Underground, pour vivre libre !

« Underground » est une superbe et bouleversante série historique sur l’esclavage en Amérique et, en particulier, la création de ce que l’on a appelé le chemin de fer clandestin, l’« Underground Railroad », qui a aidé les esclaves évadés à retrouver la liberté. Produite par le chanteur John Legend, oscarisé en 2015 pour sa chanson dans le film « Selma », écrite et réalisée par Misha Green et Joe Pokaski, les deux saisons de la série ont été diffusées en France sur la chaîne France Ô et sont désormais disponibles en DVD ou sur Amazon Prime Video.

Le point de départ d’Underground se situe en Géorgie en 1857, quatre ans avant le début de la guerre civile américaine. Sept esclaves de la plantation de Macon en ont assez de cette vie inqualifiable. Le genre de vie où les mères prient pour que leurs filles ne soient pas trop jolies et qu’elles ne soient pas remarquées par les esclavagistes blancs. Conduits par l’un d’entre eux, Noah, ils (que l’on surnommera les sept de Macon) parviennent à s’échapper à travers un territoire dangereux et poursuivis par une meute de chasseurs d’esclaves, haineux et avides de récompenses, conduit par une vague carte écrite en vers cryptiques les menant vers le chemin de fer clandestin. Cet Underground Railroad a été le premier mouvement interracial américain. Son histoire, souvent méconnue, est une histoire de souffrance, d’asservissement, mais surtout de courage. Et c’est ce que nous raconte cette sublime série.

Dans ce périlleux thriller d’évasion au casting remarquable, apparaissent des personnages très divers et reflétant la complexité et les paradoxes de l’humanité. Certains totalement fictifs et d’autres bien ancrés dans l’histoire américaine… esclavagistes, chasseurs, abolitionnistes blancs et noirs, personnages au double jeu. Je mentionnerai, bien évidemment, Harriet Tubman interprétée par la fantastique Aisha Hinds, celle que l’on surnommait la Moïse noire, qui apparait dans les dernières secondes du dernier épisode de la première saison pour être un personnage clé de la seconde. Elle est sans doute la plus connue des chefs de réseau de l’Underground Railroad. Pendant une dizaine d’années, portée notamment par sa foi en Dieu, elle fait 19 voyages dans le Sud et escorte plus de 300 esclaves vers la liberté, vers les États libres ou le Canada. Et, comme l’a fièrement précisé l’abolitionniste noir américain Frederick Douglass, que l’on retrouve ici sous les traits de John Legend himself, pendant tous ses voyages elle n’a jamais perdu un seul passager « never lost a single passenger ». À noter, d’ailleurs, l’épisode 6 de cette saison 2, totalement différent du reste de la série, uniquement consacré à un monologue de Tubman racontant son histoire et sa mission à un groupe soutenant la cause. Un épisode exceptionnel où Aisha Hinds éblouit de charisme ! Dans ces personnages historiques racontés dans la série, on citera enfin la terrifiante Patty Cannon, incarnée par Sadie Stratton. Introduite à la fin de la saison 1, cette commerçante d’esclaves est également la co-leader du Gang Cannon-Johnson du Maryland-Delaware, connue pour ses kidnappings de noirs dans le but de les vendre en tant qu’esclaves.

