ÇA SORT CET ÉTÉ !

Ça y est, c’est l’été ! Et dans quelques jours, les deux mois qui marquent, pour beaucoup, des temps de vacances où le cinéma peut devenir une option bien sympathique. Alors pour vous encourager à envisager de prendre du temps aussi pour découvrir des histoires bouleversantes, des récits drôles ou émouvants, et pour tout simplement vous divertir et vous faire du bien… voici une petite sélection de films qui sortiront en juillet et aout de cette année.

04 juillet 2018

  • Woman at war

Un conte écologique à l’humour décalé.

Film islandais de Benedikt Erlingsson. Prix SACD de la Semaine de la Critique à Cannes

  • Mes frères

Ce film traite des relations particulières entre frères et sœurs, de la maladie et de son rapport au corps, d’une amitié naissante entre deux enfants, d’un souffle de liberté, le tout porté par une BO volontairement très présente.

Film français de Bertrand Guerry

 

11 juillet 2018

  • Dogman

L’un des films qui a marqué le dernier Festival de Cannes, en particulier par la qualité d’interprétation de Marcello Fonte qui lui a valu de recevoir le prix d’interprétation masculine.

Ma critique à lire ic

Film italien de Matteo Garrone

 

  • The Stange ones

Un film noir et troublant qu’on traverse comme un cauchemar à demi éveillé, tenu par une ambiance envoûtante et un duo d’acteurs fantastique.

Film américain de Christopher Radcliff & Lauren Wolkstein

 

  • Paranoïa

Un thriller qui nous plonge dans le quotidien de Sawyer, jeune femme d’affaire ambitieuse, enfermée du jour au lendemain dans un asile psychiatrique contre son gré. La particularité de ce film tient notamment au fait qu’il a été tourné avec un iPhone !

Film américain de Steven Soderbergh

 

À noter la re-sortie en versions restaurées des film Haïr et Bagdad Café

 

18 juillet 2018

  • Come as you are

Grand prix du Jury au Festival de Sundance. Teen-movie provocateur et poignant

Film américain de Desiree Akhavan

25 juillet 2018

  • Vierges

Un récit estival solaire, autour du mythe de la sirène comme une fable fantastique rafraichissante dopée à l’espérance.

Film israélien de Keren Ben Rafael

 

01 août 2018

  • Mission: Impossible – Fallout

Un nouveau Mission: Impossible est toujours un film à voir… et ce genre fait aussi du bien pendant la période estivale. Profitons-en…

Film américain de Christopher McQuarrie

 

  • My Lady

Une comédie raffinée sur le temps qui passe et les secrets de famille, servie par l’excellence de son interprétation.

Film britannique de Richard Eyre

  • Une famille italienne

Une comédie sur le thème de la famille et à l’italienne… rires et émotions au rendez-vous.

Film italien de de Gabriele Muccino

 

08 août 2018

  • Le Poirier sauvage

Le nouveau film de Nuri Bilge Ceylan toujours dans la longueur (3h08) où le cinéaste turc continue de sonder minutieusement l’âme humaine sur fond de paysages saisissants de beauté.

Film Turc de Nuri Bilge Ceylan

 

  • Mary Shelley

Biopic sur l’adolescente britannique du début du XIXe siècle qui allait concevoir le personnage de «Frankenstein».

Film américain de Haifaa al-Mansour

 

15 août 2018

  • Une valse dans les allées

Entre romance et comédie, magistralement interprété, un film tendre et optimiste à ne pas manquer.

Film allemand de Thomas Stuber

 

  • Papillon

Remake du film de 1973 avec Steve McQueen et adaptation cinématographique par là-même du livre présenté comme autobiographique de Henri Charrière.

Film américain de Michael Noer

22 août 2018

  • BlacKkKlansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan

Grand prix du Festival de Cannes et mention spéciale du Jury œcuménique. Un film. Un film coup de poing drôle et bouleversant !

Ma critique à lire ici

Film américain de Spike Lee

 

  • King : de Montgomery à Memphis

Re-sortie du film réalisé en 1970 de Sidney Lumet & Joseph L Mankiewicz qui dresse le portrait du pasteur Martin Luther King, le héraut de la cause noire aux Etats-Unis, assassiné en 1968 à Memphis.

 

  • Le grand cirque mystique

Une œuvre attachante et ambitieuse présentée en séance spéciale au dernier Festival de Cannes, adaptée d’un poème de Jorge de Lima, auteur surréaliste emblématique de la tradition baroque brésilienne.

Film brésilien de Carlos Diegues

 

  • Les vieux fourneaux

Une bonne comédie en cette fin d’été, à ne pas manquer, adaptée de la célèbre BD du même nom dans laquelle Pierre Richard, Eddy Mitchell et Alice Pol cherchent à empêcher Roland Giraud de commettre un crime passionnel !

