NOUVEAU ! « Je confine en paraboles »

Chaque jour à 7h45 , pendant ce temps de confinement, je vous propose ma minute-vidéo « Je confine en parabole »… histoire de bien démarrer la journée.
Que celui qui a des oreilles…

SISTER SOUL

Découvrez le dernier livre de JL Gadreau

Sister Saul de JL Gadreau

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PRÉSENCE D’ESPRIT

Une autre façon d’envisager la Pentecôte…

 


 

HYMNE DE LA PRÉSENCE D’ESPRIT

 

L’Esprit qui dépend du Père,

C’est le souffle de sa bouche

Le souffle même de Dieu

Dieu c’est un immense souffle.

 

L’Esprit-Saint ? – Dieu est esprit !

C’est le souffle de la vie

Dieu souffle et source de vie,

Dieu le Père de la Vie.

 

L’Esprit quelle en est la source ?

L’Esprit ? – Dieu est vie

Et source invisible et impalpable.

Qui de vous a vu le vent ?

 

J’ai pressenti son passage

Venir et veiller en moi, pensif,

Demeurer en moi,

Que je veille ou que je dorme.

 

Ce vent passe parmi nous,

Nous entoure, nous traverse :

Véhémente, parfois douce

Qui entendra sa rumeur ?

 

Lorsque survient la Parole,

Divine, tempétueuse,

Ou plus souvent murmurante,

À peine comme une haleine

 

Discrète, tacite, aimante

Comme une triple substance

Aimant d’un amour unique,

En sa présence subtile.

 

Grand retable de la vie du Christ – nouvelle série – 2007 Éditions Bénévent

 

PAROLES, PRIÈRES, ENVOLS

À l’heure où, hélas, parfois et trop souvent, tourner les pages d’un livre s’avère difficile, la « crise du livre » comme on dit… « Paroles, prières, envols » aux éditions Bibli’O arrive comme un cadeau à plus d’un titre.

Blog ArtSpi'in rubrique spiritualité 08-2018

Cadeau comme quelque chose de beau à offrir. C’est peut-être l’idée première que l’on se fait devant ce livre au format A5 en mode paysage. Tout va dans cette direction avec du beau papier glacé, des photos soignées comme un itinéraire signées par Rebecca Dernelle-Fischer, de jolis textes avec un apport graphique et, dans le même temps, quelque chose d’assez conséquent de 212 pages pour un prix raisonnable de 17,90 €.

Cadeau en mode paysage disais-je… qui devient un cadeau du quotidien pour mon bien-être intérieur. En mode paysage pour élargir mes horizons, ouvrir la fenêtre du cœur pour se laisser aérer et observer plus loin… Une authentique invitation à ralentir. Patience, paix, persévérance, espérance, joie, donner, fatigue, amour, mystère : au fil de chaque page des mots simples qui s’écrivent à la mains et qui font partie de nos vies, de nos instants privés et publics. Se présente alors un verset qui les contient et en tournant la page, un pas de plus… une très brève méditation pour nous inviter à leur redonner du sens et sans doute les entendre autrement.

Blog ArtSpi'in rubrique spiritualité 08-2018

Un petit bijou de mots, de couleurs, de papier, et de spiritualité… à offrir et à s’offrir cet été, pour la rentrée, pour un événement où le cadeau peut alors devenir plus qu’un simple geste mais aussi une forme de main tendue… ou déjà même en vue des premiers achats pour la fin d’année plutôt que d’attendre l’instant ultime et d’y perdre sens et contenu…

Disponible notamment à la Librairie 7 ICI

Et pour aller encore plus loin et découvrir d’un peu plus près… ces deux vidéos de présentation :

HARVEY IRMA… LE JUGEMENT DE DIEU ?

Je vous propose ici l’article-témoignage de Kerry Lee sur son blog http://bitesizedexegesis.com et dans la revue américaine RELEVANT.

Article traduit et publié avec la permission de l’auteur.

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Les ouragans Harvey et Irma sont-ils le jugement de Dieu ? Pas forcément de la façon dont nous l’imaginons…

Au cours des dernières semaines, les tempêtes ont ravagé des parties du Texas, de la Floride, du Sud-Est des État-Unis, des Antilles… Chaque fois que de telles catastrophes naturelles se produisent, les questions sur Dieu et sa nature apparaissent invariablement.

