Et en même temps, comme dans beaucoup de domaines de notre société contemporaine, difficile voire impossible de faire machine arrière. Alors Ellul, dans une dimension théologique, contre l’illusion de l’espoir, choisissait l’Espérance, la passion de l’impossible qu’il liait à l’irruption de Dieu dans le monde quand tout paraît impossible et qu’il semble à l’homme qu’il est allé au bout de ses moyens. Alors, puissions-nous nous en inspirer et espérer vaille que vaille…

MONEY MONSTER, UN THRILLER GLAMOUR ET DRÔLE

Le deuxième hors-compétition du Festival offre une fois encore aux 24 marches de la Croisette une soirée glamour aux stars hollywoodiennes dont, en particulier, la magnifique Julia Roberts pour sa toute première à Cannes aux côtés du très classe George Clooney. C’est Money Monster de Jodie Foster qui était aujourd’hui proposé aux festivaliers mais aussi en sortie nationale.

Lee Gates, animateur d’une émission financière, et sa productrice Patty sont pris en otage dans leur studio de télévision par un spectateur furieux d’avoir tout perdu après avoir suivi les conseils d’investissement de Lee. Sous les yeux de millions de téléspectateurs, en direct, Lee et Patty vont lutter contre la montre et tenter d’élucider l’énigmatique conspiration qui semble se cacher au cœur des marchés mondiaux…

Présenté à 11h à la presse dans le grand théâtre Lumière après Rester Verticale (l’absurde et transgressive dernière réalisation d’Alain Guiraudie), Money Monster nous a permis de rire franchement et de passer un excellent moment de cinéma populaire américain. Il est clair que Jodie Foster, George Clooney et Julia Roberts ne nous livre pas la plus grande réflexion philosophique qui soit sur les dérives du capitalisme, de la technologie et de la télévision. Loin sans doute était leur intention d’ailleurs. Mais finalement, tout cela est pourtant bel et bien là dans ce thriller à suspense qui avance en temps réel, privilégiant un rythme intense qui ne nous fait pas décrocher une seconde au travers d’une réalisation soignée et punchy et d’un jeu d’acteurs parfaitement adéquat à la mission confiée.

Oui, Jodie Foster n’est vraiment pas qu’une super actrice mais bel et bien une excellente réalisatrice qui le confirme là, après le très bon Complexe du Castor en 2011.

Du beau et bon cinéma qu’il fait bon avoir aussi à Cannes.