PAROLES, PRIÈRES, ENVOLS

À l’heure où, hélas, parfois et trop souvent, tourner les pages d’un livre s’avère difficile, la « crise du livre » comme on dit… « Paroles, prières, envols » aux éditions Bibli’O arrive comme un cadeau à plus d’un titre.

Blog ArtSpi'in rubrique spiritualité 08-2018

Cadeau comme quelque chose de beau à offrir. C’est peut-être l’idée première que l’on se fait devant ce livre au format A5 en mode paysage. Tout va dans cette direction avec du beau papier glacé, des photos soignées comme un itinéraire signées par Rebecca Dernelle-Fischer, de jolis textes avec un apport graphique et, dans le même temps, quelque chose d’assez conséquent de 212 pages pour un prix raisonnable de 17,90 €.

Cadeau en mode paysage disais-je… qui devient un cadeau du quotidien pour mon bien-être intérieur. En mode paysage pour élargir mes horizons, ouvrir la fenêtre du cœur pour se laisser aérer et observer plus loin… Une authentique invitation à ralentir. Patience, paix, persévérance, espérance, joie, donner, fatigue, amour, mystère : au fil de chaque page des mots simples qui s’écrivent à la mains et qui font partie de nos vies, de nos instants privés et publics. Se présente alors un verset qui les contient et en tournant la page, un pas de plus… une très brève méditation pour nous inviter à leur redonner du sens et sans doute les entendre autrement.

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Un petit bijou de mots, de couleurs, de papier, et de spiritualité… à offrir et à s’offrir cet été, pour la rentrée, pour un événement où le cadeau peut alors devenir plus qu’un simple geste mais aussi une forme de main tendue… ou déjà même en vue des premiers achats pour la fin d’année plutôt que d’attendre l’instant ultime et d’y perdre sens et contenu…

Disponible notamment à la Librairie 7 ICI

Et pour aller encore plus loin et découvrir d’un peu plus près… ces deux vidéos de présentation :

QUAND LE CHRISTIANISME FAIT SON CINÉMA

Retrouvez la version vidéo sur ma chaîne Youtube  

Aujourd’hui, c’est d’un livre dont je vous parle, enfin d’une véritable somme de 516 pages à classer sans nul doute dans le rayon encyclopédie. Un travail considérable donc, réalisé par Bruno de Seguins Pazzis, qui se penche ici sur la relation entre christianisme et cinéma, et qui évidemment ne pouvait me laisser insensible.

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Alors sans attendre davantage, un grand bravo à Bruno de Seguins Pazzis, car il fallait le faire ! Quand le christianisme fait son cinéma est un ouvrage référence où l’auteur, ne revendiquant humblement aucune exhaustivité, trace un tableau exceptionnel des relations entre le septième art et les religions chrétiennes avec une emphase certaine vis-à-vis du catholicisme. De Jérusalem au Vatican, en passant par Jésus, Marie, les saints, les anges, les figures de l’Église, le diable, l’enfer ou encore le paradis, c’est plus de 1 200 films qui sont ici répertoriés et commentés. Chacun des chapitres, 13 au total, correspond à un thème particulier avec analyse des films, depuis les origines du cinéma jusqu’à 2017, commentaires, anecdotes et à la fin de chaque chapitre, une liste chronologique des films ayant trait au thème concerné avec le nom du réalisateur, l’année de sa sortie et le pays d’origine.

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Vous l’aurez compris, l’intérêt fondamental de cet ouvrage est l’abondance de l’information qu’il fournit et qui passionnera sans aucun doute les cinéphiles et tous ceux plus particulièrement qui s’intéresse aux relations entre culture et spiritualité. Le classement proposé n’est pas forcément original mais en tout cas bien pratique pour une recherche particulière. Mais précisons aussi que l’auteur approfondit la question sur ses deux derniers chapitres, en élargissant son sujet à « La métaphore chrétienne au cinéma» puis posant la question « Quel avenir pour un cinéma chrétien ? », interrogation on ne peut plus d’actualité dans cette période de profusion de sortie de films à thématiques spirituelles et parfois ouvertement identifiés comme « cinéma chrétien ».

