L’AUMÔNIER (français) DE RIO

Du 7 au 18 septembre 2016 à Rio, les Jeux Paralympiques succèderont aux Jeux Olympiques. La France enverra une délégation de 126 athlètes répartis en 17 disciplines et accompagnés par 104 encadrants. Joël Thibault, aumônier protestant, sera présent sur le village paralympique auprès des athlètes français mais aussi au service de ceux du monde entier.

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Le jeune homme, résidant à coté de Rennes, s’envolera le 4 septembre pour Rio où il sera aumônier officiel au sein du village paralympique. Il célébrera des offices chrétiens tous les jours avec trois autres aumôniers protestants à l’intérieur du centre inter­religieux mis en place par le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques. Dans ce centre se retrouveront les représentants des cinq différentes « grandes » religions : Hindouisme, Islam, Judaïsme, Bouddhisme et Christianisme. ​« C’est aussi un lieu d’échange, d’aide et d’écoute » explique un des responsables brésiliens du centre, ​« Les athlètes doivent pouvoir célébrer les victoires, mais ont également besoin de soutien et d’écoute dans les moments difficiles. Ils ont besoin d’un espace pour pr​atiquer leur foi ».

Pour le Français expérimenté dans le suivi des sportifs de haut niveau, c’est une belle opportunité de proposer ce service dans une compétition internationale : ​« Je reviens des championnats du monde universitaire de rugby valide aux Pays de Galles. En 2014, j’étais déjà aumônier lors des championnats d’Europe d’athlétisme handisport à Swansea. Plusieurs Français intéressés avaient bénéficié d’études bibliques proposées lors de la compétition. Pour l’encadrement français, c’était une nouveauté et l’accueil avait été plus que positif. Je pense qu’il est primordial pour les staffs de prendre conscience de l’importance de la dimension spirituelle de l’athlète. A terme, cela a forcément un impact sur sa performance. Je suis impressionné par le niveau atteint par les athlètes handisport : c’est une incroyable leçon de vie et d’abnégation et je me fais toujours une joie de les accompagner dans leur épanouissement personnel » .

Cette tendance n’est pas encore répandue dans la culture française, alors qu’à l’étranger, beaucoup de délégations en ont compris l’importance et forment des aumôniers sportifs. « Les Anglosaxons et les pays africains sont en ava​nce sur nous dans ce domaine », détaille Joël, ​« Et puis, pour certains athlètes, c’est une opportunité dans leurs nombreux temps libres de se poser des questions sur leur vie et les religions de manière plus globale. »

Joël Thibault fait partie de l’église protestante évangélique « La Rencontre » (membre du CNEF) à Rennes où il exerce son ministère. Il anime régulièrement des études bibliques avec des footballeurs professionnels de différents clubs. Il anime également une émission sur le sport et la foi 3 fois par mois sur les ondes de RCF Alpha et est responsable du site plusquesportifs.org.

Pour contacter Joël Thibault :
06 64 10 54 37 / ​thibault.joel@gmail.com

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Sources :https://www.rio2016.com/fr/actualites/les­representants­de­5­religions­se­reunissent­pour­preparer ­les­jeux­rio­2016

LES INNOCENTES… CROIRE MALGRÉ TOUT

Au travers de l’horreur d’un récit historique, le film « Les innocentes » d’Anne Fontaine, nous plonge avec subtilité et émotion dans un questionnement sur le sens de la foi à l’épreuve du mal.

Nous sommes en Pologne, en décembre 1945. Dans un couvent de bénédictines, le cri d’une jeune novice trouble les chants religieux. Appelée à l’aide, une jeune femme médecin de la Croix-Rouge française, cantonnée dans le village d’à côté, découvre une communauté murée dans un terrible secret : après avoir été violées par des soldats nazis puis par d’autres de l’armée soviétique, plusieurs des sœurs sont enceintes.

Cette histoire vraie tirée du journal de Madeleine Pauliac, médecin de la Croix-Rouge en Pologne, est abordée par la réalisatrice Anne Fontaine avec beaucoup de finesse, sans jamais tomber dans un jugement quelconque. Pourtant, le sujet fait froid dans le dos, comme d’ailleurs semblent l’exprimer également cet hiver polonais et les rigueurs de la vie monastique de cette communauté. Il s’agit bien du traumatisme, non d’un, mais de plusieurs viols collectifs subits (sans pourtant que jamais le mot ne soit prononcé) par des sœurs ayant consacrées leurs vies à la foi et la spiritualité en faisant, entre autre vœu de chasteté, dont il est question. Traumatismes moraux, physiques mais aussi dans les conséquences concrètes de la grossesse et de l’enfantement.

