MON PALMARÈS

Dans quelques heures, le palmarès du Festival de Cannes sera annoncé et clôturera cette belle quinzaine de cinéma. Alors, on le sait, ici les pronostiques sont souvent balayés et même les rumeurs font long feu… Mais soyons fou, je me lance… et vous propose mon pronostique ou plutôt palmarès personnel qui n’engage que moi et qui, de toute façon, n’influencera rien ni qui que ce soit.

Palme d’or : CAPHARNAÜM de Nadine LABAKI

Grand prix : ZIMNA WOJNA (COLD WAR) de Pawel PAWLIKOWSKI

Prix de la mise en scène : LETO (L’ÉTÉ) de Kirill SEREBRENNIKOV

Prix d’interprétation masculine : Marcello FONTE dans DOGMAN

Prix d’interprétation féminine : Samal YESLYAMOVA dans AYKA

Prix du jury : BLACKKKLANSMAN de Spike LEE

Prix du scénario : MANBIKI KAZOKU (UNE AFFAIRE DE FAMILLE) de Hirokazu KORE-EDA

Caméra d’or (1er film) : A.B SHAWKY pour YOMEDDINE

 

Voilà, c’est fini… enfin pour MON Palmarès, mais pour celui qui restera… c’est une autre histoire !L

LE JURY ŒCUMÉNIQUE… UN REGARD DIFFÉRENT

Dernier jour de projection pour le Jury œcuménique en ce vendredi, avec encore trois films en compétition. Rien n’est donc encore joué pour le palmarès… C’est d’ailleurs demain, samedi matin, que le Jury se retrouvera une dernière fois pour échanger à nouveau autour des vingt et un films de la sélection officielle et finalement faire son choix. Rendez-vous ensuite à 16h00 précise pour la cérémonie de remise du prix du Jury œcuménique, conjointement avec celui du Jury de la presse internationale (FIPRESCI), dans le salon des ambassadeurs au cœur du Palais des Festivals.

 

 
Avant cette dernière délibération et l’annonce du prix, nous aimerions ici rappeler certaines spécificités dans les critères de choix du prix.
 
Le Jury œcuménique propose, en effet, un regard particulier sur les films. Il distingue des œuvres de qualité artistique qui sont des témoignages sur ce que le cinéma peut révéler de la profondeur de l’homme et de la complexité du monde. Il attire aussi l’attention sur des œuvres aux qualités humaines qui touchent à la dimension spirituelle de notre existence, telles que justice, dignité de tout être humain, respect de l’environnement, paix, solidarité, réconciliation… Dans ses choix, le Jury œcuménique montre une grande ouverture aux diversités culturelles, sociales ou religieuses.
 
Très précisément, les critères du Jury œcuménique peuvent être énoncés ainsi :
 
1.Grande qualité artistique 
Le Jury tient compte du talent artistique, de la maîtrise technique du réalisateur et de son équipe. Les questions abordées et la narration doivent être exprimées à travers une création adaptée, convaincante et originale.
2.Message de l’Évangile
Le Jury encourage les films qui expriment des qualités humaines positives, sensibilisent aux dimensions spirituelles de la vie, illustrent les valeurs de l’Evangile ou interpellent nos choix et nos sociétés.
3.Responsabilité chrétienne
Le jury accorde une attention particulière aux sujets qui relèvent de la responsabilité chrétienne, il récompense les films aux valeurs telles que
– respect de la dignité́ humaine et des droits de l’homme
– solidarité́ avec les minorités, les opprimés
– soutien aux processus de libération, justice, paix, réconciliation
– sauvegarde de la création et de l’environnement
4.Dimension universelle
Le Jury prime des films qui ont un impact universel, sont le reflet d’une culture particulière et permettent au public de connaître et respecter les images et la langue de cette culture.
5.Défis et espérances
Le jury choisit des films qui pourront être utilisés dans des ciné-clubs et groupes de discussion en vue de mieux comprendre et partager les défis et les espérances du monde contemporain.

