Que l’humilité soit avec toi !

Étonnant parcours que celui d’Anthony Daniels. Véritable star internationale du cinéma, peu connaissent pourtant son nom et son visage. Depuis 42 ans, il interprète le célèbre robot doré C-3PO dans Star Wars, dont l’ultime épisode sort ce mercredi 18 décembre en France.

Lundi 28 janvier 2019, la nouvelle tombe : Anthony Daniels, l’acteur derrière la face inexpressive du droïde de protocole C-3PO vient officiellement d’annoncer qu’il en avait terminé avec le tournage de Star Wars, épisode IX : L’Ascension de Skywalker. Un grand moment d’émotion pour le seul acteur qui est présent dans chacun des films des trois trilogies Star Wars depuis 1977 ; il joue également dans les deux spin-off de la saga, à savoir Rogue One et Solo — dans ce dernier film, il incarne non pas C-3PO mais le personnage humain Tak. Il participe également à Star Wars in concert, où il fait office de narrateur et guide le public à travers l’univers Star Wars, tout au long des deux heures de concert.

Ce destin extraordinaire ne semblait pourtant pas être écrit à l’avance. Né le 21 février 1946 à Salisbury en Angleterre, Anthony Daniels entame des études de droit sous l’influence de ses parents. Son réel désir est néanmoins depuis toujours d’être comédien. Il quitte donc l’université deux ans plus tard pour rejoindre Londres et l’école d’arts dramatiques Rose Bruford College, où il apprend l’art du mime et la radio auprès d’excellents professeurs qui l’inspirent particulièrement. Une fois son diplôme en poche, il décroche un BBC Radio Award et rejoint ainsi l’entreprise publique britannique pour laquelle il participe à des centaines de productions. Il rejoint ensuite le National Theatre of Great Britain et se représente en tournée ainsi qu’à Londres. C’est là qu’il reçoit un appel afin de rencontrer George Lucas au sujet d’un film de science-fiction. Ce domaine ne l’intéresse pas le moins du monde, lui qui a demandé à être remboursé après être allé voir 2001, L’Odyssée de l’Espace (1968). Il décline donc l’invitation avant de changer d’avis devant l’insistance de son agent. Lors de sa rencontre avec le réalisateur américain, le script le laisse de marbre mais il est happé par un concept du droïde doré dessiné par l’illustrateur Ralph McQuarrie. C’est donc avec joie qu’il accepte finalement ce rôle pour lequel son talent de mime le destinait. Car ce sont bien sa silhouette svelte et ses talents de mime qui lui ont assuré le rôle, dès que Lucas l’a aperçu. Finalement, en plus d’être à l’intérieur du costume brillant, il prêtera sa voix, dont le timbre est unique, une fois de plus svelte et épuré. Il qualifie lui-même cette voix comme étant celle d’un majordome britannique zélé. S’il parle couramment français, la version française de la saga optera pour un doublage réalisé par le talentueux Roger Carel puis Jean-Claude Donda. Une aventure qu’il n’aurait jamais pensé continuer si longtemps, raconte le comédien britannique de soixante-treize ans, qui a publié fin octobre son autobiographie : I am C-3PO – The Inside story (Je suis C-3PO – Les coulisses de l’histoire).

Robot polyglotte et loquace, programmé pour respecter l’étiquette et le protocole, à la démarche mécanique et aux manières guindées, C-3PO aura notamment contribué avec son inséparable compagnon roulant R2-D2 à amener une touche d’humour aux films de science-fiction. Et justement cet ultime épisode voit C-3PO revenir sur le devant de la scène. S’il n’avait pas grand chose à faire dans les films les plus récents, Daniels s’amusant à le comparer à une “décoration de Noël”, il fait ici partie de l’équipe des héros. Il est en effet toujours au cœur de l’action et dans les scènes à effets spéciaux. 

Ne pas être connu alors que son personnage était une star mondiale « a été difficile au début », souligne-t-il. Dès sa sortie sur grand écran, Star Wars est un immense succès critique et public. « Personne ne s’attendait à un tel phénomène. Mais contrairement aux autres acteurs, la presse ne mentionnait jamais mon nom. Ils parlaient de C-3PO, mais jamais d’Anthony Daniels. Cela m’a énormément blessé, je me sentais exclu », se remémore le comédien. Malgré tout, il décide de reprendre son rôle dans les épisodes suivants – avec un salaire un peu plus conséquent – et enchaîne les apparitions dans le monde entier pour promouvoir un personnage qui se comporte comme un enfant. Et donc, « maintenant, beaucoup de gens me connaissent », se réjouit-il, se consolant de ne pas être davantage sur le devant de la scène. « Etre vraiment célèbre peut être un peu bizarre, un peu lourd à porter ».

Une histoire où les paroles du livre des Proverbes (La Bible – Prov. 15.33) « La crainte de l’Eternel enseigne la sagesse, Et l’humilité précède la gloire » semblent prendre corps et nous dire des choses pour aujourd’hui encore. Une vie qui résonne à mon goût comme une parabole que Jésus aurait pu aisément raconter à ceux qui venaient l’écouter, faisant route avec lui, en leurs stipulant avec une certaine espièglerie : « Que celui qui a des oreilles pour entendre… ».