Lorsque l’ouragan Katrina a frappé la Nouvelle-Orléans en août 2005, j’ai vu deux messages très différents sortir de la bouche des leaders chrétiens. Tout d’abord, il y avait ceux qui ont dit : « Katrina est le jugement de Dieu pour les péchés de la Nouvelle-Orléans. » Deuxièmement, il y avait ceux qui ont répondu : « Non, c’est faux ! Dieu ne fait pas ça. » Honnêtement, je n’ai pas aimé ces deux points de vue. Je n’ai pas aimé le premier parce qu’il avait une forme d’auto-justification condamnante… Dieu les juge parce qu’ils sont pécheurs, contrairement à nous. Instinctivement, j’ai été choqué par cette idée. En même temps, cependant, je n’étais pas satisfait de la réponse habituelle mais simpliste : « Katrina n’est pas le jugement de Dieu sur la Nouvelle-Orléans parce que Dieu ne fait pas cela. Dieu aime les gens. » Pouvons-nous exclure automatiquement tout lien entre les catastrophes naturelles et le jugement de Dieu envers l’humanité ?

Du début de la Bible jusqu’à la fin, les catastrophes naturelles sont en fait l’une des façons dont le jugement de Dieu sur l’humanité se manifeste. Du Déluge au temps de Noé aux fléaux d’Égypte, mais en pensant aussi aux prédictions prophétiques de la lune qui prend la couleur rouge sang ou du soleil qui s’obscurcit (et toutes sortes d’autres phénomènes naturels catastrophiques), les auteurs de la Bible ont compris que Dieu pouvait utiliser les phénomènes naturels (en plus de phénomènes sociologiques, économiques et politiques) afin de juger l’humanité. Éliminer de manière simpliste toute connexion possible entre une catastrophe naturelle et une intention de jugement de la part de Dieu conduit à ignorer beaucoup de passages bibliques.

Alors, qu’en est-il dans notre situation présente ? Peut-on donc voir en l’ouragan Katrina le jugement de Dieu ou non ? Et quid de Harvey ou Irma ?

1.   NATURE ET JUGEMENT DIVIN

Les deux réponses aux ouragans avaient, à la base, une compréhension particulière du jugement de Dieu, à savoir que le jugement de Dieu est essentiellement ce que Dieu fait quand il est tellement fatigué du péché humain qu’il ne peut plus le supporter. L’image d’un dieu qui a de la patience, mais qui, avec le temps, commence à serrer sa mâchoire, son visage commence à devenir rouge et il développe alors des signes de nervosité manifestes. Enfin, il lève les mains en l’air et, avec un cri affreux et une rage incontrôlée, frappe d’un coup de fouet les créatures terrestres qui l’ont offensé et les punit d’un cyclone, tremblement de terre, tsunami, tornade ou toute autre chose du même acabit.

Mais ce n’est pas l’image biblique du jugement divin. Tout d’abord et surtout, nous devons comprendre que lorsque Dieu juge, il y a toujours un but constructif. Dieu ne juge jamais juste parce qu’il est submergé par la rage face au péché, perdant tout contrôle. En fait, un tel acte de punition ne serait même pas réellement qualifié de « jugement » au sens biblique. Le jugement n’est pas identique à la punition ou à la condamnation. Il peut inclure le châtiment, mais le jugement biblique est un concept beaucoup plus grand et, j’oserai dire, beaucoup plus glorieux.

Alors, qu’est ce que le « jugement » au sens biblique ?

Le jugement est un discernement. C’est la séparation et la distinction : la séparation ou la distinction de la lumière de l’obscurité, le jour de la nuit, le bien du mal, les moutons des chèvres, le blé de l’ivraie. Il y a une volonté initiale divine de mettre de l’ordre au milieu du chaos et donc par là même, un prolongement de l’acte de création (Dieu a séparé les ténèbres de la lumière, Il a séparé les eaux ci-dessus des eaux situées ci-dessous, Il a séparé les terres sèches des mers).