 
Depuis 1974, le Jury œcuménique a attribué 46 prix et 56 mentions spéciales. Rappelons ici les cinq derniers prix :

2017 Hikari (Vers la Lumière/Radiance) de Naomi Kawase
2016 Juste la Fin du Monde de Xavier Dolan
2015 Mia Madre de Nanni Moretti
2014 Timbuktu d’Abderrahmane Sissako
2013 Le Passé (The Past) d’Asghar Farhadi

MES OSCARS 2018

Ce soir, l’académie des Oscars remettra ses récompenses une fois de plus… 90ème cérémonie ! Une année 2017 extrêmement riche cinématographiquement… Humblement et de façon purement subjective, je vous livre, non pas mon pronostique, mais mon palmarès personnel.

MEILLEUR FILM 

Three Billboards : les panneaux de la vengeance

(Même si La forme de l’eau…)

MEILLEUR RÉALISATEUR 

Guillermo del Toro (La Forme de l’eau)

(Même si Christopher Nolan…)

MEILLEUR ACTEUR 

Daniel Kaluuya (Get Out)

(Même si Gary Oldman…)

MEILLEURE ACTRICE 

Frances McDormand (Three Billboards : les panneaux de la vengeance)

(Même si Saoirse Ronan…)

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE 

Sam Rockwell (Three Billboards : les panneaux de la vengeance)

(Même si Richard Jenkins…)

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE 

Laurie Metcalf (Lady Bird)

(Même si Octavia Spencer…)

MEILLEUR SCÉNARIO ADAPTÉ 

Bof.. mon enveloppe reste vide

MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL 

Get Out

(Même si Three Billboards…)

MEILLEUR FILM D’ANIMATION 

La Passion Van Gogh 

MEILLEURE PHOTOGRAPHIE 

Dunkerque 

(Même si La Forme de l’eau…)

MEILLEURE MUSIQUE (bande originale) 

Dunkerque 

MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE 

The Square (Suède)

(Même si Loveless (Russie)…)

MEILLEUR LONG-MÉTRAGE DOCUMENTAIRE 

Faces Places (Visages villages) un peu de chauvinisme ne fait pas de mal quand même 🙂

MON ANNÉE 2017 AU CINÉMA

La fin d’année est propice aux rétrospectives ou classements de tous ordres. Je vous propose ici simplement de revenir sur quelques films qui auront marqués mon année cinématographique. Un choix tout à fait subjectif et partial n’ayant évidemment pas vu la totalité de la cuvée 2017 et ayant même raté quelques films majeurs que je ne manquerai pas de rattraper dès que possible…

Tout d’abord retour sur dix films qui, s’ils ne font pas parti de mon podium, m’ont laissé d’excellents souvenirs et ont été véritablement de très bons moments de cinéma. Je vous les présente par ordre chronologique de sortie.

 

11/01 – THE BIRTH OF A NATION

Ma critique : https://artspiin.com/the-birth-of-a-nation/

Le grand prix du Jury et prix du public du Festival de Sundance 2016 a lancé magnifiquement l’année. Ce biopic racontant la courte vie de Nat Turner, trente ans avant la guerre de Sécession, nous plonge avec intensité et spiritualité au cœur de l’horreur de l’esclavage. Les questions raciales ont d’ailleurs été une thématique forte abordée dans de nombreuses productions.

 

15/02 – LOVING

Ma critique : https://artspiin.com/in-love-with-loving/

Film présenté lors du Festival de Cannes 2016 mais sorti ensuite tardivement. Jeff Nichols à la réalisation pour raconter, à l’instar de « The birth of a nation », un récit de vie de l’histoire américaine autour de la question des droits civiques. Une grande et belle histoire d’amour !

 

22/02 – FENCES

Ma critique : https://artspiin.com/le-lion-et-la-barriere/

Denzel Washington face à Viola Davis. Peut-être que tout est dit là dans ce qui est à la fois un duo magique mais aussi une confrontation de caractères exceptionnels. Un hymne aux dialogues… car si pour certains le côté bavard a pu déranger il restera pour moi un exemple du genre associé à une vraie performance d’acteurs.

 

01/03 – T2 TRAINSPOTTING

Ma critique : https://www.evangile-et-liberte.net/2017/03/de-profundis-jaillira-la-lumiere/

Avec T2 Trainspotting, la mélancolie inonde nos chers « ex-plusoumoins-junkies » désormais quadragénaires. Et le coup de génie de Danny Boyle est sans doute d’en faire la principale dynamique émotionnelle du film mais avec beaucoup d’humour. Cet ensemble donne un sentiment de décalage pour le moins ambivalent à l’énergie et au discours transgressif comme on n’en voit rarement de nos jours.  Et au cœur de cette mise en scène, de cette histoire glauque… jaillit constamment des lueurs éclairantes et inspirantes.