En dressant ainsi le tableau, on pourrait s’attendre à un film pesant, austère, ténébreux. Mais c’est la lumière qui en ressort néanmoins gagnante et avec éclat. Sans doute grâce à une combinaison quasi parfaite entre photographie, bande sonore, mise en scène et un merveilleux casting tant au niveau des actrices polonaises que du choix de Lou de Laâge, admirable de maturité dans ce rôle difficile de la jeune médecin de la croix rouge, et de Vincent Macaigne, incarnant ce médecin juif qui apporte humour et humanité au personnage. Ce film est finalement un bonheur qui vous prend aux tripes.

Si l’histoire se déroule, en majeure partie, dans les murs de ce couvent, la foi n’est pas juste un décor cinématographique. Car le sujet véritable est bel et bien là, dans ce mystère de la foi abordé de surcroît avec beaucoup de courage. Le spectateur peut observer cette dualité inexplicable de la foi, faite de fragilité et de force, en cheminant sur le chemin de guérison auquel sont appelés ces femmes meurtries dans leurs corps, leurs âmes et leurs esprits. La foi n’est pas une évidence. C’est « 24 h de doute et une minute d’espérance » confesse même une religieuse. Et ce doute fait rage face à au mal le plus abjecte. Les questionnements ne peuvent se taire et laissent apparaître une profonde vulnérabilité même s’il faut garder, coûte que coûte, le secret pour survivre dans ce contexte particulier d’une époque et d’un pays. « Dieu aurait-il voulu ça ? » se demande une novice. Et au cœur de ce cataclysme subit par la communauté apparaît soudain la lumière en la personne d’une jeune femme, athée, qui devient pourtant don de Dieu. Une véritable grâce qui devra pourtant aussi se faire accepter au risque de faire « mettre Dieu entre parenthèses le temps d’une auscultation ».

Pour ne pas en dire plus, et risquer de dévoiler trop de ce qui mérite de l’être de ce film, comme l’a voulu Anne Fontaine, je ne parlerai pas d’avantage de l’histoire, des ses rebondissements, de ses joies et de ses horreurs. Juste appuyer une dernière fois sur la force compassionnelle qui se dégage de ces deux heures poignantes et saisissantes, et vous encourager à ne pas vous en priver.

UN DIMANCHE ŒCUMÉNIQUE À CANNES

Le Jury œcuménique au Festival de Cannes est composé de six membres internationaux qui visionnent l’ensemble de la sélection officielle et « Un Certain regard » pour remettre, samedi à 17h, ses prix lors d’une cérémonie au salon des ambassadeurs dans le Palais des Festivals. Mais le Jury œcuménique à Cannes c’est aussi beaucoup d’autres activités et toute une équipe active pendant la quinzaine.

La journée de dimanche a été marquée ainsi par plusieurs événements liés au Jury mais touchant un plus large public. La matinée a ainsi commencé avec la messe et le culte spécial « Festival » célébrés  avec les membres du Jury et un certain nombre d’invités, dont, côté protestant, le secrétaire général de la Fédération Protestante de France, le pasteur Georges Michel qui apporta la prédication. Occasion de présenter aux communautés ecclésiales présentes les membres du Jury, le travail d’Interfilm et Signis, mais aussi de rappeler combien le cinéma peut être porteur de messages utiles à notre compréhension du monde et à la foi.

Ces deux temps d’Église se sont terminés en donnant à tous l’occasion de se retrouver dans la rue qui sépare les édifices culturels pour partager un verre de l’amitié et brioche et surtout échanger les uns avec les autres. La présence de Michael Lonsdale cette année et des organisateur du Festival sacré de la Beauté était aussi une agréable surprise.