Dans l’avant dernier chapitre donc, Bruno de Seguins Pazzis analyse un certain nombre d’œuvres cinématographiques pour observer des références chrétiennes, lire au de-delà des apparences telle ou telle autre perspective faisant écho à la foi, interrogeant le spectateur croyant. Comme le précise l’auteur, cette question de la métaphore chrétienne au cinéma justifierai à elle seule un livre entier du même acabit. Alors ce ne sont donc que quelques exemples plutôt évidents qui sont proposés mais qui ouvrent malgré tout, en particulier pour le lecteur qui n’a pas cette habitude, à la possibilité de poser un autre regard sur les films. Alors c’est par exemple un western de John Ford, Le fils du désert de 1948, présenté comme une parabole sur la rédemption et le sacrifice. C’est aussi, plus près de nous, Le fils de Joseph d’Eugène Green en 2015, métaphore de la Sainte famille servant à mener à une réflexion fondamentale évangélique, provocatrice et à contre-courant à l’égard de notre société post-moderne. Ou bien encore les adaptation cinéma de Narnia, L’Odysée de Pi d’Ang Lee ou le Leviathan d’Andreï Zviaguintsev pour n’en citer que quelques-uns.

Et puis enfin, il y a ce dernier chapitre sur l’avenir d’un cinéma chrétien dans lequel l’auteur promeut des productions clairement porteuses de valeurs, évoquant un langage cinématographique religieux ou plus précisément chrétien et en s’appuyant sur cinq films plus spécifiquement :Cristeros de Dean Wright en 2012, Sophie Scholl de Marc Rothemund en 2005 que l’auteur qualifie de film incandescent et bouleversant, Marie Heurtin de Jean-Pierre Améris en 2014, L’Apôtre de Cheyenne Carron toujours en 2014 et La Ligne rouge de Terrence Malick en 1998. Ces exemples illustrent pour Bruno de Seguins Pazzis, et je le cite, qu’ « il est possible par des moyens très différents, dans des styles également très divers, de réaliser des films au contenu profond, délicat et riche de sens, pour parler finalement des vertus qui doivent guider l’homme dans ses rapports avec le monde, son prochain et Dieu, les vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité ».

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Vous l’avez compris, cet ouvrage est remarquable par son ampleur et le travail fournit. Je soulignerai néanmoins un aspect qui peut être parfois dérangeant et qui est, semble-t-il, un parti pris assumé de l’auteur. Bruno de Seguins Pazzis ne se contente pas d’être descriptif, il donne toujours son opinion sur le film qu’il commente… Soit, mais avec une certaine radicalité, et un avis souvent très tranché pouvant paraitre excessif. Rapidement, on comprend notamment qu’il supporte difficilement l’humour, l’approche comédie voir un peu provocante sur les questions de foi et de religion. Ce qui personnellement me déçoit, je dois l’avouer. Et de même, le fait de s’éloigner des textes et ouvrir à l’imaginaire, en ce qui concerne les adaptations cinématographiques de personnages bibliques, n’est franchement pas sa tasse de thé. Il est intéressant d’entendre ses raisons, mais plus difficilement acceptable d’en faire un jugement qualitatif. Enfin, dernier bémol personnel, sur les convictions catholiques qui prennent le pas parfois sur une approche chrétienne plus étendue et qui aurait rendu cette immense restitution encore plus intéressante. Mais rien n’est parfait en ce bas monde… et le résultat néanmoins est plus que satisfaisant et mérite clairement de dépenser quelque 29 euros quand on aime le cinéma et que les questions spirituelles aussi nous taraudent.

« Quand le christianisme fait son cinéma » Bruno de Seguins Pazzis aux éditions du Cerf, 29 €

À retrouver notamment au catalogue de la Librairie 7ici.

https://librairie-7ici.com/13062-quand-le-christianisme-fait-son-cinema.html

https://librairie-7ici.com/blog/quand-le-christianisme-fait-son-cinema-n311

7ici Librairie Editions Le Cerf

MON CALENDRIER PROTESTANT

Retrouvez la version vidéo sur ma chaîne youtube : ICI

En ce début d’année, l’occasion m’est donnée de vous parler d’un calendrier pas tout à fait comme les autres. Mon calendrier protestant, publié par les éditions Olivetan à l’occasion des 500 ans de la Réforme, est un ouvrage original et extrêmement pratique.

Mon calendrier protestant est une sorte d’almanach, un calendrier perpétuel qui vous permettra chaque jour de l’année de zoomer sur un événement ou une personne en lien avec le protestantisme. Pour se faire un titre résume la chose et s’accompagne d’un court texte de qualité, pédagogique et concis. Il est écrit de telle manière qu’on ne se lassera pas de jeter un coup d’œil, soit de façon organisée jour après jour, soit au hasard des pages ouvertes comme on lit une anecdote dans un recueil ou un magazine.

