1 an déjà… Sister Soul dans nos cœurs

Ce vendredi marque le premier anniversaire de la mort d’Aretha Franklin, et il ne serait pas juste de laisser passer cette journée sans que je ne publie quelque chose sur ce blog…

Je vous propose donc de découvrir un extrait de mon livre « Sister Soul – Aretha Franklin sa voix, sa foi, ses combats », plus précisément les pages 145 à 148, où l’on se retrouve dans les dernières années de sa vie jusqu’à son départ, ce triste 16 août 2018.

Également retrouvez en fin d’article, quelques liens vers des vidéos, peu connues pour la plupart, que je partagerai tout au long de cette journée également sur mes comptes Facebook et Twitter.

En 2010, le magazine Rolling Stone fait d’Aretha la plus grande chanteuse de tous les temps, disant d’elle qu’elle était « un cadeau de Dieu ». Toujours à la brèche, et en veille constante vis-à-vis de l’évolution des styles et des goûts musicaux, quatre ans plus tard, la reine de la soul sort un album contenant ses propres versions de chan- sons contemporaines populaires comme « Rolling in the Deep » d’Adele, ou des classiques comme « I Will Survive » de Gloria Gaynor.
Cette même année, Aretha Franklin apprend qu’elle souffre d’un cancer du pancréas. Elle est opérée mais décide de maintenir ses apparitions sur scène, malgré́ sa santé fragile.
Le 26 septembre 2015, Aretha chante à Philadelphie lors de la venue du Pape François aux États-Unis à l’occasion de la rencontre mondiale des familles. Elle confiera : « J’ai rencontré le pape dans les coulisses. Nous nous sommes salués, puis je lui ai remis une compilation des sermons de mon père. » Le journaliste Henrik Lindell se souvient : « Aretha était la seule à ne pas s’incliner devant le Saint-Père. Tous les autres artistes le faisaient. Elle, elle chantait Dieu et Jésus. Je me souviens avoir fait taire des gens autour de moi qui papotaient pendant qu’elle chantait. Cela me choquait. C’était un des plus grands moments musicaux de ma vie. De fait, elle était la plus grande. C’était au pape de s’incliner devant elle ! Autour de moi, certains étaient un peu surpris par ce côté « diva ». En réalité, diva ou pas, je trouve qu’elle a été honnête, tout simplement. Elle était là pour chanter et pour honorer Dieu. Elle n’était pas là pour le pape. »
Aretha continuera à enregistrer de la musique et à donner des concerts à travers les États-Unis jusqu’à son départ à la retraite en 2017. Sa dernière performance live a lieu à la « Cathedral of Saint John the Divine » à New York lors d’un gala pour le vingt-cinquième anniversaire de la fondation Elton John contre le sida, le 7 Novembre 2017.
Au début du mois d’août 2018, Aretha est gravement malade, selon des déclarations de sa famille à la chaîne Local 4, à Detroit. « C’est avec une grande tristesse que je vous informe que la reine de la soul et ma grande amie Aretha Franklin est gravement malade », déclare sur Twitter l’un des animateurs de la chaîne, Evord Cassimy. « J’ai parlé avec des membres de sa famille ce matin. Elle vous demande de prier pour elle ». Elle décède finalement le 16 août 2018 à l’âge de soixante-seize ans. Elle était chez elle à Detroit, entourée de ses amis et de sa famille. « Dans l’un des moments les plus sombres de notre vie, nous ne sommes pas capables de trouver les mots appropriés pour exprimer la douleur dans notre cœur », déclare sa porte-parole Gwendolyn Quinn, dans une déclaration. « Nous avons perdu la matriarche et le pilier de notre famille. L’amour qu’elle avait pour ses enfants, petits-enfants, nièces, neveux et cousins n’avait pas de limite ». Elle ne laisse pas de testament. Ses quatre enfants se partagent les 80 millions de dollars de l’héritage en parts égales, conformément à la loi du Michigan.
C’est un déferlement d’hommages de toute part. Tous reconnaissent son talent exceptionnel et incomparable mais aussi la femme extraordinaire qu’elle fut, avec sa timidité et ses excès, avec cette force incroyable qui l’a tenue debout dans un parcours semé d’embuches et de souffrances. Barack Obama, le jour même de son décès, publie ce message qui résume à lui-seul le ressenti d’une multitude : « Née à Memphis et élevée à Detroit, Aretha Franklin a grandi en chantant des chansons Gospel dans la congrégation de son père. Depuis plus de six décennies, chaque fois qu’elle chantait, nous étions tous au bénéfice de la grâce d’apercevoir le divin. Par ses compositions et sa musicalité inégalée, Aretha a contribué à définir l’expérience américaine. Dans sa voix, nous pouvions sentir notre histoire, tout cela et dans chaque ombre – notre pouvoir et notre douleur, notre obscurité et notre lumière, notre quête de rédemption et notre respect durement gagné. Elle nous a aidés à nous sentir plus connectés les uns aux autres, pleins d’espoir, plus humains. Et parfois, elle nous aidait à oublier tout le reste et à danser. Aretha est peut-être passée dans un monde meilleur, mais le don de sa musique reste une source d’inspiration pour nous tous. Que la Reine de la Soul repose dans une paix éternelle. Michelle et moi envoyons nos prières et nos plus sincères condoléances à sa famille et à tous ceux qui ont été touchés par sa chanson. »
Pendant plus de soixante ans, la voix d’Aretha a résonné dans tous les styles, du Gospel au Jazz en passant par la Soul et la Pop. Elle a gommé les frontières entre la musique noire et la musique blanche et compte des fans à travers toutes les générations.