Ce moment d’amitié terminé, les « badgés » pouvaient se rendre à l’intérieur du Palais, au sous-sol dans le Marché du Film, pour une cérémonie plus officielle sur le stand du Jury œcuménique avec un certain nombre de représentants d’Églises de la ville et la région, de personnalités politiques, d’amis et tous ceux qui sont impliqués dans cette belle aventure commencée en 1974. Occasion de remercier plusieurs membres de l’équipe qui nous ont quittés ou pour qui cette édition sera la dernière… occasion de discuter, et de prendre un apéritif tous ensemble dans une belle atmosphère joyeuse.

Enfin, ce même dimanche, le Festival accueillait pour sa montée des marches de 19h pour le film « Carol », l’ensemble du Jury œcuménique et quelques invités, lui donnant ainsi une visibilité encore plus importante, plus officielle… moment bien agréable et convivial, permettant aussi de discuter avec Thierry Frémaux, délégué général du Festival.

Cette journée cannoise particulière reflète assez bien combien l’organisation de ces journées dépasse largement le visionnage de quelques films. Dans cette semaine, une célébration œcuménique sera aussi proposée mercredi à 16h en l’Église Anglicane proche de la Croisette. Chaque jour, ce sont aussi des courtes conférences-débats qui sont organisées directement sur le stand du Jury, avec des thèmes permettant de dialoguer entre foi et cinéma.

SELMA, POUR SE METTRE EN MARCHE !

Étonnamment, aucun biopic sur Martin Luther King n’avait été jusqu’alors réalisé au cinéma. C’est maintenant chose faite, avec l’heureuse initiative de la jeune cinéaste Ava DuVernay,  issue du cinéma indépendant, qui avec SELMA, nous plonge au cœur du combat mené par ce pasteur baptiste pour garantir le droit de vote à tous citoyens américains. Le film sort sur les écrans français le 11 mars, après avoir reçu l’oscar de la meilleure chanson originale.

L’histoire se déroule au début de 1965. Une grande partie des Afro-Américains ne peuvent toujours pas voter. Martin Luther King demande au président Lyndon B. Johnson d’abroger la loi, mais sans succès. Pour le convaincre de changer le cours de l’histoire, il organise trois marches pacifiques dans les rues de Selma dans l’Alabama. La situation s’envenime et tourne au chaos, alors que les blessés se multiplient et que les scènes de violence ébranlent les communautés blanches et noires. Porté par ses discours de tolérance, son dévouement envers sa famille et sa foi inébranlable, Martin Luther King tente de rallier partisans et adversaires à sa cause non violente.

Autant le dire tout de suite, on ne ressort pas totalement indemne de ces 128 minutes de grand cinéma. Et nul besoin d’attendre très longtemps pour se retrouver interpelé au plus profond de soi, bouleversé par ce récit magnifique mais terriblement dur à la fois.

Il y a sans doute beaucoup de raisons à cela. Évidemment l’histoire en elle-même en tout premier lieu, mais aussi une réussite technique et artistique indéniable (au point où le prestigieux site américain Rotten Tomatoes qui recense les avis de critiques professionnels attribue une note parfaite à Selma et ce, avec plus de 80 commentaires au total). On a là déjà donc des ingrédients consistants… mais peut-être que ce qui accentue et donne tant de force à ce film se situe encore ailleurs. Dans ce parti pris de la réalisatrice Ava DuVernay de se fixer non sur la vie ou une longue période de l’histoire de MLK (ce qui est généralement le cas pour grand nombre de biopics traditionnellement, de plus quand il s’agit du premier) mais sur un événement marquant, les marches de Selma. Toute l’action est concentrée. Concentrée sur quelques jours simplement, concentrée également sur les personnages, privilégiant la proximité avec les acteurs au travers de gros plans (alternant de temps en temps avec quelques plans larges qui soudainement prennent encore plus d’importance), filmant au plus près des corps, des visages, des regards, positionnant l’humain au centre du déroulement des événements, grâce aussi à une grande qualité photographique.

Si le docteur King est inévitablement au cœur de l’histoire, Ava DuVernay nous offre de la vivre au travers également des personnages qui l’accompagnent, qui donnent sens au récit, d’un côté comme de l’autre si l’on peut dire. Et tout cela, sans surenchère émotionnelle, juste le nécessaire, avec un ton juste et un jeu remarquable des acteurs qui ont parfaitement compris la psychologie des différents protagonistes. Que ce soit l’acteur très en vue actuellement à Hollywood, David Oyelowo, s’immergeant étonnamment dans le rôle de Martin Luther King, ou, pour n’en citer que quelques-uns, Tim Roth dans la peau du cynique gouverneur Georges Wallace, la magnifique Carmen Ejogo jouant l’épouse de MLK Coretta Scott King, ou encore, dans la peau d’un président Johnson embarrassé et très politicien le talentueux Tom Wilkinson.