Avec Mon calendrier protestant c’est aussi l’occasion de développer sa culture protestante, de développer quelques racines supplémentaires, de s’inscrire dans une histoire parfois lointaine mais aussi souvent contemporaine. On apprendra ainsi, par exemple, que le 14 avril 1570 était signé le consensus de Sandormierz unissant trois courants du protestantisme en Pologne mais aussi, plus près de nous, que le 16 juin 1974 était fondé l’ACAT par deux protestantes interpellées par la question de la torture pratiquée au Vietnam.

Le 28 juillet sera l’occasion, en se rappelant que ce jour-là, en 1685, décédait le compositeur Jean-Sébastien Bach, d’évoquer quelques œuvres de l’artiste qui les signait en donnant Gloire à Dieu. Mais aussi que le 5 septembre 1677 naissait Abraham Mazel, prophète et combattant, connu comme ayant été le premier et le dernier des camisards.

À noter également l’idée ingénieuse de faire de Mon calendrier protestant non pas seulement un sympathique bouquin qui vulgarise l’histoire protestante (ce qui en soit n’est déjà pas une mauvaise chose !), mais de le proposer comme un calendrier perpétuel dans lequel personnellement je peux ajouter chaque jour des commentaires ou y greffer un peu de mon histoire. Des lignes sont en effet là offertes à mon écriture en bas de pages…

Et puis enfin de façon pragmatique, sachez qu’un index des noms et des événements permet de retrouver plus rapidement un texte en particulier dans ce joli livre de 392 pages vendu au prix de 19 €.

 

Disponible chez votre libraire ou directement en cliquant ici 

DÉVELOPPER SON POTENTIEL CRÉATIF

Je vous propose pour ouvrir cette rubrique « spiritualité » un extrait de mon livre « Malléable » où j’aborde la question du potentiel créatif que nous avons besoin de développer. Cet extrait s’inscrit, bien entendu, dans un développement plus long sur l’importance de s’ouvrir à aux recommencements dans nos vies, comme aussi une façon de vivre concrètement la seigneurie de Christ et par là-même de s’épanouir pleinement.

 

 

Le paradoxe de la liberté emprisonnée

S’il est un domaine où la question du recommencement prend particulièrement sens, il s’agit bien de l’art. L’évocation du potier nous a d’ailleurs déjà introduit dans cet univers. À chaque instant, l’artiste doit être prêt à remettre sur le métier son ouvrage. Il se doit, face à chaque toile blanche, face à chaque page vierge, face à sa matière première ou à son instrument, d’être dans la liberté du recommencement permettant à l’inspiration de se manifester. Tout enfermement, quel qu’il soit, devient obstacle, devient frein au potentiel créatif de s’exprimer. Combien d’artistes passent par cette sensation de blocage ! Dans la plupart des cas, une rapide analyse de la situation permettra de déceler des éléments d’enfermement parfois évidents ou d’autre fois, plus subtils mais tout autant castrateurs. Ce peut être le besoin de rentabilité, un travail sur commande, une situation émotionnelle ou un environnement étouffant… 

Au risque de vous surprendre, j’ai pu constater que la rencontre avec la foi, et plus simplement la conversion pouvait aussi devenir obstacle à la création pour l’artiste. C’est un paradoxe et même une forme de scandale pour moi ! 

Cette rencontre avec le Christ Libérateur devrait au contraire ouvrir les portes et fenêtres de notre vie, apporter un renouveau et une fraîcheur inégalée, celle de la présence de l’Esprit. Elle s’entend aussi comme un élargissement de nos horizons et par voie de conséquences, de l’inspiration créatrice. C’est également le développement de cette semence dans notre cœur de la nature même du Dieu Créateur. 

Alors pourquoi ce sentiment inverse ? Celui d’une inspiration canalisée, d’une qualité de l’œuvre qui périclite.

Ôtons tout de suite de notre pensée que cela soit voulu ou produit par le Seigneur, comme une forme sous-entendue d’abaissement ou d’humiliation. Si cette théologie peut convenir à certains, permettez-moi de ne pouvoir la concevoir dans l’image que j’ai de mon Dieu… ce Dieu d’amour, plein de grâce, de perfections absolues et infinies. Ce Dieu Créateur qui se pose et contemple son ouvrage à la fin de chaque étape pour prendre plaisir et trouver cela bon. Celui qui donne talents, qui inspire la beauté des couleurs, des sons, des mots, qui qualifie les meilleurs artistes pour travailler à la construction de son temple et continue de le faire chaque jour dans l’édifice qu’est son Corps dans ce monde, l’Église. Non ! Dieu aime la beauté et la recherche en tout et pour tout – une beauté qui dépasse souvent notre sens courant, nos critères et nos codes – il ne peut prendre plaisir à nous limiter dans le potentiel créatif qu’il a lui même placé au fond de notre âme.