Underground est imprégnée de tension, de suspense, avec une dose d’action particulièrement forte qui en fait une série vraiment captivante. Mais elle nous entraine au-delà, car c’est aussi la vie des esclaves afro-américains dans le Sud des États-Unis avant la guerre qui nous est raconté. La brutalité d’une existence qui les traite comme des biens, et le système des classes chez les prisonniers eux-mêmes, les esclaves domestiques étant séparés de ceux qui sont menés sur le terrain et les tensions qui opposent les groupes pour les empêcher de se rassembler en rébellion. Et puis, Underground traite des politiques sociales de l’esclavage et du racisme culturel. Avec la deuxième saison cette réflexion de fond s’amplifie et suscite un dialogue entre le passé et le présent. Underground nous permet alors de considérer les liens entre l’institution de l’esclavage et l’inégalité raciale contemporaine, une histoire qui ne cesse de s’écrire. Elle présente le chemin de fer clandestin comme un véritable mouvement social d’une manière qui trouve un écho profond encore aujourd’hui. Des scènes d’abolitionnistes blancs brandissant des pancartes lors d’un lynchage public rappellent les racines profondes de la culture de protestation, notamment américaine.« Nous sommes plus que trois, nous faisons partie d’un mouvement maintenant. On peut le faire », se diront l’une à l’autre deux femmes blanches abolitionnistes. À un autre moment, Georgia, propriétaire d’une auberge qui sert aussi de station secrète, dit à amies qui travaillent pour la cause que si elles parviennent à informer les gens du Nord de ce qui se passe réellement dans le Sud, elles pourront « inciter les gens bien à agir ». Mais un autre constat est fait : « Voir un problème ne suffit pas. Le système ne va nulle part. Nous devons trouver un moyen de le perturber. » Cette forme de brutalité, conjuguée au langage contemporain du « dérangement », met là aussi en évidence les parallèles entre le passé et le présent. C’est ainsi que l’équilibre entre l’histoire, la politique et le thriller télévisé est vraiment très réussi.

Mais l’une des premières choses que vous remarquerez concernant Underground, dès même la première image du premier épisode, c’est la musique ! Les chasseurs d’esclaves pourchassent un homme dans les bois en l’accompagnant d’une musique hip-hop – sa respiration imite volontairement le rythme. Tout au long de la série, la musique joue un rôle primordial dans la mise en place du ton général, et dans la mise en place du rythme. Et le parti-pris, qui peut s’avérer surprenant, devient un coup de génie, en mélangeant les genres… On entend pas mal de morceaux du milieu Hip Hop et R’n’B tels que Kanye West pour “Black Skinhead”, Beyonce et Kendrick Lamar sur “Freedom” et j’en passe. La B.O aurait pu se limiter à la crème de la musique urbaine noire américaine, mais ce n’est pas le cas, le tour de force de cette sélection, c’est d’y mélanger également de l’électro, du rock et des gospels. Des artistes tels que Rag’n’Bone man, Ibeyi et même la France est représentée, avec La femme et Blacko en duo avec Joeystarr. En petit bonus, les acteurs se prêtent également au jeu avec notamment l’excellente Amira Vahn qui joue Ernestine, la mère de Rosalee, l’héroïne de notre histoire, qui interprète plusieurs chansons directement à l’intérieur de son rôle… tout ça, bien évidemment, suscitant une fois de plus, et autrement, ce rapport entre passé et présent. Alors, ce choix prend tout son sens quand on sait que John Legend et sa société de production sont les producteurs exécutifs de la série – ils supervisent la partition, la bande sonore et tous les aspects musicaux d’Underground. Il a également apporté sa touche personnelle, avec le titre « America », où il établit une connexion entre ce sombre chapitre de l’histoire des afro-américains, et leurs vies, aujourd’hui, dans l’Amérique de Donald Trump. À 38 ans, l’artiste est une figure emblématique des mouvements de reconnaissance des droits civiques des Afro-Américains. Un engagement qui l’a poussé à se lancer dans cette série. « Beaucoup de jeunes ne connaissent pas cette période,rapporte-t-il. Connaître son histoire permet de mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui. »

Une série déconseillée aux moins de 10 ans en diffusion télé, mais vivement conseillée pour tous les autres !

Retrouvez ici la totalité de la BO des deux saisons

Pour les ludophiles, un jeu propose de revivre cette extraordinaire aventure.

 

ET TOUT LE MONDE FAIT « LA LA »

La La Land, c’est la sortie dont tout le monde parle, programmée pour ce mercredi 25 janvier en France (mais déjà depuis plusieurs mois aux Etats-Unis) mais surtout fraichement auréolée de 7 Golden Globes annonciateurs eux-mêmes vraisemblablement d’une nouvelle pluie de récompenses lors de la très prochaine cérémonie des Oscars. Mais point d’exagération dans ce battage médiatique, la nouvelle réalisation du très doué Damien Chazelle qui nous avait déjà émerveillé avec Whiplash en 2014, est véritablement une petite merveille du genre.