J’évoquais la chanson de Mahalia, plus qu’un simple moment spécifique, c’est l’ensemble de la bande son qui est aussi porteuse d’émotion et de force. Musiques instrumentales, chansons et, comme un hymne final rendant le message encore plus actuel, ce Glory de John Legend et Common, qui conclut le générique, déclenche un frissonnement bien agréable et offre l’oscar de la meilleure chanson originale. Enfin, une autre jolie trouvaille repérée dans l’excellent travail de la réalisatrice. Si le pasteur King reste connu comme un homme de parole, avec en particulier ses célèbres discours ou citations qui foisonnent encore sur internet, Ava DuVernay a su aussi donner une grande et belle place aux silences, telles les pauses qui viennent s’inscrire aussi au cœur des Psaumes…. Silences qui donnent au verbe encore plus d’impact et de réalisme, et apportant ainsi une touche de plus à l’extrême humanité présente tout au long du scénario. Cette humanité qui se manifeste sur la globalité de l’être humain : corps, âme et esprit.

Tout y est !

L’aspect physique touchant au corps dans la violence des coups, dans les regards, les visages, les poignées de mains…

L’émotion, les sentiments avec doute, joie, colère, haine, manipulation, amour, relations familiales…

Et enfin spiritualité ! Cet aspect aurait pu passer à la trappe d’une production ne voulant pas insister sur le côté pastoral de King, sur les racines profondes qui le mirent en marche, qui fondèrent ses choix, sur cette Parole de Dieu qui ancrait ses discours et ses actes avec puissance.

Et bien, non ! Cette part du héros est totalement présente, sans excès là encore, mais de façon juste et nécessaire. Cette spiritualité se trouve dans les mots même de MLK, mais aussi souvent dans ceux de ses compagnons d’œuvre qui parfois utilisent la foi et la Parole avec tant de beauté pour le remettre en marche… « regarde les oiseaux du ciel… »… ou cette voix de Mahalia Jackson qui devient celle du Seigneur et résonne au téléphone au cœur d’une nuit de doute… ou celle encore de ce prêtre blanc qui, avant de subir la violence des coups et mourir, s’interroge sur un choix de King (lorsqu’il traverse l’Edmund Pettus Bridge en tête de la dernière marche et décide, alors que les policiers s’écartent cette fois-ci, de s’agenouiller, prier et rebrousser chemin à la surprise générale) et y voit l’insertion soudaine de Dieu comme au cœur parfois de l’une de ses prédications…

SELMA, un film militant et historique qui parle de marches mais qui surtout peut encore nous mettre en marche. Une histoire d’une urgente nécessité dans notre contexte actuel d’intolérance et de violence, pour rappeler des fondements nécessaires à la vie, à l’homme et à la société, au travers de ses discours de lutte, de refus d’abdiquer et de baisser les bras et dans l’évocation de cette résistance pacifique et spirituelle qui peut faire tomber les plus grands murs de séparation et de haine.


Paroles et traduction de Glory

One day, when the glory comes

Un jour, lorsque la gloire arrivera

It will be ours, it will be ours

Elle sera nôtre, elle sera nôtre

Oh, one day, when the war is won

Oh, un jour quand la guerre sera gagnée

We will be sure, we will be here sure

Nous serons c’est certain, nous serons là c’est certain

Oh, glory, glory (x2)

Oh gloire, gloire

 

Hands to the Heavens, no man, no weapon

Les mains au ciel, aucun homme, aucune arme

Formed against, yes glory is destined

Forgés à l’encontre d’autrui, oui la gloire est promise

Every day women and men become legends

Chaque jour des femmes et des hommes deviennent des légendes

Sins that go against our skin become blessings

Les péchés à l’encontre de notre peau deviennent des bénédictions

The movement is a rhythm to us

Le mouvement est un rythme pour nous

Freedom is like religion to us

La liberté est comme une religion pour nous

Justice is juxtaposition in us

La justice est une juxtaposition en nous

Justice for all just ain’t specific enough

Justice pour tous n’est pas assez spécifique

One son died, his spirit is revisitin’ us

Un fils est mort, son esprit revient nous voir

Truant livin’ livin’ in us, resistance is us

L’absenteïste vit, vit en nous, le résistance est en nous

That’s why Rosa sat on the bus (1)