Extrait de « Sister Soul – Aretha Franklin sa voix, sa foi, ses combats » p.145-148 – Jean-Luc Gadreau – Éditions Ampelos

 

Une vidéo très émouvante partagée par Victorie Franklin, petite fille d’Aretha qui nous plonge dans l’intimité dans la fin de sa vie…

Une performance mémorable de Sister Soul, Aretha Franklin, lors d’un concert en 1968 à Amsterdam. Le timbre unique d’Aretha et son piano électrisant font de chaque représentation un moment exceptionnel.

Tom Jones & Aretha Franklin pour un Medley 70’s en live.

Une performance rare de Sister Soul, Aretha Franklin. L’une de ses meilleures interprétations de Respect, en 1968, avec la présence de Martin Luther King Jr. avec elle ce jour-là. À noter aux choeurs, ses sœurs Carolyn et Erma, en arrière-plan.

Aretha Franklin interprète « Say a little prayer » dans le Cliff Richard Show en 1970

1965 : Aretha Franklin interprète « (No, No) I’m Losing You »

Aretha Franklin interprète « Go Tell It On The Mountain » à Washington DC le 07/12/994 pour la cérémonie officielle de l’éclairage du Sapin de Noël national.

Nous sommes en 1964. Aretha Franklin a 22 ans et a déjà fait ses preuves. Mais ce n’est que quelques années plus tard que « Respect » et « Think » la positionneront comme la Reine de la Soul. 

La reprise de « I Will always loves you » à Charlotte, en Caroline du Nord, en hommage à Whitney Houston, le soir même de sa mort.

Près de 70 ans, après s’être levée pour chanter un premier gospel dans l’Église de son père, en 2016, pour un spectacle en direct pour TIME, Sister Soul, Aretha Franklin est retournée à la The New Bethel Baptist Church à Detroit, Michigan.

Aretha Franklin en 1989, en train de chanter « Precious Lord » dans l’Église The New Bethel Baptist Church à Detroit, Michigan. où elle a commencé, sous la direction de son père le Révérend C.L. Franklin. « Precious Lord, Take My Hand » est la composition la plus célèbre de Thomas A. Dorsey, le père du gospel moderne, un ancien bluesman. Aretha Franklin l’avait enregistrée au tout début de sa carrière, alors qu’elle n’avait que quatorze ans, seule au piano, à Détroit, dans cette même église. C’est aussi devenu un hymne pour la lutte des Droits civiques, et c’était d’ailleurs la chanson favorite de Martin Luter King, qu’Aretha interpréta à ses funérailles.

