Little Joe… vous prendrez bien un ride de bonheur ?

Quand le cinéma se fait parabole… c’est ainsi, en quelque sorte, que la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner se présente avec LITTLE JOE, son septième long métrage, ce mercredi 13 novembre. Présenté en compétition à Cannes cette année, ce récit d’anticipation horticole est visuellement saisissant et démontre la capacité d’Hausner à maintenir une atmosphère d’un autre monde qui évoque la paranoïa et la terreur pour finalement nous dire des tas de choses sur notre époque et la nature humaine.

Alice, mère célibataire, est une phytogénéticienne chevronnée qui travaille pour une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur très particulière, rouge vermillon, remarquable tant pour sa beauté que pour son intérêt thérapeutique. En effet, si on la conserve à la bonne température, si on la nourrit correctement et si on lui parle régulièrement, la plante rend son propriétaire heureux. Alice va enfreindre le règlement intérieur de sa société en offrant une de ces fleurs à son fils adolescent, Joe. Ensemble, ils vont la baptiser « Little Joe ». Mais, à mesure que la plante grandit, Alice est saisie de doutes quant à sa création : peut-être que cette plante n’est finalement pas aussi inoffensive que ne le suggère son petit nom.

S’il y a une leçon que le cinéma de science-fiction nous rappelle inlassablement, et qu’il est utile de rappeler en ces temps de crise écologique mondiale, c’est qu’il ne faut jamais trop jouer avec ‘Dame Nature’… Cette mise en garde pertinente est la semence originelle de Little Joe.

Emily Beecham a obtenu le prix d’interprétation féminine cette année à Cannes pour ce rôle d’Alice, une phytogénéticienne, mère de Joe (Kit Connor). Avec son collègue Chris (Ben Whishaw), elle a récemment mis au point un type particulier de plante génétiquement modifiée pour produire un pollen qui modifie l’humeur. Parmi les différents programmes d’élevage mis en œuvre à Planthouse, un laboratoire d’entreprise ultramoderne situé quelque part au Royaume-Uni, c’est la création d’Alice qui enthousiasme le plus son personnel et ses actionnaires. Car, miraculeusement, elle rend heureux ceux qui la sentent. Comme c’est souvent le cas dans de tels récits, la création prend vie d’elle-même lorsqu’elle sent le danger l’environner. Alice a créé cette fleur stérile, alors Little Joe doit faire face pour garantir son existence future – parce que, comme le dit quelqu’un d’autre dans le film, « la capacité de se reproduire donne un sens à chaque être vivant ». C’est par une sorte de contrôle de l’esprit, produisant un pollen qui augmente le bonheur de tous ceux qui le sentent, tout en les rendant farouchement fidèles à elle par-dessus tout, que Little Joe envisage son avenir. Alice résiste, mais d’autres dans son orbite tombent sous l’emprise de la fleur, son fils devenant l’un de ses plus grands adeptes.

Little Joe est donc d’abord et surtout une histoire de survie, non seulement celle de l’organisme en question qui veut subsister malgré sa conception stérile, mais celle aussi d’Alice qui est en fondamentalement en jeu. Dans cette dynamique, se dévoile une parabole fataliste sur la survie de l’humanité… Derrière ce virus qui se répand par le pollen, bien d’autres contaminations de notre société contemporaine se cachent certainement, faisant des humains des zombies ayant le sentiment de vivre et d’être heureux mais ayant en réalité perdus toute liberté et sens réel de l’existence. Car avec Hausner, comme Jarmusch ou Loach de cette cuvée 2019… l’effroyable refrain nous dit encore et encore : « ça va se terminer mal » !