C’est aussi un acte d’investigation, mettant en évidence les choses qui sont cachées afin que le mal soit clairement vu comme mal et le bien soit clairement bien. C’est la purification… ce qui peut être racheté de ce qui doit disparaître. En fin de compte, une fois que tout est rendu clair par le jugement de Dieu, la justice de Dieu contre l’injustice du monde devient manifestement et indéniablement évidente, alors que ce qui ne peut ou ne sera pas racheté pour son but est détruit. La façon précise de régler ces choses n’est finalement pas tellement intéressante, mais la Bible en parle dans un langage fort et avec des images terrifiantes. Et contrairement à ce que de nombreux enseignants chrétiens populaires pourraient penser, l’intention principale de ce langage fort et de ces images terrifiantes n’est pas de vous conduire à vous repentir. C’est pour vous réconforter et pour exprimer cette conviction que Dieu est un dieu juste qui, quoique inimaginablement patient, ne laissera pas le mal persister indéfiniment. Dieu s’occupera du mal non pas parce qu’il est un Dieu fâché et vindicatif, mais précisément parce qu’il est un Dieu bon et aimant.

La bonne version de notre question originale serait donc la suivante : Au travers des catastrophes naturelles, Dieu est-il en train de juger l’humanité ?

Absolument, parce qu’il est toujours en train de juger l’humanité, si on entend par « juger » ce sens précis et biblique. Le péché qui est caché dans nos cœurs ne peut être traité tant qu’il reste caché sous des couches de rationalisation et d’illusion. Donc, Dieu utilise des choses comme les ouragans Harvey et Irma pour nous juger, déterrer ces sentiments, préjugés et idées malsaines que nous avons enterrés profondément en nous afin que nous puissions les affronter et nous repentir. Si nous sommes brisés devant Dieu et réceptifs à ce processus, il s’avère que le jugement de Dieu est réellement pour notre bénéfice.

2.   DEUX MANIÈRES QUE DIEU UTILISE POUR ME JUGER AU-TRAVERS D’HARVEY

Nous sommes juste après le passage d’Harvey, et je me trouve face à cette question : Dieu nous a-t-il jugé au travers de la tempête ? En un sens, oui. Pas nécessairement pour nous punir donc, pas pour nous condamner, mais pour nous juger. Comme quelqu’un qui a vécu Harvey dans la région de Houston, permettez-moi d’illustrer cela en décrivant comment je pense que Dieu m’a jugé en utilisant la tempête.

a- Ce sentiment d’avoir été confronté à mon attachement aux biens matériels

Au fur et à mesure que la tempête approchait, nous ne savions pas si nous serions inondés ici à Crosby et, si oui, alors à quel point ? Ensuite, nous avons commencé à voir des rapports d’inondations importantes dans les régions ouest et sud-ouest de Houston, plusieurs mètres d’eau qui ruineraient tout le bas d’un bâtiment (au moins). Et j’ai commencé à essayer de déterminer la quantité de choses que je pourrais mettre dans ma voiture si nous devions évacuer.

Les principales choses que je possède et que je considère comme extrêmement utiles, sont mes livres et les données sur mes ordinateurs. En ce qui concerne les livres, je ne parle pas seulement d’un tas de romans de poche que vous pourriez remplacer pour un euro chacun chez un bouquiniste. Je parle de livres qui pourraient valoir beaucoup plus, voire des livres irremplaçables. Et essayer alors de comprendre comment je pourrais les sauver m’a causé beaucoup de stress.

Honnêtement, j’aurais été tenté de faire quelque chose de stupide, de trouver des excuses pour risquer ma vie, afin de préserver ces choses matérielles que j’apprécie tellement. Je ne dis pas que posséder ces livres soit un péché ou qu’ils forment une barrière entre moi et Dieu. Mais à travers la tempête, je me suis rendu compte de l’attachement auquel j’étais vraiment confronté, et je dois me demander si ce n’est pas excessif.

b- Ce sentiment d’avoir été confronté à ma faible capacité à aimer les gens.

Ce que je veux dire ici c’est que la dévastation et la souffrance que j’ai pu observer par lesquelles les gens passaient et allaient passer au cours des prochaines semaines mois m’avait très vite accablé. Je pense qu’en tant que chrétien, je suis appelé à souffrir avec le monde et à proclamer l’Évangile de Jésus-Christ dans cette souffrance.

