Alors que débutait vendredi dernier la cinquième édition de CanneSéries, Canal + Série lançait la diffusion de la mini-série finlandaise à suspense de 8 épisodes de 30’ Mister 8 (et disponible en intégralité sur myCANAL), de Teemu Nikki et Jani Poso, qui était gagnante l’année passée du prix de la meilleure série longue et de la meilleure performance pour Pekka Strang, alias Juho, le huitième homme. Une pépite délicieuse façon thriller en noir et blanc, extrêmement audacieuse, avec une intrigue de comédie loufoque et excentrique autour de la polyandrie, c’est-à-dire la polygamie au féminin.

La vie est belle pour Maria. Elle est PDG de l’entreprise familiale et elle a bien assez d’amour dans sa vie. Pas étonnant puisque Maria a sept conjoints ; un homme différent pour chaque jour de la semaine. Mais son organisation bien rôdée s’effondre quand Maria tombe amoureuse de Juho, qui vient d’emménager en ville. Malheureusement, il n’y a pas huit jours dans la semaine. 

Avec Mister 8, soyez prêt à être déstabilisé. C’est sans doute une romance d’aujourd’hui qu’aurait pu chanter Fugain, mais aussi fantaisiste et atypique dans un environnement caustique où « un homme et une femme » se transforment en « une femme et de multiples hommes ». Les hommes y sont ici les marionnettes d’une Krista Kosonen alias Maria, tout bonnement lumineuse. Maria est une obsédée du contrôle, qui veut avoir le compagnon le plus parfait. Elle finit par créer un « monstre de Frankenstein », qui a les meilleures parties de sept hommes différents. Elle a peur de l’amour, même si elle aimerait recevoir plus d’amour de son père.

En plus de sa narration surprenante pleine de situations improbables, Mister 8 assure dans tous les domaines. La performance de chaque membre du casting est de premier ordre, Strang et Kosonen étant clairement les points forts. Le montage de Kerttu Jaatinen, Nikki et Vilja Harjamäki est excellent et présente notamment une technique inédite consistant à réaliser une scène de sexe sans montrer la moindre nudité ou l’acte en lui-même mais tout en conservant l’érotisme du processus. La photo léchée à souhait et la bande son aux contours électro apportent une touche d’élégance à cette histoire au charme nordique assez indéfinissable.

Alors, avant qu’elle ne soit adaptée par un studio ou une plateforme de streaming nord-américaine, comme c’est souvent aujourd’hui le cas avec de si belles propositions, assurez-vous de la voir dans sa forme originale qui restera forcément bien supérieure !