Avec Le rôle de ma vie, l’acteur américain Zach Braff s’associe à son frère Adam pour écrire puis réaliser et jouer l’histoire d’un trentenaire conduit par la force des évènements à prendre sa vie en main autrement.

Dans la catégorie « Feel-Good movies », le rôle de ma vie se classe vraiment très haut car pu…naise (attention au bocal aux gros mots qui tient toute sa place dans le film), on en sort vraiment bien ! Pourtant le scénario, à la base, n’est pas franchement super facile :

Aidan (incarné par Zach Braff) a bientôt quarante ans, il vit avec femme (Kate Hudson) et enfants. Sa carrière d’acteur et son compte bancaire sont à zéro, son frère est ingérable, il se débat avec sa religion (le judaïsme) et son père va mourir. En gros Aidan n’a plus le choix : il doit affronter ses responsabilités et devenir, enfin, un homme. C’est en fait une quête identitaire qui se joue dans cette histoire avec en arrière plan les relations père-fils et la place de la religion ou parfois plus largement de la spiritualité.

Avoir des rêves que l’on veut à tout prix réaliser, et en particulier quand ils touchent à la vie d’artiste et quand ils sont directement impactés par des blessures relationnelles, conduit souvent à l’incompréhension de l’entourage. Cela peut aboutir à se retrouver soi-même dans la marge… et à devoir faire des choix à un moment donné de l’existence. Ce moment pour Zach, il le situe à la fin de la trentaine, instant stratégique où pour lui peuvent aussi se manifester des questions importantes touchant à la spiritualité, à ce qui donne sens à la vie, à ce que je crois. Cette quête identitaire, Braff choisi de l’aborder avec beaucoup de justesse et de sensibilité. On pourrait parler là de véritable poésie ambiante qui devient plus concrète encore à diverses occasions de l’histoire où plusieurs textes poétiques sont déclamés.

Si l’émotion est au rendez-vous, elle vient tantôt dans le sourire ou le rire, tantôt  dans la tendresse, la réflexion, voire les larmes. Il y avait bien sûr, comme toujours avec de tels films, un risque majeur de tomber dans la guimauve, le pathos… mais Zach Braff l’évite adroitement selon moi (même si cet avis ne sera pas partagé forcément par tous). Il soigne l’esthétique, la photo, le jeu des acteurs et la bande son (Bon Iver, The Shins, Paul Simon…) et fait de son dernier long métrage un charmant film qui vous laisse un très bon arrière goût !