Alors, si la faute n’est pas à chercher de son côté, cela nous conduit à nous retourner vers nous-mêmes. Pourquoi cette tendance à la médiocrité ? Avec une triste conséquence… celle d’amener à ce que très peu d’artistes croyants soient finalement reconnus comme tels et puissent influencer par leurs œuvres ce monde qui en a pourtant tant besoin.

Nos prisons religieuses

La raison première se trouve dans cette idée d’enfermement que j’évoquais précédemment. Une prison dans laquelle nous pouvons nous installer, celle de conceptions spirituelles étriquées et pernicieuses. Le simple qualificatif juxtaposé de ‘‘chrétien’’ à toute forme d’art devient réductrice et, qu’on le veuille ou non, atteint l’artiste. Avec cette désignation – ce n’est pas uniquement un problème de vocabulaire, rassurez-vous, ou du moins  ‘‘inquiétez-vous’’ serait sans doute plus approprié – vient s’ajouter tout un chapelet d’idées reçues où le travail de ‘‘l’artiste chrétien’’ doit prendre telle ou telle forme, ne pas exprimer ou dire ceci ou cela, rechercher à déclencher tel type d’émotion et éviter à tout prix telle autre, s’exprimer ici mais surtout pas là… Être toujours accompagné d’explications, de paroles bibliques (voir du nom de Jésus) pour que la compréhension du spectateur puisse se manifester. Se voir cautionner par tel ministère, affublé d’un label quelconque qui garantira à chacun la ‘‘spiritualité’’ de l’artiste et de son travail…

Désolant à mes yeux mais surtout emprisonnant et tellement à l’opposé de la liberté nécessaire pour créer !

Un autre phénomène est l’enfermement dans des modes.  L’ensemble du milieu artistique est inévitablement concerné. Il apparaît clairement que cela ne conduit que très rarement à la révélation de véritables artistes. Il produit  plutôt des phénomènes éphémères, souvent marionnettes d’un système où seul l’argent et la rentabilité compte. Et le cas échéant, malgré tout, la véritable dimension artistique se réalise une fois que l’artiste arrive à se détacher de ce qui l’a conduit sur le devant de la scène. Un exemple flagrant est celui d’Olivia Ruiz qui s’est fait connaître par le biais de la première édition de la Star Academy (sans toutefois la gagner… justement à cause de certains aspects non-conformistes qui pouvaient déjà apparaître). Après un temps où elle disparut des attentions médiatiques, elle revint avec son premier album extrêmement original, loin des sentiers battus, où sa véritable personnalité apparaissait et c’est là qu’elle gagna ses lettres de noblesse artistique et commença sa carrière. Je me souviens avoir été heureux de la retrouver ainsi car ses prestations sur les ‘‘primes’’ de TF1 m’avaient laissé penser que se cachaient là de sacrés talents à découvrir autrement. 

On pourrait supposer que ces phénomènes de mode n’aient pas de raison d’atteindre l’artiste qui porte en lui des convictions chrétiennes. Hélas, le monde évangélique est pourtant on ne peut plus sensible à cette pratique qui va bien au-delà d’ailleurs de la dimension artistique et touche aussi les pratiques ecclésiales, les ministères et les Églises elles-mêmes… qu’il s’agisse de courants de l’Esprit, je vous l’accorde, mais force est de constater qu’il s’agit bien souvent de courants bel et bien liés à notre humanité et à nos faiblesses !

Pour ce qui est de l’art, ce fonctionnement hyper-sensible aux modes, aboutit à un appauvrissement flagrant. Il se produit une sorte d’uniformisation de la création pour pouvoir être reconnu, vendre un peu, et avoir l’impression d’être dans le coup ! Dans la musique, un artiste croyant doit quasi-forcément enregistrer de la ‘‘louange’’ et (je ne citerai pas de nom, mais mes propos s’appuient sur de nombreux exemples) se retrouve à devoir s’excuser quand il enregistre ou interprète une chanson qui sort de ce registre. Et même, en se cantonnant simplement à la musique dite de louange, vous allez avoir pendant x années des copies conformes de tel groupe francophone qui a bien marché, puis x autres années des albums dans le genre de tel groupe anglophone hyper cool (lui même fortement inspiré d’un autre groupe séculier référence), puis enfin x années dans le genre de telle communauté australienne qui fait fureur actuellement mais elle même sans doute déjà dépassée par la nouvelles ‘‘idole’’ montante. Cela pourra en faire sourire certains, j’imagine, mais c’est hélas un constat qui reflète je crois assez bien la réalité à laquelle nous nous heurtons depuis un certain temps. Loin de moi l’idée de critiquer ceux qui deviennent références et qui souvent d’ailleurs ont été eux-mêmes innovant en leur temps. Mais comment pouvoir être libre pour développer son potentiel artistique si je dois me conformer à un style, à une mode et finalement à un travail commandé d’avance ?