Sister Soul en 3 minutes

« Sister Soul – Aretha Franklin – sa voix, sa foi, ses combats », la biographie inédite et intimiste d’Aretha Franklin, par le pasteur Jean-Luc Gadreau est disponible depuis le 7 mai dernier, aux éditions Ampelos. « l’Église n’a jamais quitté la Reine de la Soul » affirme Jean-Luc Gadreau. Mais Sister Soul, le livre, explore aussi moult engagements de cette femme résiliente et volontaire, devenue une icône des combats en faveur de la justice. Il développe enfin le sens de la grâce qui ne l’a jamais quitté, cette certitude du soutien divin, stable comme le souffle et aussi profond qu’un gémissement.

Pour Jean-Luc Gadreau, si Aretha Franklin a marqué autant de générations, ce n’est donc pas uniquement grâce à ses octaves mais c’est aussi pour son témoignage de vie, de résistance, de résilience, d’ouverture au monde… et son combat en faveur, notamment, des femmes, des droits civiques et de la communauté afro-américaine. Mais sa version de « R.E.S.P.E.C.T. » va même au-delà. C’est un hymne émancipateur pour toutes les minorités, qu’elles soient noires, latinos ou homosexuelles.

« Une vraie vie, peut-on dire sans que cela soit une paresse d’expression. Le parcours d’Aretha manifeste toute l’humanité de l’humanité. La confiance, la chute, la persévérance, l’épuisement, l’élan, la fatigue, et aussi le talent, et aussi le génie. Son plus grand génie est peut-être d’avoir témoigné avec autant de limpide candeur, sans cacher les cahots du chemin… » écrit pour sa part le journaliste Bertrand Dicale dans la préface du livre.

Le parcours de foi de la chanteuse nous rappelle le sens biblique de la grâce. La grâce de Dieu ne nous est pas octroyée parce que nous sommes méritants, ce ne serait plus une grâce, ce serait un mérite. Elle ne nous est pas offerte parce que nous en sommes dignes, elle ne serait plus la grâce, elle serait la chose que Dieu nous doit. Elle s’étend à tous les hommes et les femmes, sans distinction. Elle est offerte à tous, malgré ou à cause de nos failles, de nos faiblesses, de nos imperfections. Elle est l’expression la plus forte de l’Amour divin et Aretha nous le rappelle constamment, tant pas son expérience personnelle que par son rapport aux personnes, quel qu’ils soient.

Mais, derrière cette notion de grâce, s’ajoute aussi celle d’un accueil. Car, si accueillir la grâce est offert à tous, la saisir, s’en emparer et la laisser produire le fruit en soi est un défi que tout le monde ne relève pas. Le parcours d’Aretha Franklin, si exceptionnel soit-il, peut faire penser à celui d’autres stars, notamment issues du Gospel, qui souvent ne surent se raccrocher à la foi et y puiser la force de traverser l’épreuve et continuer la route. Aretha l’a fait… Malgré les moments difficiles par lesquels elle a pu passer, les décisions personnelles parfois même opposées à ses propres convictions chrétiennes, malgré des relations abusives, elle a su se raccrocher à Dieu et à l’Église, attraper à chaque fois la main tendue et maintenir le cap et devenir ainsi une forme de parabole contemporaine pour aujourd’hui !

Retrouvez ci-dessous Jean-Luc Gadreau qui nous parle de son livre en 3 minutes chrono !

 

Sister Soul – Aretha Franklin – Sa voix, sa foi, ses combats

Jean-Luc Gadreau / Préface de Bertrand Dicale

Éditions Ampelos – collection « Résister » – 168 pages – 12 €