Film français de Christophe Duthuron

 

  • Alpha

Film d’aventure durant l’ère Paléolithique supérieur… une bande annonce qui fait envie.

Film américain de Albert Hughes

 

29 août 2018

 

  • Burning

Prix du Jury de la presse internationale au dernier Festival de Cannes, Burning est un thriller hypnotique et épuré mais où il faut du temps pour entrer dans l’histoire.

Film coréen de Lee Chang-Dong

IL ÉTAIT UNE FOIS GODLESS

Retrouvez la version vidéo sur ma chaîne youtube : ICI

Steven Soderbergh et Scott Frank se retrouvent 20 ans après leur film « Hors d’atteinte » afin de créer le premier western original de la plateforme américaine Netflix sous la forme d’une mini-série flamboyante de sept épisodes mêlant habilement l’ADN du genre à des thématiques contemporaines.

Godless, c’est l’histoire d’une petite bourgade du Nouveau-Mexique, appelée LaBelle, fondée par des pionniers, où l’on ne trouve… que des femmes ! Les hommes sont morts à la mine, quelques mois plus tôt. Tous les hommes, ou presque. Ne restent plus en ville que le Shérif et son très jeune adjoint. Alors en cette fin de XIXe siècle, dans cette région encore indomptée de l’Amérique, les filles de LaBelle se retrouvent livrées à elles-mêmes, obligées de prendre leur indépendance et de s’émanciper. Ce que certaines acceptent naturellement, et d’autres moins. Mais tout va être remis en question par l’arrivée impromptue d’un cavalier grièvement blessé, en pleine nuit, aux abords du ranch d’Alice Fletcher. Roy Goode est un hors-la-loi. L’un des hommes de main du terrible Frank Griffin et de sa bande. C’est même le chouchou, le petit protégé du boss. Or, Roy a décidé d’arrêter la vie de Desperado. Il s’est fait la malle, avec le butin du dernier braquage. Fou de rage, Griffin met alors l’Ouest à feu et à sang pour le retrouver. Une traque impitoyable, qui va inexorablement le mener à LaBelle…

Comme je l’évoquais en introduction, la grande force de cette série est de nous proposer là d’abord un vrai western épique avec tous les éléments incontournables (Chevauchées, paysages façonnés dans une immensité sauvage, musique country, fusillades, bagarres, rodéo, saloon, prostituées… oui il y en a souvent aussi dans les westerns, et puis des personnages typiques et divers – un hors la loi au grand cœur, une jolie fermière brut de décoffrage mais surtout aussi très fine gâchette, quelques indiens indispensables mais parfois drôles également, un chef de bande totalement psychopathe, un shérif amoureux à la psychologie un peu compliquée… et j’en passe !)…

Tout ça donc, très classique finalement, mais avec beaucoup plus encore. Je m’explique… Steven Soderbergh et Scott Frank nous livre une série extrêmement moderne et soigné avec un dimension esthétique remarquable. Le scénario tout d’abord permet à Godless de s’attaquer à un problème contemporain avec la place des femmes dans la société. Se pose la question de la nécessité de s’adapter, plus ou moins facilement, et surtout de gagner leur indépendance contre les « règles » établies. Se développe aussi tranquillement tout au long des épisodes de nombreuses thématiques comme évidemment la vengeance, les jugements à l’emporte-pièce qui enferment et détruisent, le racisme. On y parle de souffrances psychologiques mais aussi d’art, d’amour, de bienveillance. On y trouve en somme une vraie analyse sociologique de l’Amérique sauvage. Et puis on peut se poser aussi pour entrer dans une forme de contemplation grâce à une photo vraiment remarquable, avec des prises de vues léchées et du temps donné juste pour ça, amplifié par la somptueuse musique de Carlos Rafael Rivera. Et encore une fois tout ça avec un western âpre, brutal et sans concession au genre.

Coup de chapeau bien sûr à la réalisation hors-pair de Soderbergh et Franck qui balancent avec virtuosité dans leur approche filmique entre Sam Peckinpah, Terrence Mallick, jusqu’à rejoindre dans un final explosif, infernal et en même temps éblouissant, l’immense Tarantino. Un vrai régal qui n’aurait malgré tout pas la même saveur sans ce casting prestigieux offrant dans la même série Jack O’connell, l’exceptionnel Jeff Daniels, les magnifiques Michelle Dockery et Christiane Seidel, mais aussi Scott McNairy, Thomas Brodie Sangster et l’excellente Merritt Wever.

Bon et puis pour finir, même si cette mini-série est construite comme une saison unique, on peut imaginer, rêver que le succès rencontré pourrait finalement malgré tout donner des envies de reviens-y qui ne me déplairait aucunement… Mais cela, c’est une autre histoire !