 

08/03 – LES FIGURES DE L’OMBRE

Un film qui raconte le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Les ingrédients sont là… une magnifique histoire, un casting de rêve, une réalisation soignée.

 

Permettez-moi ici une toute petite aparté pour évoquer le prix décerné par le Jury œcuménique lors du 70ème Festival de Cannes. « Vers la lumière » de l’excellente Naomi Kawase,  qui ne peut figurer dans mon classement car il ne sortira sur les écrans que dans quelques jours (le 10 janvier), mais qui aura été pour moi l’un de mes grands plaisirs de l’année.

 

07/06 – WONDER WOMAN

Ma critique : https://artspiin.com/wonderful-woman-tonight/

Et oui, un blockbuster dans mon classement ! Wonder Woman ne s’enfonce pas dans les clichés. Il mêle au contraire habilement au genre fantastique des aspects mythologiques, de superbes scènes de batailles épiques génialement orchestrées, beaucoup d’humour bien placé et une certaine gravité qui conduit même à une éloge de l’amour et du sacrifice.

 

19/07 – BABY DRIVER

Vitesse, rythme, musique, humour… Edgar Wright fait mouche avec ce film à la Tarantino. Et moi j’aime !

 

13/09 – MOTHER

Ah un peu de controverse… Mother or not mother… et bien ce sera avec de mon point de vue (même si j’ai tardé à le voir pour, finalement, ne pas le regretter du tout). Darren Aronofsky nous livre là une œuvre qui, si elle n’est pas à mettre devant tous les regards, est en tout cas un petit chef d’œuvre quand à l’utilisation de l’analogie au cinéma.

 

11/10 – DETROIT

Autre sortie de cette année à abordée les questions de ségrégation raciale. Un film coup de poing qui ne laisse pas indifférent et qui prend vraiment aux trippes !

 

15/11 – LE MUSEE DES MERVEILLES

Ma critique : https://artspiin.com/wonderstruck-eme…-sur-grand-ecran/

Ce film marquait le retour de Todd Haynes sur la Croisette. Ce « Musée de merveilles » est un vrai bonheur, d’une grande beauté, délicieusement artistique, touchant et imprégné d’un sens profond, ce qui ne peut évidemment me déplaire.

 

Avant de vous dévoiler mon TOP 5, quelques mots sur un film que j’ai mis « hors concours »… un film à part comme une bouffée d’oxygène qui arrive au bon moment.

 

25/01 : LA LA LAND

Ma critique : https://artspiin.com/et-tout-le-monde-fait-la-la/

8 nominations et 6 oscars ! Ça le fait… mais il y a de quoi. Quatre saisons pour raconter une histoire d’amour entre deux artistes. Voilà le prétexte à une magnifique histoire mise en image, en mouvement et en musique par Damien Chazelle. Je suis tombé sous le charme conquis par la grâce de ce feel-good movie d’une fraîcheur et d’une beauté immense.

 

Et voici donc mon TOP 5 des films (que j’ai vus) sortis en 2017 :

N°5 – 19/07 – DUNKERQUE

Ma critique : https://artspiin.com/dunkerque-i-will-survive/

Un immense Christopher Nolan pour une méga-production construite avec génie. Trois positionnements géographiques et temporels et à l’intérieur de ces trois décors de multiples histoires qui se font écho, qui se croisent, qui s’entremêlent tout en ne se déroulant pas dans la même échelle de temps… Une petite merveille !

 

N°4 – 20/09 – FAUTE D’AMOUR

Ma critique : https://artspiin.com/une-faute-damour…rtant-magistrale/

Bouleversant drame social ayant reçu le prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes. Avec une acuité flagrante, le cinéaste russe Andrey Zvyagintsev dresse un portrait âpre d’une société russe brutale et déshumanisée. Un film intense qui nous plonge au cœur de l’histoire d’un couple qui se déchire et qui « perd » le fruit passé de leur amour.

