MES OSCARS 2018

Ce soir, l’académie des Oscars remettra ses récompenses une fois de plus… 90ème cérémonie ! Une année 2017 extrêmement riche cinématographiquement… Humblement et de façon purement subjective, je vous livre, non pas mon pronostique, mais mon palmarès personnel.

MEILLEUR FILM 

Three Billboards : les panneaux de la vengeance

(Même si La forme de l’eau…)

MEILLEUR RÉALISATEUR 

Guillermo del Toro (La Forme de l’eau)

(Même si Christopher Nolan…)

MEILLEUR ACTEUR 

Daniel Kaluuya (Get Out)

(Même si Gary Oldman…)

MEILLEURE ACTRICE 

Frances McDormand (Three Billboards : les panneaux de la vengeance)

(Même si Saoirse Ronan…)

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE 

Sam Rockwell (Three Billboards : les panneaux de la vengeance)

(Même si Richard Jenkins…)

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE 

Laurie Metcalf (Lady Bird)

(Même si Octavia Spencer…)

MEILLEUR SCÉNARIO ADAPTÉ 

Bof.. mon enveloppe reste vide

MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL 

Get Out

(Même si Three Billboards…)

MEILLEUR FILM D’ANIMATION 

La Passion Van Gogh 

MEILLEURE PHOTOGRAPHIE 

Dunkerque 

(Même si La Forme de l’eau…)

MEILLEURE MUSIQUE (bande originale) 

Dunkerque 

MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE 

The Square (Suède)

(Même si Loveless (Russie)…)

MEILLEUR LONG-MÉTRAGE DOCUMENTAIRE 

Faces Places (Visages villages) un peu de chauvinisme ne fait pas de mal quand même 🙂

MES CÉSARS 2017

La liste des nominés aux Césars 2017 venant d’être annoncée, je vous livre, très humblement, mon palmarès personnel, qui ne sera évidemment pas le résultat final… Vous l’aurez compris, ce n’est pas un pronostic ! 

PALMARES DES Césars 2017 de Jean-Luc GADREAU

 

Meilleur film :

LES INNOCENTES produit par ERIC ALTMAYER, NICOLAS ALTMAYER, réalisé par ANNE FONTAINE

Meilleur acteur :

GASPARD ULLIEL dans « JUSTE LA FIN DU MONDE »

Meilleure actrice :

MARION COTILLARD dans « MAL DE PIERRES »

Meilleur réalisation :

FRANÇOIS OZON pour « FRANTZ »

Meilleur film étranger :

TONI ERDMANN réalisé par MAREN ADE, distribution France HAUT ET COURT DISTRIBUTION

Meilleur scénario original :

BRUNO DUMONT pour « MA LOUTE »

Meilleure musique originale :

IBRAHIM MAALOUF pour « DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE »

Meilleur film documentaire :

FUOCOAMMARE, PAR-DELÀ LAMPEDUSA réalisé par GIANFRANCO ROSI, produit par SERGE LALOU, CAMILLE LAEMLÉ

Meilleur premier film :

DIVINES réalisé par HOUDA BENYAMINA, produit par MARC-BENOIT CRÉANCIER

Meilleur espoir masculin :

JONAS BLOQUET dans « ELLE »

Meilleure actrice dans un second rôle :

VALERIA BRUNI TEDESCHI dans « MA LOUTE »

Meilleur son :

MARTIN BOISSAU, BENOÎT GARGONNE, JEAN-PAUL HURIER pour « FRANTZ »

Meilleur montage :

XAVIER DOLAN pour « JUSTE LA FIN DU MONDE »

Meilleure adaptation :

SÉVERINE BOSSCHEM, EMMANUELLE BERCOT pour « LA FILLE DE BREST »

Meilleure photo :

GUILLAUME DEFFONTAINES pour « MA LOUTE »

Meilleur film d’animation :

LA TORTUE ROUGE réalisé par MICHAEL DUDOK DE WIT, produit par VINCENT MARAVAL, PASCAL CAUCHETEUX

Meilleurs décors :

JÉRÉMIE D. LIGNOL pour « CHOCOLAT »

Meilleurs costumes :

ANAÏS ROMAND pour « LA DANSEUSE »

Meilleur acteur dans un second rôle :

JAMES THIERRÉE dans « CHOCOLAT »

Meilleur espoir féminin :

OULAYA AMAMRA dans « DIVINES »

DES ARBRES ET UNE MÈRE

Les films américains étant rares cette année en compétition, le nouveau Gus Van Sant était donc très attendu. « The Sea of Trees » (la forêt des songes en version française) était présenté à la presse hier soir. Côté italien, une autre grande attente de cette matinée, le nouveau Nanni Morreti « Mia Madre ».

J’attends toujours avec impatience le premier coup de cœur personnel lors d’un festival. Je dis bien personnel, car il ne reflète pas forcément l’avis des critiques intellos qu’un festival se doit évidemment d’accueillir. Cette expérience fut celle d’un coup double à quelques heures d’intervalle. Hier soir d’abord, lors d’une séance tardive de cette mystique « forêt des songes ». L’histoire d’un américain joué par Matthew McConaughey qui se rend dans une gigantesque forêt japonaise au pied du mont Fujiyama pour mettre fin à ses jours. Son projet va se retrouver chamboulé par un japonais (Ken Watanabe) venu, semble-t-il, pour les même raisons mais qu’il va tenter de secourir lui donnant alors l’occasion de réfléchir à sa propre histoire lié à son épousé (Naomi Watts). Puis ce matin, avec « Mia Madre » dans un style totalement différent, plein d’émotions et d’humour… l’histoire d’une réalisatrice (Margherita Buy) en train de tourner son nouveau film avec un acteur américain (John Turturro) qui a visiblement quelques problèmes de mémoire et de pratique de l’italien, et vivant dans le même temps une séparation sentimentale et l’accompagnement dans ses derniers jours de sa mère, lui donnant ainsi l’occasion de se confronter à son identité et à ses relations humaines.

