La couleur bleue : Le blues du migrant africain inconnu


J’ai la joie de vous partager ici, sous forme de pdf, ce livret écrit par un ami africain sous le pseudo Menelik21.

Inspiré de « La couleur pourpre » d’Alice Walker et de plusieurs récits de migrants, « La couleur bleue : Le blues du migrant africain inconnu » est un recueil imaginaire mais très émouvant de lettres (jamais reçues) entre une mère (Dingana) restée en Afrique, son fils (Kalda) qui migre vers l’Europe et un oncle (Thabo) qui vit en Europe.

Il vous suffit de télécharger le fichier ci-dessous, sous l’intitulé « La couleur bleue ». Bonne lecture !

 

DÉLIT DE MISE AU MONDE

Bouleversant !

Le mot résume « CAPHARNAÜM », le nouveau long métrage de Nadine Labaki récompensé du Prix du Jury et du prix du Jury œcuménique lors du Festival de Cannes 2018, qui sort ce mercredi 17 octobre.

 

Capharnaüm raconte le périple de Zain, 12 ans, qui décide d’intenter un procès à ses parents pour l’avoir mis au monde alors qu’ils n’étaient pas capables de l’élever convenablement, ne serait-ce qu’en lui donnant de l’amour. Le combat de cet enfant maltraité, dont les parents n’ont pas été à la hauteur de leur rôle, résonne en quelque sorte comme le cri de tous les négligés par notre système, une plainte universelle à travers des yeux candides…

Un film construit autour premièrement de la question de l’enfance maltraitée, allant jusqu’à poser la question on ne peut plus pertinente : « pourquoi donner la vie quand on n’est pas en mesure de l’assumer ? ». Mais Capharnaüm évoque aussi les migrants par le biais du personnage de Mayssoun et les sans papiers au sens profond de l’expression. Car Zain n’a véritablement aucun papier depuis sa naissance… il est un invisible, il n’existe pas au sens légal du terme induisant par la même un certain nombre de conséquences psychologiques et relationnelles.

Un film réalisé et mis en scène admirablement par Nadine Labaki. Il faut noter que tous les acteurs sont des gens dont la vie réelle ressemble de façon très frappante à celle du  film. Il en ressort un sentiment d’authenticité assez rare et la performance du jeune Zain Al Rafeea dans le rôle de Zain est purement exceptionnelle. 

Capharnaüm est un film dont on ne ressort pas indemne et qui, malgré la teneur on ne peut plus triste et douloureuse, fait aussi le choix du pari de l’espérance finale. Choix qui, personnellement me va doit au cœur, car cette démarche n’est pas simpliste et facile… mais plutôt osée et forte de sens. Alors certains critiques y verront inévitablement un mélo fadasse… moi je préfère y voir un cri d’amour, une œuvre forte et poignante, un témoignage nécessaire et interpellant !