Voilà pourquoi Rosa s’est assisse dans le bus

That’s why we walk through Ferguson with our hands up (2)

Voilà pourquoi nous marchons sur Ferguson les poings levés

When it go down we woman and man up

Lorsque ça s’envenime, nous femme et homme nous montons au créneau

They say, « Stay down » and we stand up

Ils disent « Restez à vos places » et nous nous levons

Shots, we on the ground, the camera panned up

Tirs, nous sommes à terre, la caméra tourne

King pointed to the mountain top and we ran up

Le roi s’établit au sommet et nous nous élançons

 

One day, when the glory comes

Un jour, lorsque la gloire arrivera

It will be ours, it will be ours

Elle sera nôtre, elle sera nôtre

Oh, one day, when the war is won

Oh, un jour quand la guerre sera gagnée

We will be sure, we will be here sure

Nous serons c’est certain, nous serons là c’est certain

Oh, glory, glory (x2)

Oh gloire, gloire

Glory

Gloire

 

Now the war is not over

Maintenant la guerre n’est pas finie

Victory isn’t won

La victoire n’est pas gagnée

And we’ll fight on to the finish

Et nous nous battrons jusqu’à la ligne d’arrivée

Then when it’s all done

Puis quand tout sera fini

We’ll cry glory, oh glory (x2)

Nous crierons gloire, oh gloire

 

Selma’s now for every man, woman and child

Selma maintenant pour chaque homme, femme et enfant

Even Jesus got his crown in front of a crowd

Même Jésus a sa couronne devant une foule

They marched with the torch, we gon’ run with it now

Ils ont marché avec la torche, nous allons courir avec elle dorénavant

Never look back, we done gone hundreds of miles

Ne jamais regarder en arrière, nous avons fait et passé des centaines de miles

From dark roads he rose, to become a hero

Des rues sombres il s’est élevé, pour devenir un héros

Facin’ the league of justice, his power was the people

Face à la ligue de la justice, son pouvoir était le peuple

Enemy is lethal, a king became regal

L’ennemi est mortel, un roi est devenu majestueux

Saw the face of Jim Crow under a bald eagle (3)

Nous avons vu le visage de Jim Crow, sous l’aigle à tête blanche

The biggest weapon is to stay peaceful

La plus grande arme est de rester pacifique

We sing, our music is the cuts that we bleed through

Nous chantons, notre musique est la coupure par laquelle nous saignons

Somewhere in the dream we had an epiphany

Quelque part dans le rêve que nous avions une épiphanie

Now we right the wrongs in history

Maintenant, nous redressons les torts de l’histoire

No one can win the war individually

Personne ne peut gagner la guerre individuellement

It takes the wisdom of the elders and young people’s energy

Il faut la sagesse des anciens et l’énergie des jeunes

Welcome to the story we call victory

Bienvenue dans l’histoire que nous appelons Victoire

Comin’ of the Lord, my eyes have seen the glory

L’avènement du Seigneur, mes yeux ont vu la gloire

 

One day, when the glory comes

Un jour, lorsque la gloire arrivera

It will be ours, it will be ours

Elle sera nôtre, elle sera nôtre

Oh, one day, when the war is won

Oh, un jour quand la guerre sera gagnée

We will be sure, we will be here sure

Nous serons c’est certain, nous serons là c’est certain

Oh, glory, glory (x2)

Oh gloire, gloire

Glory

Gloire

 

When the war is done, when it’s all said and done

Lorsque la guerre est finie, quand tout est dit et fait

We’ll cry glory, oh glory

Nous crierons gloire, oh gloire

LIBRE D’HUMOUR

Comment ne pas être horrifié par cet attentat innommable, perpétré hier 7 janvier 2015, dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo à Paris ? Si une idéologie extremiste haineuse porte l’action de ces terroristes jusqu’à l’impensable, il y a aussi plus globalement cette question de la liberté artistique et de la place de l’humour comme cible visée. 