Parabole cinématographique à tiroir, le Little Joe de Jessica Hausner, ancienne étudiante en psychologie faut-il le préciser, vient ajouter également la question de la maternité et du lien tout particulier ‘mère-enfant’ doublement ici matérialisé avec Joe et Little Joe. Tout au long du film, elle assiste à des séances de thérapie où elle se sent coupable de ne pas avoir passé assez de temps avec son fils. Mère célibataire, Alice doit en effet surmonter la crise d’ado de son fils et affronte les reproches de cet enfant auquel elle commande des plats tout faits, faute de temps pour cuisiner, et qu’elle rejoint toujours très tardivement après sa journée de travail. Sachant comment notre culture place des attentes et des pressions énormes sur les parents, il y a quelque chose de particulièrement puissant dans la façon dont le film dissèque le lien incontestable entre cette mère et son fils. Et si Little Joe est clairement aussi sa progéniture, d’autres soucis viennent alors se greffer, posant la terrible question : Jusqu’où accepter l’impensable quand vous en êtes à l’origine ? Et par là, finalement un nouveau tiroir s’ouvre, celui de la science, de la génétique et de ses expérimentations… Dans ses zones d’ombre parfois nécessaires, les chercheurs élaborent et vendent des produits, dont les effets secondaires ne sont pas toujours prévisibles. « C’est un sujet d’actualité. Ce qu’on découvre dans le domaine de la génétique aujourd’hui peut faire peur. Aujourd’hui, personne n’est capable de prédire les effets indésirables des nouvelles technologies ou des découvertes médicales », commente Jessica Hausner qui réfute l’idée d’une « science exacte ».

Mais la parabole ne s’arrête pas là car c’est vraisemblablement encore ailleurs que se situe le sens profond de l’histoire, celui du bonheur, du plaisir, et de leurs sens profonds. Dès lors que la plante produit ses premiers effets s’installe une sorte de diktat du bien-être. Un épanouissement devenu presque « obligatoire », au prix d’une violence psychologique et physique. « Le bonheur est une idée, promue par notre société. Mais je pense que personne ne peut vivre continuellement dans le bonheur : il va et vient. Et c’est dur à accepter. On obtient parfois ce que l’on désire, mais au moment où on le touche, le bonheur s’évapore. Je pense que ça restera toujours une idée plus qu’une réalité » souligne en interview, et avec un très joli sourire de circonstance, la réalisatrice autrichienne.

Si le film de Hausner semble partager une partie de son ADN thématique avec d’autres films d’horreurs botanique, comme elle le qualifie elle-même, il faut noter que Little Joe l’aborde autrement… La plante n’est ni carnivore, ni ouvertement hostile. Au lieu de cela, elle semble causer des changements presque imperceptibles dans la personnalité des gens. Ils sont juste moins empathiques et plus erratiques dans leur comportement. Ils agissent étrangement – comme s’ils n’étaient plus eux-mêmes – mais pas assez pour éveiller les soupçons, la vigilance, et tirer la sonnette d’alarme et arrêter la production. Mais alors, le virus peut se répandre d’autant plus facilement…

Une grande partie de l’atmosphère et de la tension dramatique du film provient de l’ambiguïté volontaire du scénario, qui remet constamment en question notre perception des personnages et, allégoriquement, notre capacité ou volonté d’accepter un discours scientifique apaisant mais inquiétant à la fois. Une plante pourrait-elle muter d’une manière qui lui permettrait d’infecter et de prendre le contrôle du cerveau humain ? L’enfant d’Alice et ses collègues changent-ils vraiment à la suite de l’inhalation du pollen émis par ces fleurs d’apparence agréable, comme elle le soupçonne, ou tout cela est-il une simple vue d’esprit ? Pour les amateurs de séries, Little Joe s’intègre ainsi parfaitement dans l’univers de la série Black Mirror.