Mais pendant la tempête, alors que j’ai essayé de saisir la portée de cette dévastation et de cette souffrance, je me suis retrouvé à la limite de ma capacité à étendre mes préoccupations aux gens beaucoup plus rapidement que j’aurais aimé, et dans ces moments je me suis retrouvé réfléchissant vers l’arrière et cherchant à me distraire par d’autres choses : un livre, un jeu vidéo, un autre passe-temps, juste pour m’empêcher de me préoccuper trop de cette souffrance. Je n’envisageais pas de moyens de sortir pour aider les gens une fois que la tempête serait finie. J’étais reconnaissant de ne pas être touché.

Si vous réfléchissez aux événements de ces dernières semaines, avec les Ouragans Harvey, Irma et Maria, avec le tremblement de terre au Mexique, les incendies au Montana, à Washington, en Oregon et en Californie, je suis sûr que vous pouvez observer comment ces événements vous ont confronté à vos faiblesses et à vos limites, que vous viviez dans une zone touchée ou non. Ce n’est pas une condamnation télévisée de la morale de cette ville ou de telle chose en particulier, mais c’est une autre sorte de jugement. Car oui, c’est bien Dieu qui nous juge différemment au-travers de ces catastrophes naturelles.

La bonne nouvelle dans tout ça c’est que ce jugement n’est pas une condamnation. Ce n’est pas un châtiment. C’est une opportunité. Dieu nous a jugé afin que nous puissions, d’une manière nouvelle et excitante, connaître son cœur et le nôtre.

 

KERRY LEE

pasteur adjoint d’une petite Église dans la région du Grand Houston, professeur adjoint en ligne d’Ancien Testament avec Fuller Theological Seminary, et spécialiste de l’Ancien Testament

http://bitesizedexegesis.com

UN REGARD CRITIQUE ET BIENVEILLANT SUR LE CULTE TV HILLSONG

Si ArtSpi’in est un blog personnel, il peut devenir, comme c’est le cas avec cet article, un support d’écriture pour la plume de certain(e)s ami(e)s inspiré(e)s. Cet article est signé par Joan Charras-Sancho et vient en écho à mon Billet d’humeur joyeuse et confiante suite au culte télévisé sur France 2, dans le cadre de Présence Protestante, le dimanche 25/06/17 à Hillsong Paris.

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La diversité de la FPF est sa richesse mais aussi son atout en ces temps de clivages sur tout et n’importe quoi. Les cultes diffusés le dimanche matin sur la chaîne publique donnent à voir cette diversité et c’est avec bienveillance et amusement que je propose ce regard critique venant d’une théologienne luthéro-réformée à tendance charismato-inclusive. L’idée étant de relever, ce qui, au court du visionnage, a retenu l’attention de la liturgiste que je suis. Ces détails, parlants, ont leur importance théologique et je serais ravie que ce petit exercice donne envie à d’autres de s’y essayer – et de mieux le réussir que moi !

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Une ambiance particulière

Un culte Hillsong, c’est une ambiance particulière, probablement aux antipodes des cultes austères, minéraux, intellectuels de certaines assemblées luthériennes et réformées de grande dissémination. Là, cette ambiance est tamisée, avec des éclairages qui font un peu penser à une salle de concert tout en créant une tierce ambiance qui déplace : ni salle de concert, ni culte classique…un culte Hillsong veut donner envie d’aller plus loin, dès les premiers instants.

Une façon de s’adresser à la communauté

Le phrasé légèrement émotif des orateurs, qu’ils passent à la télé en direct ou pas (ils sont tous filmés et passent toujours sur le net, ça ne change rien) met aussi dos à dos Billy Graham et ses collègues plein d’assurance et une forme de présence pastorale « empruntée ». Là, on a un jeune chrétien qui tremble et se réjouit, tout à la fois, de servir Dieu. Il est ému, il l’assume et ça se voit. A la longue, c’est un peu agaçant, d’ailleurs. Comme tout phrasé, ça se travaille et on peut éviter le ton « Neuilly-Passy ». Sauf si on veut restreindre sa cible à celles et ceux qui sont un peu riches, un peu hypes, un peu dans le vent. Mais je n’ose croire cela.

Dans le fond, Hillsong, ce sont des pros de la communication, il suffit de les écouter : « Eglise », c’est une façon peu commune de s’adresser à une assemblée. Mais en même temps, c’est court, c’est clair et c’est fédérateur : que tu sois là, sur place, derrière ton poste ou en train de regarder ça sur ton téléphone, tu es Eglise. C’est inspirant. Et ça sort de l’aspect binaire « chères sœurs, chers frères ». Je note.