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent… Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Quatre saisons pour raconter une histoire d’amour entre deux artistes… un pitch qui pourrait laisser songeur. Et pourtant ! C’est bien le prétexte à une magnifique histoire mise en image, en mouvement et en musique par Damien Chazelle. Vous le savez sans doute, ce La la Land est une comédie musicale. Mais réduire ce film à ce qualificatif serait une pure sottise. En même temps, comment ne pas commencer par cela car ça faisait un sacré bail que nous n’avions pu voir une telle proposition en matière de Musical. Chazelle nous téléporte dans l’univers des plus belles que le cinéma ait pu nous proposer… Singin’in the Rain, New York New York, Broadway Melody, Un Américain à Paris ou les Parapluies de Cherbourg sont inévitablement dans les esprits. Mais il réussit la prouesse de nous emporter plus loin en en faisant un film contemporain où les thématiques sont aussi valables aujourd’hui. Et dans la même dynamique, précisons que La la land est tourné en cinémascope, ce format extralarge qui était tant en vogue dans les années 50 et 60. Et dans le même temps il mêle un très haut niveau de technicité et un sentiment de naturel absolu porté par une photo sublime rappelant d’ailleurs très fortement l’univers de Whiplash.

Alors on danse, on chante évidemment comme dans toute comédie musicale, mais on joue aussi et on raconte une très belle histoire d’amour, contrariée bien sûr mais sublime et attendrissante, celle de Mia, la jeune comédienne et Seb, le pianiste de jazz frustré. Ils se croisent et se recroisent sans le savoir avant de tomber amoureux malgré eux. Ils partagent des rêves en commun mais ont aussi des rêves séparés et séparant. Mais l’amour n’est-il pas justement une opportunité pour les deux formes de projets ? Et l’amour peut-il y survivre ? Tant de questions au cœur de l’histoire mais plus simplement au cœur de la vie. La La Land est un film très juste sur l’amour, sa naissance, sa floraison, ses épreuves, ses risques. Jamais mielleux ni cynique, il navigue aisément dans cet entre-deux émotionnel avec raffinement. Et sans spoiler quoi que ce soit, il est agréable de reconnaître que la fin, ni tragique ni triomphante, ressemble elle aussi si souvent à la vie. J’évoquais des thématiques d’aujourd’hui encore, c’est par exemple aussi le cas plus largement avec cette réflexion sur ces moments de la vie où tout semble possible encore, parce qu’on a la foi, l’envie d’y arriver, parce que des rêves nous habitent, mais qui viennent peu à peu rencontrer la nécessité du choix, de l’engagement, voire même des compromis avec la réalité.

Et pour incarner Mia et Seb, Damien Chazelle a tiré le gros lot avec Emma Stone et Ryan Gossling qui forment un duo tout à fait remarquable et impeccable dans ce film intemporel. En effet cette modernité mêlée d’une couleur vintage apporte un charme particulier aux personnages. Pour ce qui est du jeu des deux acteurs, que pourrait-on ajouter ?… On touche à la perfection où la direction de Chazelle n’y ait sans doute pas pour rien. Un duo qui n’est pas une première mais dont on ne se lasse pas… tant la symbiose parfaite des acteurs crève l’écran.

Enfin, il y a le son… la musique… et le jazz en particulier, un style qui semble par ailleurs coller à la peau du réalisateur américain. La La Land nous régale en la matière. Pas étonnant que la BO du film soit en tête des charts aux Etats-Unis. L’homme de la BO c’est précisément Justin Hurwitz qui avait également participé à celle de Whiplash. On y retrouve différents styles avec des chansons interprétées par les deux acteurs principaux, Emma Stone et Ryan Gosling dans le pur esprit Comédie Musicale façon Michel Legrand. Et là comment ne pas s’amuser à remarquer que ces parties chantées s’intègrent parfaitement à l’intrigue et arrivent avec un tel naturel qu’on trouverait presque normal de pousser la chansonnette en pleine rue. Viennent s’ajouter quelques instrumentaux de jazz, dont plusieurs morceaux au piano ainsi que la chanson Start A Fire du musicien de RnB, John Legend qui participe également au film en jouant son propre rôle et en interprétant ce titre. Un morceau qui pourrait bien lui valoir l’oscar de la meilleure chanson originale comme en 2015 avec Gloria dans Selma. On se régale donc de musique mais on en parle aussi. Et à ce propos, une scène savoureuse à ne pas rater… ce dialogue entre Mia et Seb sur le jazz et cette énervante habitude de le cantonner à une simple musique d’ambiance pour soirées huppées.