 

N°3 – 03/05 – GET OUT

Ma critique : https://artspiin.com/non-je-ne-serai-pas-votre-negre/ 

Premier film du comique américain Jordan Peele, « Get out » marquera l’année par son audace, en s’attaquant à cette thématique du racisme sous une forme grinçante et peu conventionnelle tout en étant porteur de beaucoup d’interprétations profondes des aspects horrifiques de ce sujet qui nous hante tous.

 

 

N°2 – 18/10 – THE SQUARE

Ma critique : https://artspiin.com/carrement-moderne/

La palme d’or de Cannes 2017 du réalisateur suédois Ruben Östlund, qui s’était fait connaître précédemment avec Snow Therapy. Il pose ici un regard caustique sur nos lâchetés et interroge le « vivre ensemble » de nos sociétés. The Square est un film où l’ascenseur émotionnel fonctionne à merveille. Une critique acerbe et drôle d’une société lissée et bien-pensante mais pourtant fragile et prête à exploser comme une enfant mendiante dans un carré.

 

And the winner is…

N°1 – 08/02 – SILENCE

Ma critique : https://artspiin.com/silence-derangea…mais-bienfaisant/

L’immense Martin Scorcese nous a livré ici le film qui restera, peut-être, comme le principal de sa carrière cinématographique, plus simplement l’œuvre de sa vie, mijotée depuis près de trente ans. Respect et coup de chapeau pour un œuvre belle, riche, tortueuse et profondément inspirante. « Silence » reste sans doute quelque peu difficile d’accès tant par sa forme que par ses thématiques. Ce film demande donc au spectateur de se concentrer et de plonger sans à priori mais confiant qu’une opportunité de réflexion intime s’offre à lui. Accepter que le Silence commence peut-être là en soi comme une nécessité bienfaisante dans un monde si bruyant et dans un intérieur qui l’est tout autant si souvent…

 

L’HEURE DU PRÉ-BILAN

Fin de Festival… l’heure du pré-bilan, avant que ce soir le Jury ne rende sa copie et nous dévoile le palmarès officiel. Mais déjà un certain nombre de prix ont été donnés dont le prix du Jury œcuménique et je me dois aussi de vous livrer le mien. Des choix totalement subjectifs que j’assume et qui ne représentent évidemment que mon avis du moment.

Revenons tout d’abord sur ces premiers prix décernés dans cette journée de samedi. À 16h, dans le salon des ambassadeurs du Palais des Festivals, une foule particulièrement nombreuse cette année assistait à la cérémonie officielle organisée conjointement par le Jury œcuménique et le Jury de la presse internationale du cinéma FIPRESCI. Le soir, dans le théâtre Debussy, le Jury de la sélection Un certain regard lui aussi donnait ses résultats :

Vers la lumière (Hikari) de Naomi Kawase, qui raconte l’histoire d’une jeune femme qui rend les films accessibles aux aveugles grâce à l’audio description, a reçu le Prix du Jury œcuménique.

Le Jury argumente son choix ainsi : « Ce film de grande qualité artistique nous invite par sa poésie à regarder et écouter plus attentivement le monde qui nous entoure, a déclaré le jury. Il nous parle de responsabilité, de résilience, d’espoir, de la possibilité, même pour ceux qui sont dans l’obscurité, d’apercevoir la lumière ». Ma critique à retrouver ici

120 Battements par minute de Robin Campillo s’est vu remettre le prix Fipresci en sélection officielle. « Un film d’amour, un film sur la vie, la vie plus forte que la mort, un film comme une lueur d’espoir » a justifié le Jury. Les autres prix Fipresci  ont été remis à Une vie à l’étroit (Tesnota) du Russe Kantemir Balagov et à L’Usine de rien (A Fabrica de nada) du Portugais Pedro Pinho.

Visages, Villages d’Agnès Varda et JR a reçu L’Œil d’or du meilleur documentaire, prix décerné par un jury présidé par Sandrine Bonnaire qui s’est dit « profondément émue par le choix d’Agnès et JR d’aller à la rencontre des soi-disant petites gens, touchée au cœur par ce film qui conte la considération de l’Autre à travers l’art. Deux regards conjugués, tendres et généreux… »

Bruno, le caniche blanc de The Meyerowitz Stories a reçu la Palm Dog pour sa performance aux côtés de Dustin Hoffman. « Franchement c’était un rôle génial parce qu’ils ont mis le chien au cœur du scénario, explique l’organisateur du prix Toby Rose. Il est sympathique… pour cela, on s’est dit qu’il avait mérité sa récompense. » Dans la vraie vie, ce grand caniche s’appelle Einstein !