Du côté technique, Hausner choisit de monter ce film psychologique tout en couleurs qui deviennent elles-mêmes plus vives à mesure que les fleurs prennent de l’influence. Les images ont un effet hypnotique, la lumière de la pépinière industrielle atteignant progressivement des niveaux de contraste presque violents. On navigue quelque peu entre l’univers de Cronenberg et des ambiances à la Hitchcock mais avec la pâte tout à fait personnelle de Hausner. La musique d’ailleurs accompagne et amplifie l’angoisse qui s’installe… et la camera s’amuse proprement en alternant des travellings lents avec des plans fixes qui changent brutalement. Et enfin, ce sont aussi les costumes et le design global du film qui sont à souligner, habillant les personnages de pastels de maison de poupées et donnant à Beecham un véritable « casque de cheveux » auburn qui ressort comme une tâche de couleur sur un tableau blanc.

Film épuré version conte de fées pour adulte, Little Joe offre une bien jolie et captivante réflexion sur notre monde contemporain et le conformisme de nos désirs, avec en trame de fond un questionnement de nos méthodes scientifiques. Le bonheur est donc (sait-on jamais ?) dans Little Joe, alors… courrez-y vite, courrez-y vite… mais il n’est pas près de filer car, au contraire, il veut vous imprégner !

 

LITTLE JOE

C’est une vraie parabole que nous propose Jessica Hausner avec « Little Joe », un film en compétition à Cannes cette année. « La peur peut affecter notre perception de la réalité « , dit une curieuse psychologue. Et si ce constat vaut pour la mère assiégée au centre de ce récit d’anticipation horticole, c’est tout à fait l’inverse pour décrire les intentions de la réalisatrice autrichienne.

Synopsis : Alice, mère célibataire, est une phytogénéticienne chevronnée qui travaille pour une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur très particulière, rouge vermillon, remarquable tant pour sa beauté que pour son intérêt thérapeutique. En effet, si on la conserve à la bonne température, si on la nourrit correctement et si on lui parle régulièrement, la plante rend son propriétaire heureux. Alice va enfreindre le règlement intérieur de sa société en offrant une de ces fleurs à son fils adolescent, Joe. Ensemble, ils vont la baptiser « Little Joe ». Mais, à mesure que la plante grandit, Alice est saisie de doutes quant à sa création : peut-être que cette plante n’est finalement pas aussi inoffensive que ne le suggère son petit nom.

S’il y a une leçon que le cinéma de science-fiction nous rappelle inlassablement, et utile à souligner en ces temps de crise écologique mondiale, c’est qu’il ne faut jamais trop jouer et se frotter à « Dame Nature »… Cette mise en garde pertinente est la semence de Little Joe.

Emily Beecham joue donc Alice, une phytogénéticienne et mère de Joe (Kit Connor). Avec son collègue Chris (Ben Whishaw), elle a récemment mis au point un type particulier de plante génétiquement modifiée pour produire un pollen qui modifie l’humeur. Parmi les différents programmes d’élevage mis en œuvre à Planthouse, un laboratoire d’entreprise ultramoderne situé quelque part au Royaume-Uni, c’est la création d’Alice qui enthousiasme le plus son personnel et ses actionnaires. Car, miraculeusement, elle rend heureux ceux qui la sentent. Comme c’est souvent le cas dans de tels récits, la création prend vie d’elle-même lorsqu’elle sent le danger l’environner. Alice a créé cette fleur stérile, alors Little Joe doit faire face pour garantir son existence future – parce que, comme le dit quelqu’un d’autre dans le film, « la capacité de reproduire donne un sens à chaque être vivant ». C’est par une sorte de contrôle de l’esprit, produisant un pollen qui augmente le bonheur de tous ceux qui le sentent, tout en les rendant farouchement fidèles à elle par-dessus tout, que Little Joe envisage son avenir. Alice résiste, mais d’autres dans son orbite tombent sous l’emprise de la fleur, son fils devenant l’un de ses plus grands adeptes.