 

Je suis tombé sous le charme, vous l’aurez compris… conquis par la grâce de ce feel-good movie d’une fraîcheur et d’une beauté immense. Feel-good movie n’étant pas un gros mot, il convient parfaitement à La La Land, car on se sent bien pendant et après. Alors pourquoi s’en priver ?

SELMA, POUR SE METTRE EN MARCHE !

Étonnamment, aucun biopic sur Martin Luther King n’avait été jusqu’alors réalisé au cinéma. C’est maintenant chose faite, avec l’heureuse initiative de la jeune cinéaste Ava DuVernay,  issue du cinéma indépendant, qui avec SELMA, nous plonge au cœur du combat mené par ce pasteur baptiste pour garantir le droit de vote à tous citoyens américains. Le film sort sur les écrans français le 11 mars, après avoir reçu l’oscar de la meilleure chanson originale.

L’histoire se déroule au début de 1965. Une grande partie des Afro-Américains ne peuvent toujours pas voter. Martin Luther King demande au président Lyndon B. Johnson d’abroger la loi, mais sans succès. Pour le convaincre de changer le cours de l’histoire, il organise trois marches pacifiques dans les rues de Selma dans l’Alabama. La situation s’envenime et tourne au chaos, alors que les blessés se multiplient et que les scènes de violence ébranlent les communautés blanches et noires. Porté par ses discours de tolérance, son dévouement envers sa famille et sa foi inébranlable, Martin Luther King tente de rallier partisans et adversaires à sa cause non violente.

Autant le dire tout de suite, on ne ressort pas totalement indemne de ces 128 minutes de grand cinéma. Et nul besoin d’attendre très longtemps pour se retrouver interpelé au plus profond de soi, bouleversé par ce récit magnifique mais terriblement dur à la fois.

Il y a sans doute beaucoup de raisons à cela. Évidemment l’histoire en elle-même en tout premier lieu, mais aussi une réussite technique et artistique indéniable (au point où le prestigieux site américain Rotten Tomatoes qui recense les avis de critiques professionnels attribue une note parfaite à Selma et ce, avec plus de 80 commentaires au total). On a là déjà donc des ingrédients consistants… mais peut-être que ce qui accentue et donne tant de force à ce film se situe encore ailleurs. Dans ce parti pris de la réalisatrice Ava DuVernay de se fixer non sur la vie ou une longue période de l’histoire de MLK (ce qui est généralement le cas pour grand nombre de biopics traditionnellement, de plus quand il s’agit du premier) mais sur un événement marquant, les marches de Selma. Toute l’action est concentrée. Concentrée sur quelques jours simplement, concentrée également sur les personnages, privilégiant la proximité avec les acteurs au travers de gros plans (alternant de temps en temps avec quelques plans larges qui soudainement prennent encore plus d’importance), filmant au plus près des corps, des visages, des regards, positionnant l’humain au centre du déroulement des événements, grâce aussi à une grande qualité photographique.

Si le docteur King est inévitablement au cœur de l’histoire, Ava DuVernay nous offre de la vivre au travers également des personnages qui l’accompagnent, qui donnent sens au récit, d’un côté comme de l’autre si l’on peut dire. Et tout cela, sans surenchère émotionnelle, juste le nécessaire, avec un ton juste et un jeu remarquable des acteurs qui ont parfaitement compris la psychologie des différents protagonistes. Que ce soit l’acteur très en vue actuellement à Hollywood, David Oyelowo, s’immergeant étonnamment dans le rôle de Martin Luther King, ou, pour n’en citer que quelques-uns, Tim Roth dans la peau du cynique gouverneur Georges Wallace, la magnifique Carmen Ejogo jouant l’épouse de MLK Coretta Scott King, ou encore, dans la peau d’un président Johnson embarrassé et très politicien le talentueux Tom Wilkinson.