Une autre image de l’Eglise

Le conducteur de louange est noir, les femmes sont de suite présentes à l’écran. D’ailleurs, plus tard, une femme pasteure – enfin, heu, une femme de pasteur , bref, les deux !–donnera le message. Hillsong est une Eglise qui attire les jeunes, qui aime la diversité des origines, qui prend autant soin des hommes que des femmes (ils font des week-ends géniaux pour les sœurs, dans de grandes capitales européennes ! J’attends toujours que l’UEPAL le fasse…) Cet amour des gens jeunes et cools se traduit même dans les cantiques : « à jamais jeunes en ton amour », dit l’un d’entre eux. Ca me rappelle le cantique que les missionnaires luthériens ont enseigné aux camerounais « blanc, blanc comme neige ». On chante aussi nos fantasmes, c’est bien humain. Le tout étant de le remarquer…D’ailleurs à la fin, on est encouragé à servir Dieu dans notre génération. J’aimerais savoir si ça s’adresse à toutes les générations, mêmes les personnes du 3ème et du 4ème âge, qui forment probablement le gros du public de ce format de culte !

Des rythmes plus ou moins biens gérés

Le grand atout d’Hillsong, c’est qu’ils sont rôdés à l’audio-visuel. On peut même dire qu’ils ont tout à nous apprendre, nous vieilles Eglises. Du coup, ils gèrent très bien, avec les lumières, les cantiques, les fonds musicaux, les intonations de voix et les mimiques des orateurs, les transitions (rapides et efficaces) entre temps d’exaltation et temps d’adoration. Leur recherche d’adoration les conduit cependant à l’écueil de la répétition (je vais à Taizé plusieurs fois par an, je connais bien cet écueil !) notamment en ce qui concerne « Ce nom est victorieux », une phrase d’un cantique. Il faut réaliser que les paroles étant assez pauvres, et ce afin d’être comprises de toutes et de tous, le fait de les répéter n’apporte rien à partir d’un certain moment. A moins qu’on ne veuille une ambiance de transe mais j’en doute dans le cadre d’un culte FPF en direct sur une chaîne publique.

Des idées de génie

Hillsong a bien des choses à nous enseigner. Le fait de préparer les sujets de prière à l’avance et de les mettre sur le vidéo-projecteur, c’est pratiquement à préconiser pour tous les cultes télévisés. Le fait de n’avoir aucun déplacement liturgique, pour ce format, c’est aussi beaucoup plus lisible. On garde un point focus, on reste concentré. Un témoignage de jeune converti, si on ne peut pas le généraliser (il faudrait déjà en avoir pour le faire !) est audacieux, notamment sous cet angle-là : dans sa vie quotidienne, à bidouiller sur l’ordinateur. Le fait de le laisser dire les choses, avec ses mots, sans filtre, rend son témoignage proche et intelligible. Extraits : « J’étais perdu comme tous les jeunes de mon âge ; ce week-end Hillsong pour jeunes, c’était un concert, vraiment cool ». Ce langage accessible doit nous interpeller, nous, vieilles Eglises.

Une vieille ficelle

La grande surprise, pour moi, ça a été la valorisation, via le témoignage du jeune (c’est très astucieux, bravo !) « perdu mais geek mais cool » de l’appel à la conversion. Je pense directement aux bancs de repentance de l’Armée du Salut, à la convention pentecôtiste à laquelle j’ai un jour assisté il y a 15 ans, bref, je suis rassurée de voir que les pentecôtistes ont aussi leurs vieux leviers rituels et liturgiques auxquels ils tiennent.

Un message qui se veut puissant

La femme-pasteure/femme de pasteur est elle aussi une professionnelle du « semi-free speech ». Debout, à l’aise, elle regarde bien l’assemblée et ne s’aide pas de notes pour parler. Hillsong veut se profiler comme une Eglise complémentariste où les couples pastoraux exercent leurs dons ensemble. Le leader, c’est l’homme mais il n’est rien sans sa femme. Un jour j’étais à un culte Hillsong-Paris et le pasteur a même précisé qu’il aimait grave sa femme et qu’il la trouvait canon ! J’avoue qu’en tant que femme de pasteur luthéro-réformé, j’ai été un peu jalouse. Chez nous, ça ne risque pas d’arriver. Bon, en même temps, ça fait presque 70 ans qu’on a des femmes pasteures. De plus en plus, d’ailleurs.