Little Joe est une histoire de survie, non seulement en ce qui concerne l’organisme, qui semble trouver un moyen de se reproduire malgré avoir été conçu pour être infertile, mais c’est aussi la survie d’Alice qui est en jeu. Tout au long du film, elle assiste à des séances de thérapie où elle se sent coupable de ne pas avoir passé assez de temps avec son fils. Elle aime clairement Joe, mais élever un enfant pratiquement toute seul est un grand engagement, surtout pour quelqu’un d’aussi impliquée dans sa carrière professionnelle. Sachant comment notre culture place des attentes et des pressions énormes sur les parents, il y a quelque chose de particulièrement puissant dans la façon dont le film dissèque le lien incontestable entre une mère et son enfant. C’est aussi, dans la dynamique de cette thématique de la survie, une parabole fataliste sur la survie de l’humanité… Car ce virus qui se répand par le pollen, peut en évoquer bien d’autres de notre société contemporaine, faisant des humains des zombies ayant le sentiment de vivre et d’être heureux mais ayant en réalité perdus toute liberté et sens réel de l’existence. Car là aussi, comme chez Jarmusch, comme chez Loach… « ça va se terminer mal » !

Si le film de Hausner semble partager une partie de son ADN thématique avec d’autres films d’horreurs horticoles, il faut noter que Little Joe n’est ni carnivore, ni ouvertement hostile. Au lieu de cela, la fleur semble causer des changements presque imperceptibles dans la personnalité des gens. Ils sont juste moins empathiques et plus erratiques dans leur comportement. Ils agissent étrangement – comme s’ils n’étaient plus eux-mêmes – mais pas assez pour tirer la sonnette d’alarme et arrêter la production. Mais alors, le virus se répand…

Une grande partie de l’atmosphère et de la tension dramatique du film provient de l’ambiguïté volontaire du scénario, qui remet constamment en question notre perception des personnages et, allégoriquement, notre capacité ou volonté d’accepter un discours scientifique apaisant mais inquiétant à la fois. Une plante pourrait-elle muter d’une manière qui lui permettrait d’infecter et de prendre le contrôle du cerveau humain ? L’enfant d’Alice et ses collègues changent-ils vraiment à la suite de l’inhalation du pollen émis par ces fleurs d’apparence agréable, comme elle le soupçonne, ou tout cela est-il une simple vue d’esprit ? Pour les amateurs de séries, Little Joe s’intègre parfaitement ainsi dans l’univers de la série Black Mirror.

Du côté technique, Hausner choisit de monter ce film psychologique tout en couleurs qui deviennent elles-mêmes plus vives à mesure que les fleurs prennent de l’influence. Les images ont un effet hypnotique, la lumière de la pépinière industrielle atteignant progressivement des niveaux de contraste presque violents. On navigue quelque peu entre l’univers de Cronenberg et des ambiances à la Hitchcock mais avec la pâte tout à fait personnelle de Hausner. La musique d’ailleurs accompagne et amplifie l’angoisse qui s’installe… et la camera s’amuse proprement en alternant des travellings lents avec des plans fixes qui changent brutalement. Et enfin, ce sont aussi les costumes et le design global du film qui sont à souligner, habillant les personnages de pastels de maison de poupées et donnant à Beecham un véritable « casque de cheveux » auburn qui ressort comme une tâche de couleur sur un tableau blanc.

Le bonheur est donc (peut-être) dans Little Joe, alors… cours-y vite, cours-y vite… mais il n’est pas prêt de filer !

CHANGEMENT DE CLIMAT À CANNES

Changement de climat à Cannes en ce troisième jour de Festival. Mais ne regardez pas vers le ciel, ou votre Miss Météo… c’est sur les écrans que ça se passe ! 

C’est en effet dans une ambiance plus stressante que cette journée commence. Cannes ouvre ses sélections (officielle et « Un certain regard ») à deux films qui nous transportent dans l’univers policier. Enlèvement, suspense, réseau pédophile pour Captive, un film canadien d’Atom Egoyan et l’adaptation d’un Siménon, la chambre bleue, pour le dernier Mathieu Almaric où une liaison adultère se transforme en double meurtres (ou pas…). Deux films rondement menés de façons très différentes et avec des conclusions très opposées.