J’évoquais la chanson de Mahalia, plus qu’un simple moment spécifique, c’est l’ensemble de la bande son qui est aussi porteuse d’émotion et de force. Musiques instrumentales, chansons et, comme un hymne final rendant le message encore plus actuel, ce Glory de John Legend et Common, qui conclut le générique, déclenche un frissonnement bien agréable et offre l’oscar de la meilleure chanson originale. Enfin, une autre jolie trouvaille repérée dans l’excellent travail de la réalisatrice. Si le pasteur King reste connu comme un homme de parole, avec en particulier ses célèbres discours ou citations qui foisonnent encore sur internet, Ava DuVernay a su aussi donner une grande et belle place aux silences, telles les pauses qui viennent s’inscrire aussi au cœur des Psaumes…. Silences qui donnent au verbe encore plus d’impact et de réalisme, et apportant ainsi une touche de plus à l’extrême humanité présente tout au long du scénario. Cette humanité qui se manifeste sur la globalité de l’être humain : corps, âme et esprit.

Tout y est !

L’aspect physique touchant au corps dans la violence des coups, dans les regards, les visages, les poignées de mains…

L’émotion, les sentiments avec doute, joie, colère, haine, manipulation, amour, relations familiales…

Et enfin spiritualité ! Cet aspect aurait pu passer à la trappe d’une production ne voulant pas insister sur le côté pastoral de King, sur les racines profondes qui le mirent en marche, qui fondèrent ses choix, sur cette Parole de Dieu qui ancrait ses discours et ses actes avec puissance.

Et bien, non ! Cette part du héros est totalement présente, sans excès là encore, mais de façon juste et nécessaire. Cette spiritualité se trouve dans les mots même de MLK, mais aussi souvent dans ceux de ses compagnons d’œuvre qui parfois utilisent la foi et la Parole avec tant de beauté pour le remettre en marche… « regarde les oiseaux du ciel… »… ou cette voix de Mahalia Jackson qui devient celle du Seigneur et résonne au téléphone au cœur d’une nuit de doute… ou celle encore de ce prêtre blanc qui, avant de subir la violence des coups et mourir, s’interroge sur un choix de King (lorsqu’il traverse l’Edmund Pettus Bridge en tête de la dernière marche et décide, alors que les policiers s’écartent cette fois-ci, de s’agenouiller, prier et rebrousser chemin à la surprise générale) et y voit l’insertion soudaine de Dieu comme au cœur parfois de l’une de ses prédications…

SELMA, un film militant et historique qui parle de marches mais qui surtout peut encore nous mettre en marche. Une histoire d’une urgente nécessité dans notre contexte actuel d’intolérance et de violence, pour rappeler des fondements nécessaires à la vie, à l’homme et à la société, au travers de ses discours de lutte, de refus d’abdiquer et de baisser les bras et dans l’évocation de cette résistance pacifique et spirituelle qui peut faire tomber les plus grands murs de séparation et de haine.


Paroles et traduction de Glory

One day, when the glory comes

Un jour, lorsque la gloire arrivera

It will be ours, it will be ours

Elle sera nôtre, elle sera nôtre

Oh, one day, when the war is won

Oh, un jour quand la guerre sera gagnée

We will be sure, we will be here sure

Nous serons c’est certain, nous serons là c’est certain

Oh, glory, glory (x2)

Oh gloire, gloire

 