La BO de Good Time des frères Safdie, signée par Oneohtrix Point Never et Iggy Pop, a reçu le prix Cannes Soundtrack.

En partenariat avec le festival de Cannes, l’association « La semaine du Son » a créé un nouveau prix : Prix de la meilleure création sonore. Il a pour vocation de récompenser un réalisateur pour l’excellence sonore de son film « parce qu’elle sublime la perception artistique, sémantique et narrative du spectateur ». Concourent pour ce prix les films sélectionnés dans la section Un Certain Regard. C’est le film tunisien La belle et la meute de Kaouther Ben Hania qui a remporté hier ce prix de la meilleure création sonore, dans sa première édition.

Du côté de la toujours très bonne sélection Un certain regard justement, le Jury présidé cette année par Uma Thurman a livré lui aussi son palmarès :

Le prix Un certain regard est décerné à Lerd (Un homme intègre) de Mohammad Rasoulof. Le prix d’interprétation féminine à l’italienne Jasmine Trinca pour Fortunata. Le prix de la poésie du cinéma pour Barbara de Mathieu Amalric. Celui du prix de la mise en scène à Taylor Sheridan pour Wind river. Et enfin le prix du Jury à las hijas de abril (les filles d’Abril) de Michel Franco.

Voilà… et maintenant, à mon tour de me risquer à un palmarès, comme je le disais en introduction, totalement subjectif et assumé.

Pour MA palme d’or, comme je le pressentais déjà en sortie de séance et l’expliquais dans ma critique, Hikari (Vers la lumière) de Naomi Kawase n’a pas été détrôné. Je me suis réjoui de constater que le Jury œcuménique y a été aussi particulièrement sensible pour lui remettre à l’unanimité son prix. Un film qui conjugue merveilleusement bien esthétique, poésie, musique, jeu d’acteurs, thématiques humaines et en plus diverses. Un film qui touche, droit au cœur et pourra se revoir, se réfléchir, s’approfondir encore. Hikari restera dans la durée sans nul doute.

Pour ne pas en rester là je continuerai avec les prix d’interprétation masculine et féminine :

Nahuel Perez Biscayart dans 120 battements par minute est pour moi remarquable et d’une intensité rare dans ce rôle difficile et poignant. Louis Garrel dans son interprétation de Godard est aussi à mentionner tout particulièrement.

Maryana Spivak pour son rôle de mère égocentrique et impassible dans le film Nelyubov (Faute d’amour) donne à cet excellent film une tension directement liée à son personnage. Je voudrai aussi souligner le rôle de Jasmine Trinca dans Fortunata (mais en sélection Un certain regard) qui, une fois de plus, après Miele, notamment, confirme ses qualités exceptionnelles d’actrice italienne. Diane Kruger est aussi l’une des comédiennes incontournables de cette 70ème sélection.

Et d’autres films m’on aussi marqué et j’aimerai les évoquer là rapidement. The Square drôle et efficace, mais aussi terriblement clivant, pourrait être mon Grand prix. Un prix du Jury qui irait alors à Wonderstruck offrant une jolie histoire venant sans doute faire un certain écho à Hikari sur certains aspects du scénario, même s’il n’en a pas la même richesse. Celui de la mise en scène serait offert à Michel Hazanivicius pour son originale approche de Godard dans Le redoutable, et enfin celui du scénario pour The Meyerowitz Stories qui, tout en me laissant quelque peu sur ma faim, me semble être intéressant dans sa façon d’aborder une histoire familiale torturée mais où toujours quelque chose de possible reste envisageable.

Une dernière remarque enfin concernant ce qui peut être considéré comme la grande thématique de cette édition 2017 (toutes sélections confondues) : La difficulté de transmission et d’amour de parents à enfants. Signe peut-être d’une société en souffrance familiale… Il n’était vraiment pas très bon d’être « parent » bien souvent dans ces longs métrages qui ont nourris cette jolie quinzaine cannoise !