 

Captives nous plonge au cœur d’une enquête où huit ans après la disparition de Cassandra, quelques indices troublants semblent indiquer qu’elle est toujours vivante. La police, ses parents et Cassandra elle-même, vont essayer d’élucider le mystère de sa disparition. L’histoire mélange alors ces moments de dénouement au récit même de l’histoire et au drame psychologique que vivent les deux parents. On découvre progressivement l’horreur des faits, la perversité innommable des personnes impliquées et les difficultés que rencontrent les enquêteurs.

On se laisse facilement prendre par l’histoire magnifiquement ficelée avec minutie par Atom Egoyan et surtout par le jeu remarquable de Ryan Reynolds. Intéressant, par ailleurs, de retrouver cet ex-super héro des productions hollywoodiennes dans le rôle de ce père de famille totalement laminé par la perte de sa fille, sans aucun supers pouvoirs en l’occurence mais n’abdiquant pourtant jamais. Et pour une fois, apprécions que les histoires ne finissent pas toujours mal (comme c’est désormais si souvent le cas sur les écrans), même si certaines « critiques » le préfèrent néanmoins et ont alors une fâcheuse tendance à conspuer ce qui redonne un peu d’espoir dans ce monde un peu trop souvent sombre.

Pour La chambre bleue, c’est avec l’enquête du juge d’instruction que nous suivons l’affaire : Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour. Du moins l’homme semble le croire. Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots. « La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup ». Que s’est-il passé, de quoi est-il accusé ?

Ce polar à la française (où Poitiers se retrouve plusieurs fois citée) nous présente un homme se retrouvant emprisonné par son histoire, subissant les événements, une sorte de victime consentante (ou coupable ?…), filmé de surcroit au format 1/33, ce qui ne fait qu’ajouter une sensation d’enfermement et d’isolement au déroulement du récit. Une histoire d’amour, de tromperie, de peur où finalement tout reste flou et abstrait et où chacun peut se faire son idée, même si certains indicateurs sont là possibles à décrypter. Un bien joli film parfaitement maitrisé par un Mathieu Almaric toujours aussi habile.

Et puis enfin, j’évoquerai le film autrichien du jour dans la sélection « Un certain regard », Amour fou de Jessica Hausner, une « comédie romantique » librement inspirée du suicide du poète Heinrich von Kleist en 1811. Ce qui peut ressembler à une sorte de farce tragique entre théâtre et cinéma devient une sorte d’essai cinématographique et nous donne l’occasion de philosopher sur le sens de l’amour, de la vie, ou de la mort, de la liberté… et même des impôts.

« On croit vouloir vivre alors qu’en fait on veut mourir » est l’une des répliques cinglantes de ce jeune poète tragique Heinrich qui souhaite dépasser le côté inéluctable de la mort grâce à l’amour. Il tente alors de convaincre sa cousine Marie, qui lui est proche, de contrer le destin en déterminant ensemble leur suicide, mais Marie, malgré son insistance, reste sceptique. Heinrich est déprimé par le manque de sensibilité de sa cousine, alors qu’Henriette, une jeune épouse qu’Heinrich avait également approchée, semble soudainement tentée par la proposition lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie incurable.

Intéressant et original sujet au cœur de ce festival, surtout quand Jessica Hausner explique ce qui l’a motivé à travaillé ce thème : « C’est pour moi paradoxal de penser qu’on peut mourir à deux. On est irrémédiablement seul face à la mort, puisque son essence même est de couper nos liens avec les autres. C’est ce paradoxe qui m’intéressait. » et d’ajouter «  Ce film se veut un essai sur l’ambivalence du sentiment amoureux : on peut se sentir très proche l’un de l’autre à un moment précis et remarquer tout de suite après que c’était un malentendu ; ou encore éprouver des émotions contradictoires pour une personne qu’on n’aime en fait plus depuis longtemps. » La force de ce film réside finalement sans doute dans le fait d’aborder ces questions particulièrement difficiles au travers de l’absurde et de la dérision… mais toujours avec subtilité et élégance.