Le point commun se trouve déjà sans doute dans la qualité de jeu des différents acteurs cités. Beaucoup de justesse, de profondeur… un trio parfait dans la forêt des songes, éblouissant dans les « face à face » nombreux et souvent torturés, un Turturro purement jouissif, qui n’est pas sans rappeler parfois Roberto Benigni, face à une très belle et touchante Margherita pour le Morreti. Le second point commun est plus dans la compréhension des enjeux de chaque histoire. D’un côté comme de l’autre, les deux héros se retrouvent contraints d’une certaines façon à repenser leurs vies. Je dis bien contraints, car rien n’est souhaité mais les événements, rencontres, épreuves conduisent naturellement à cela. Il en est souvent ainsi dans la vraie vie, cette réalité criée par Turturro dans un aveu d’impasse au milieu d’un scène du tournage de Magherita. Les plus grandes épreuves, et en particulier celles qui nous font côtoyer la mort, sont instigatrices de regard sur soi-même, sur son passé et, éventuellement, un avenir plus ou moins envisageable.

 

Mais si des points communs sont évidents, ces deux œuvres sont, malgré tout, à des kilomètres l’une de l’autre.

Gus van Sant nous offre un film que l’on pourrait qualifier très facilement de mystique. Beaucoup de symbolismes, de réflexions sur Dieu et l’au-delà, et un final qui augmente encore plus ce sentiment. Cet aspect du film en rebutera plus d’un, il est vrai (et en particulier ces fameux critiques évoqués en début d’article souvent allergiques à ce type de démonstration). Et on pourra regretter sans doute, il est vrai, que le réalisateur nous livre trop les choses. Un peu plus de retenue aurait sans doute était plus intéressant. Mais, néanmoins, ce film est porteur d’une grande espérance, de l’importance à donner aux choses essentielles de l’existence, des valeurs relationnelles et du don de soi. Alors comment ne pas y être sensible ?

De son côté, un cinéma plus léger, à l’italienne que sait si bien faire Morreti et qui me réjouit toujours autant. On part d’une histoire forte et difficile pour constamment alterner entre sensibilité et éclats de rire, l’un et l’autre se répondant, permettant de traverser cette histoire paisiblement, et invitant naturellement à accompagner Margherita à la fois dans une réflexion plus profonde sur sa vie (sur nos vies ?) et globalement sur le cinéma.

LE RÔLE DE MA VIE

Avec Le rôle de ma vie, l’acteur américain Zach Braff s’associe à son frère Adam pour écrire puis réaliser et jouer l’histoire d’un trentenaire conduit par la force des évènements à prendre sa vie en main autrement.

Dans la catégorie « Feel-Good movies », le rôle de ma vie se classe vraiment très haut car pu…naise (attention au bocal aux gros mots qui tient toute sa place dans le film), on en sort vraiment bien ! Pourtant le scénario, à la base, n’est pas franchement super facile :

Aidan (incarné par Zach Braff) a bientôt quarante ans, il vit avec femme (Kate Hudson) et enfants. Sa carrière d’acteur et son compte bancaire sont à zéro, son frère est ingérable, il se débat avec sa religion (le judaïsme) et son père va mourir. En gros Aidan n’a plus le choix : il doit affronter ses responsabilités et devenir, enfin, un homme. C’est en fait une quête identitaire qui se joue dans cette histoire avec en arrière plan les relations père-fils et la place de la religion ou parfois plus largement de la spiritualité.

Avoir des rêves que l’on veut à tout prix réaliser, et en particulier quand ils touchent à la vie d’artiste et quand ils sont directement impactés par des blessures relationnelles, conduit souvent à l’incompréhension de l’entourage. Cela peut aboutir à se retrouver soi-même dans la marge… et à devoir faire des choix à un moment donné de l’existence. Ce moment pour Zach, il le situe à la fin de la trentaine, instant stratégique où pour lui peuvent aussi se manifester des questions importantes touchant à la spiritualité, à ce qui donne sens à la vie, à ce que je crois. Cette quête identitaire, Braff choisi de l’aborder avec beaucoup de justesse et de sensibilité. On pourrait parler là de véritable poésie ambiante qui devient plus concrète encore à diverses occasions de l’histoire où plusieurs textes poétiques sont déclamés.

Si l’émotion est au rendez-vous, elle vient tantôt dans le sourire ou le rire, tantôt  dans la tendresse, la réflexion, voire les larmes. Il y avait bien sûr, comme toujours avec de tels films, un risque majeur de tomber dans la guimauve, le pathos… mais Zach Braff l’évite adroitement selon moi (même si cet avis ne sera pas partagé forcément par tous). Il soigne l’esthétique, la photo, le jeu des acteurs et la bande son (Bon Iver, The Shins, Paul Simon…) et fait de son dernier long métrage un charmant film qui vous laisse un très bon arrière goût !