Revenons au message. Bien qu’à l’aise, l’oratrice parle de façon un peu pincé, un peu tendue. Elle annonce d’ailleurs dès le départ que son message va être fort. Dans ma tradition, on appelle ça de l’orgueil mais je veux bien croire que c’est une question de lunette ecclésiale. Je crois que chez eux c’est juste une constatation : on lit la Bible, on prêche dessus, ça va être fort. Pourquoi pas. Là où je tique, c’est quand elle utilise le témoignage d’une tierce personne pour faire sa démonstration. Déjà, les sujets de prière mis en public, c’est déconcertant pour moi mais j’en vois l’avantage. Là, je pense qu’il vaut mieux rester sur ce que ce passage de la Bible signifie dans MA vie, ce qu’il éclaire, ce qu’il remue, ce qu’il déplace. Trop de témoignages tue le témoignage.

Un catéchisme caché

Chez nous (les vieilles Eglises qui ont des orgues etc), on fait le catéchisme. Cette formule évolue et on est loin du temps de Luther où les jeunes devaient pouvoir répondre à n’importe quelle question pointue du catéchisme. Exemple : « Quel est le Sacrement de l’autel? Il est le vrai corps et le sang de notre Seigneur Jésus-Christ, sous le pain et le vin, pour nous chrétiens, à manger et à boire, institué par le Christ lui-même. » Maintenant, en Suisse, on propose des catéchismes-péniche, en France on mutualise les forces et on fait même des mannequin-challenge. Bref, ça m’a bien surpris que la pasteure fasse répéter des paroles de repentance à l’assemblée. J’ai eu le sentiment d’un retour au catéchisme de Luther saupoudré d’une bande-son émotionnelle. Si ça se trouve, Luther aurait kifé ! (Je parle jeune moi aussi).

Blague à part, ce qui ne va vraiment plus pour moi, c’est quand, à la fin de ce moment, disons, fidèle à la tradition luthérienne, la pasteur s’exclame : « Waouh super ! Amen. » Les pasteurs n’ont pas à valider les élans de foi des fidèles car cela les pose dans un posture de coach, au mieux, de censeur, au pire. Un pasteur exhorte, enseigne, prie avec ses fidèles et se repent tout comme eux car il est autant pécheur et gracié qu’eux. C’est important qu’on en rediscute, théologiquement, de ce point, je pense.

Une belle emphase sur la prière

Ce qui m’a le plus séduit, dans ce culte, c’est le temps de prière à la fin. On peut dire que chez Hillsong, ils aiment prier et ça se sent. D’abord, ils pensent à remercier pasteure Karine (j’apprécie qu’ils l’appellent pasteure, d’ailleurs). Puis ils demandent qu’on garde une partie de leur équipe dans leur prière, ils s’en vont dans l’Océan Indien. C’est aussi ça, Hillsong : des équipes pros d’évangélisation, une grosse capacité à lever des fonds en cas de catastrophes, un fort esprit de service. Concernant la prière finale, celle qui demande la grâce (j’imagine que c’est la bénédiction), j’ai apprécié le décalage entre cette demande et le fait de brandir une Bible à 1,50€. Hillsong, sa force, c’est de créer des décalages qui parlent à celles et ceux qui ne comprennent rien à nos vieux mots et nos vieux rituels. Les observer, c’est apprendre.

Je termine en disant que je suis vraiment contente qu’Hillsong soit dans la Fédération Protestante de France. Une jeune Eglise, sûre d’elle, qui maîtrise les outils de communication, qui sait jouer sur plusieurs registres de langage sans rien renier de ses traditions et qui fait confiance aux jeunes, ça ne peut être qu’une belle source d’inspiration pour nous. Ou mieux, si jamais Hillsong venait à considérer que nos Eglises, malgré nos vieux rituels et nos pasteurs plus friands de théologie que de bancs de repentance, ont réussi à s’adapter à 500 ans d’histoire… ce sera éventuellement le temps d’un beau Réveil, l’alliance rêvée de l’orgue et de la batterie, du banc et de l’éclairage soigné, du stand-up et des processions d’entrée, des jeunes et des vieux, des prières sur vidéo-projecteur et des prédications en chaire.