 

STAR WARS, FORCEMENT BIEN !

Enfin forcément… mis à part jouer avec les mots, rien de plus sûr quand on a conscience du défi qui était celui de J.J. Abrams et de Lawrence Kasdan au scenario pour écrire une intrigue qui relance les enjeux de la mythique saga reprise par Walt Disney sans les  ringardiser et tout en en inventant d’autres puisque c’est reparti pour une nouvelle trilogie. Et bien, je ne créerai pas de suspense ici : Défi relevé !

Les mois de décembre nous ont habitués à livrer chaque année un ou plusieurs blockbuster hollywoodiens comme on les aime (ou pas…). Après trois ans de trilogie Tolkienne façon Peter Jackson, 2015 nous mets la tête dans les étoiles. Plongeons direct trente ans après le final du « Retour du Jedi », quand Luke Skywalker a vaincu L’Empereur, ramené son père Dark Vador du côté lumineux de la force, et l’Alliance Rebelle repris les rênes de la galaxie. Si tout semblait plutôt en bonne voie, les choses parfois ne tournent pas forcément comme il se doit.

Une nouvelle République a été instaurée et un Sénat élu. Mais des héritiers de l’Empire, appelé « Premier Ordre », n’ont pas rendu les armes et entendent bien au contraire rétablir leur ordre au travers d’une destruction radicale de tous ceux qui se dressent sur leur passage, en particulier la Résistance menée par Leia Organa, bras armé de la République.

Luke Skywalker a préféré s’exiler sur une planète inconnue, tel le vieux sage Yoda avant lui et la Résistance et le Premier Ordre se sont lancés en parallèle dans une quête pour le retrouver, lui le seul capable « d’apporter la paix et la justice » et « dernier Jedi de la galaxie ».

Evidemment, je n’irai pas plus loin en ce qui concerne l’histoire choisissant de ne rien spoiler afin de vous laisser le charme des découvertes. Car il y en aura de nombreuses à faire, tant dans le scénario lui même que dans les nouveaux personnages qui rejoignent l’intrigue (ou la quittent). En fait la grande réussite de ce septième opus ce situe précisément dans cette capacité d’adaptation remarquable de J.J. Abrams (habitué il faut le dire de ce genre de challenge) pour garder l’esprit du passé et insuffler du nouveau sans dénaturer mais au contraire même renouveler comme il faut.

Tous les ingrédients des épisodes précédents sont là, en particulier ceux de la trilogie originale. Clins d’œil réguliers par le biais de personnages, de répliques et d’allusions. Batailles spatiales impressionnantes et combats lasers mais sans surenchère numérique qui avait pu en gêner plus d’un dans la seconde trilogie. De véritables héros qui se lèvent, des créatures très diverses et, en général, assez sympathiques et surtout une dose parfaite d’humour qui apporte le sourire, voire même le rire, nécessaires. Et enfin un générique culte et la musique du génialissime John Williams qui nous régale les oreilles et la mémoire. Un film spectaculaire et drôle, qui parvient parfaitement à faire le pont entre hier et aujourd’hui.

Et pour ceux qui aiment réfléchir, trouver des analogies avec la société, la spiritualité, la vie… « Le Réveil de la force » se révèle très intéressant, comme globalement pouvaient l’être aussi les précédents films. On assiste inévitablement à un combat entre de gentils « résistants » et des méchants aux traits fascistes. Mais tout n’est pas aussi simple, et d’un côté comme de l’autre, les questionnements peuvent exister et des retournements se produire. La prise de conscience de la manipulation et de l’horreur peut déclencher ainsi chez celui qui est façonné dans le mal une réaction résistante. À travers la désertion de FN (heu… comment dire… toutes ressemblances avec des initiales existantes seraient purement fortuites ! Surtout quand derrière l’armure blanche se cache un noir)… FN qui deviendra Finn, on comprend par exemple que derrière les « Stormtroopers » (chasseurs impériaux, soldats de l’Empire Galactique et aujourd’hui du Premier Ordre) se cachent des humains qui peuvent véritablement être perdus, déboussolés, mais qu’en même temps s’engager du côté des gentils n’est pas chose aisée. Personnellement, je trouve d’ailleurs très astucieux ce choix de donner la part belle à un Stormtroopers ! Même les méchants peuvent s’avérer de bonne facture et changer. La conversion est toujours possible et la grâce offerte à tous, même si tous ne l’acceptent pas !

Alors oui, ce genre de film permet facilement les analogies, et il peut être intéressant de relever certains détails et pouvoir en discuter, peut-être même l’utiliser mais il me semble aussi que le prendre simplement, tel quel, et se divertir avec peut aussi suffire sans chercher d’argumentations obligatoires supplémentaires. Car côté divertissement « Le réveil de la force » sera l’un des musts de 2015… alors faites-vous plaisir, ça fait du bien. Et rendez-vous bientôt pour la suite car après celui-là on attend bien sûr qu’une chose : la suite !