Hands to the Heavens, no man, no weapon

Les mains au ciel, aucun homme, aucune arme

Formed against, yes glory is destined

Forgés à l’encontre d’autrui, oui la gloire est promise

Every day women and men become legends

Chaque jour des femmes et des hommes deviennent des légendes

Sins that go against our skin become blessings

Les péchés à l’encontre de notre peau deviennent des bénédictions

The movement is a rhythm to us

Le mouvement est un rythme pour nous

Freedom is like religion to us

La liberté est comme une religion pour nous

Justice is juxtaposition in us

La justice est une juxtaposition en nous

Justice for all just ain’t specific enough

Justice pour tous n’est pas assez spécifique

One son died, his spirit is revisitin’ us

Un fils est mort, son esprit revient nous voir

Truant livin’ livin’ in us, resistance is us

L’absenteïste vit, vit en nous, le résistance est en nous

That’s why Rosa sat on the bus (1)

Voilà pourquoi Rosa s’est assisse dans le bus

That’s why we walk through Ferguson with our hands up (2)

Voilà pourquoi nous marchons sur Ferguson les poings levés

When it go down we woman and man up

Lorsque ça s’envenime, nous femme et homme nous montons au créneau

They say, « Stay down » and we stand up

Ils disent « Restez à vos places » et nous nous levons

Shots, we on the ground, the camera panned up

Tirs, nous sommes à terre, la caméra tourne

King pointed to the mountain top and we ran up

Le roi s’établit au sommet et nous nous élançons

 

One day, when the glory comes

Un jour, lorsque la gloire arrivera

It will be ours, it will be ours

Elle sera nôtre, elle sera nôtre

Oh, one day, when the war is won

Oh, un jour quand la guerre sera gagnée

We will be sure, we will be here sure

Nous serons c’est certain, nous serons là c’est certain

Oh, glory, glory (x2)

Oh gloire, gloire

Glory

Gloire

 

Now the war is not over

Maintenant la guerre n’est pas finie

Victory isn’t won

La victoire n’est pas gagnée

And we’ll fight on to the finish

Et nous nous battrons jusqu’à la ligne d’arrivée

Then when it’s all done

Puis quand tout sera fini

We’ll cry glory, oh glory (x2)

Nous crierons gloire, oh gloire

 

Selma’s now for every man, woman and child

Selma maintenant pour chaque homme, femme et enfant

Even Jesus got his crown in front of a crowd

Même Jésus a sa couronne devant une foule

They marched with the torch, we gon’ run with it now

Ils ont marché avec la torche, nous allons courir avec elle dorénavant

Never look back, we done gone hundreds of miles

Ne jamais regarder en arrière, nous avons fait et passé des centaines de miles

From dark roads he rose, to become a hero

Des rues sombres il s’est élevé, pour devenir un héros

Facin’ the league of justice, his power was the people

Face à la ligue de la justice, son pouvoir était le peuple

Enemy is lethal, a king became regal

L’ennemi est mortel, un roi est devenu majestueux

Saw the face of Jim Crow under a bald eagle (3)

Nous avons vu le visage de Jim Crow, sous l’aigle à tête blanche

The biggest weapon is to stay peaceful

La plus grande arme est de rester pacifique

We sing, our music is the cuts that we bleed through

Nous chantons, notre musique est la coupure par laquelle nous saignons

Somewhere in the dream we had an epiphany

Quelque part dans le rêve que nous avions une épiphanie

Now we right the wrongs in history

Maintenant, nous redressons les torts de l’histoire

No one can win the war individually

Personne ne peut gagner la guerre individuellement

It takes the wisdom of the elders and young people’s energy

Il faut la sagesse des anciens et l’énergie des jeunes

Welcome to the story we call victory

Bienvenue dans l’histoire que nous appelons Victoire

Comin’ of the Lord, my eyes have seen the glory

L’avènement du Seigneur, mes yeux ont vu la gloire

 

One day, when the glory comes

Un jour, lorsque la gloire arrivera

It will be ours, it will be ours

Elle sera nôtre, elle sera nôtre

Oh, one day, when the war is won

Oh, un jour quand la guerre sera gagnée

We will be sure, we will be here sure

Nous serons c’est certain, nous serons là c’est certain

Oh, glory, glory (x2)

Oh gloire, gloire

Glory

Gloire

 

When the war is done, when it’s all said and done

Lorsque la guerre est finie, quand tout est dit et fait

We’ll cry glory, oh glory

Nous crierons gloire, oh gloire