Ah non, pardon, ça c’est le Royaume. Merci à la FPF de le faire avancer.

Joan Charras-Sancho, née en 1980, a soutenu, en septembre 2015, sa thèse de doctorat sous la direction de la professeure Elisabeth Parmentier : « Pratiques liturgiques d’Eglises luthériennes et réformées en France et analyses théologiques de ces pratiques ». Chercheuse-associée à l’Université de Strasbourg et à l’Institut Léman de Théologie Pratique, elle est aussi membre de la Société Internationale de Théologie Pratique et du comité de rédaction de Vie&Liturgie. Membre de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine, elle participe activement au service de la Dynamique Culte au sein duquel elle organise des formations ponctuelles et met en place des projets innovants, comme une Expo-Culte.

 

BILLET D’HUMEUR JOYEUSE ET CONFIANTE

Ce dimanche 25 juin 2017 à 10h, l’émission dominicale « Présence Protestante » nous conduisait à la découverte d’un culte de l’Église Hillsong Paris, condensé en moins de 30 min (coup de chapeau d’ailleurs à la production et réalisation et en particulier à Marie Orcel et Christophe Zimmerlin). Le Théâtre Bobino devient en effet Temple protestant chaque dimanche pour de longues heures puisque plusieurs cultes y sont célébrés par cette Église.

Présence Protestante propose, en plus de documentaires et émissions de plateau, une fois par mois, un culte, en direct ou différé, correspondant à la diversité d’expression et d’ecclésiologie de la Fédération Protestante de France. Déjà le mois dernier, le service proposé se déroulait à Toulouse dans une expression fédérative mélangeant avec intelligence les formes et les genres. Mais avec ce culte de cette communauté typique d’une expression contemporaine évangélique très en vogue actuellement, le curseur a sans doute été poussé un peu plus loin… et cela éveille en moi un sentiment de joie et de confiance en l’avenir.

Si le protestantisme est connu pour sa diversité, nous tombons hélas souvent dans la caricature facile mettant d’un côté les historiques et de l’autre les modernes, les évangéliques venant s’opposer à une tradition luthéro-réformée… au sein de chaque tradition d’autres oppositions… libéralisme face à une certaine orthodoxie, charismatiques vs évangéliques plus « classiques »… et arrêtons-nous là car sinon la déclinaison pourrait être longue. Caricatures donc mais hélas aussi parfois véritables disputes devenant luttes intestines avec une violence verbale ou scripturale désastreuse. Mais ce matin et malgré tout ça, je suis dans la joie et confiant…

Je me souviens d’un slogan utilisé lors d’un rassemblement des Protestants de l’Ouest de la France, il y a une quinzaine d’années à La Rochelle : « Notre diversité est notre richesse ! » Ce matin, elle éclatait une fois de plus sur les écrans de ma télévision et j’étais heureux et confiant…

Ô oui, il y a encore du chemin à faire… et j’imagine bien les réactions épidermiques de certains en visionnant cette demi-heure, appuyant leurs réactions sur tels ou tels autres aspects que je ne voudrai volontairement préciser là… attitudes finalement similaires aux semblables réactions d’autres quand le culte nous invite à entrer dans un temple où la forme et le fond sont fondamentalement différents. Personnellement et de par mes fonctions et divers engagements, j’ai appris à prendre plaisir de l’état où je me trouve… enfin surtout des moments partagés dans telle ou telle autre communauté, à aimer échanger avec des collègues de traditions très différentes… et tout ça même bien au-delà du seul protestantisme (!). Alors oui, bien évidemment, je me sens plus à l’aise ici que là, plus en adéquation théologique avec cette approche qu’avec l’autre, mais en même temps c’est souvent de ceux dont je suis le plus éloigné (en apparence) que j’apprend le plus et élargis alors l’espace de ma tente (Rassurez-vous mes piquets sont bien plantés). Comme le rappelle justement les parole de Jésus-Christ, en ouverture du verset de l’Évangile du Jour (Matthieu 10.26) et dans sa traduction tirée de Parole de Vie : « N’ayez pas peur des gens ! ». Oui la peur nous éloigne, nous fige, nous fait perdre la joie et nous ronge notre espérance… Et moi, précisément ce matin, à l’inverse, je veux choisir la joie et la confiance !