J’ai pu constater dans certaines réactions depuis hier midi (je ne parle pas là de celles de fous-furieux légitimant ces actes odieux), que tout en exprimant leurs réprobations, apparaissent aussi certains relents exprimants leurs soucis avec des dessins passés de ces artistes qui les auraient offensés dans leurs convictions, leurs engagements. Il n’y a pas je crois, deux poids, deux mesures dans cette question. Pas non plus, me semble-t-il (j’exprime là en effet une pensée personnelle), de limites à la liberté artistique et à celle de l’humour… tant que ceux-là ne deviennent pas un support contestable à l’incitation à la haine, à l’exclusion et à la violence.

Notre belle langue française nous permet de jouer avec les mots et pouvoir ainsi faire se répondre ou se confondre les mots amour et humour. Ce dernier justement trouverait ses racines dans celui de humeur avec l’aide de nos voisins britanniques. L’humeur, du latin humor (liquide), désignait initialement les fluides corporels (sang, bile…) pensés comme influençant sur le comportement. Pour nous conduire à l’entendre donc comme un trait de caractère de la personnalité… J’aime alors me rappeler cette vérité fondamentale biblique qui dit que Dieu est amour et la faire se métamorphoser avec celle qui dirait que Dieu est humour. N’y voyez-là aucun blasphème (enfin, vous en avez le droit après tout…) mais ma lecture des textes fondateurs de ma foi chrétienne me conduisent à l’entendre aussi ainsi. Humour du Père, du Fils et de l’Esprit dans leurs actes, leurs paroles, leurs silences… un humour pas toujours compris, pas souvent accepté (voilà là encore un trait caractéristique de l’humour… et de l’amour)… mais pourtant présent ou induit. Volontairement, je n’entrerai pas là dans un exposé précis de textes (ce n’est pas l’objet de cet écrit). Des articles existent déjà sur le sujet et je me réserve la possibilité d’en faire un plus détaillé, peut-être, dans l’avenir. Même quand l’humour égratigne, interpelle, remet en question et peut me secouer… il joue alors aussi un rôle aimant et équilibrant dont notre société humaine à besoin éternellement.

L’autre aspect du sujet touche à la liberté artistique que je ne cesserai de défendre. Ceux qui me connaissent, m’entendent ou me lisent le savent déjà ! J Un chapitre tout entier de mon livre « Malléable, pour tout recommencer », intitulé Développer son potentiel créatif, évoque ces emprisonnements qui se mettent souvent en place pour délimiter l’œuvre de l’artiste. Et nos concepts religieux, tellement souvent loins de la foi, viennent s’engouffrer avec force dans ces ornières dangereuses.

Mon Dieu est celui de la grâce et de la liberté. Qu’il m’appelle à vivre selon certains principes auxquels je choisi d’adhérer est une chose mais, pour autant, il ne me donne pas le droit d’imposer à mon prochain ce qu’il peut ou ne peut pas faire. Il m’encourage à être témoin de sa grâce, à être indicateur du chemin qu’Il est lui-même pour ma vie, à encourager, à relever, à aimer… et comme aimer sans laisser l’autre libre ?

C’est en paraphrases que je conclurai ces lignes… paraphrase d’un slogan publicitaire et paraphrase d’un texte du Nouveau Testament :

L’humour & la liberté… ça fait du bien là où ça fait mal !

Supposons que je parle les langues des hommes et même celles des anges : si je n’ai pas d’humour, je ne suis rien de plus qu’un métal qui résonne ou qu’une cymbale bruyante. Je pourrais transmettre des messages reçus de Dieu, posséder toute la connaissance et comprendre tous les mystères, je pourrais avoir la foi capable de déplacer des montagnes, si je n’ai pas d’humour, je ne suis rien. Je pourrais distribuer tous mes biens aux affamés et même livrer mon corps aux flammes, si je n’ai pas d’humour, cela ne me sert à rien. L’humour ne fait rien de honteux. Il ne cherche pas son intérêt, il ne se met pas en colère, il ne se souvient pas du mal. Il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité. L’humour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’humour ne disparaît jamais.  (Adapté avec amour du texte d’1 Corinthiens 13.1-8)