Réveillons-nous et innovons !

L’innovation est un changement dans le processus de pensée visant à exécuter une action nouvelle. Elle se distingue d’une invention ou d’une découverte dans la mesure où elle s’inscrit dans une perspective applicative. Bien que semblant être un terme ‘‘moderne’’, il date du dix-huitième siècle. Un mot emprunté au bas latin « innovatio », qui signifie renouvellement. L’innovateur est donc « celui qui renouvelle ».

Une autre expression, utilisée elle principalement dans le monde de l’entreprise, est le ‘‘management de l’innovation’’. C’est en fait la mise en œuvre des techniques et dispositifs de gestion destinés à créer les conditions les plus favorables au développement d’innovations. Ce management peut prendre des formes variées selon le contexte. Mais il doit mettre en œuvre différents dispositifs pour sensibiliser les collaborateurs à l’importance de l’innovation… et donc dans le contexte de l’Église, il s’agira de la sensibilisation des ‘‘pierres vivantes’’… chacun en particulier.

Finalement, c’est la manière dont une Église va gérer sa capacité à innover qui va la rendre innovante ! Par définition, l’innovation se fonde sur une idée originale. On ne peut pas innover sans idées nouvelles. Mais l’innovation réside principalement dans la capacité à transformer ces idées en application et, si possible, en succès. 

On pourrait dire aussi que c’est avant tout un état d’esprit. En jouant sur les mots, le développement de l’écoute du St Esprit, doit ainsi faire naître cet ‘‘état d’Esprit’’. Aux premiers instants de la création, l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux… ou comme dit Chouraqui, le souffle d’Elohîms planait sur les faces des eaux. Et c’est à partir de cette mouvance, que la Création va démarrer ! Dieu innove dans son quotidien, dans son existence. Par amour, il dit et la chose s’accomplit. La coopération de la Trinité, là encore, montre comment dans un groupe, nous sommes appelés à être participants les uns les autres pour favoriser l’innovation.

J’aimerais encourager tous ceux qui sentent en eux ce besoin de créer, à entrer dans un véritable réveil créatif et artistique. Laisse parler tes talents, sois prêt à t’engager sur des sentiers nouveaux, ne cherche pas à imiter, ressembler mais développe ce que le Seigneur a mis en toi… Utilise les mots qui viennent, quels qu’ils soient… Ose innover si justement ton chemin t’y conduit et sois prêt à affronter le monde dans lequel tu te trouves avec authenticité et vérité.

 

L’évangile de Jean, au chapitre huit nous rappelle : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »

Cet appel à chercher et connaître la vérité prend sans doute un sens particulier dans cette perspective artistique. La vérité a en effet à voir avec la beauté, celle de l’acte créateur, de ce Dieu qui fait toute chose bonne en son temps. Celle qui s’oppose au mensonge de la contrefaçon, d’un regard méchant et laid. La vérité touche aussi à la vie et à la nécessité, cette soif qui est en nous. Les pulsions qui déclenchent alors l’inspiration sont porteuses de vérité, celle de ma vie, de mes entrailles, de ce que je suis. Et si l’Esprit de Vie qui est en moi a cette liberté de s’exprimer, d’être vrai en moi alors je deviens moi-même libre par le jaillissement créatif qui peut naître. Et le recommencement est sans cesse une exigence naturelle et vraie. Car chaque instant, chaque événement, chaque émotion me fait être différent, m’oblige à remettre l’ouvrage sur le métier et allant jusqu’à me placer tout entier, telle une offrande, dans les mains du divin artiste.

 

Quel bonheur quand ce potentiel créatif commence à se développer, quand je suis prêt à innover, quand je ne me sens plus prisonnier de contingences, d’exigences de toutes sortes mais véritablement LIBRE, ENFIN LIBRE ! Ce bonheur qui peut envahir mon être, me rapproche un peu plus de mon Dieu, et rejaillit sur l’autre… lui aussi bénéficiaire, pour autant qu’il soit sensible et disponible à ma vérité.

« Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage » N. Boileau