Vendredi, coup de vent très fort sur la côte d’Azur, avait-on annoncé à la météo. C’était vrai aussi dans la programmation avec le nouveau film du grec Yórgos Lánthimos qui allait décoiffer les festivaliers.

À Cannes, il faut le reconnaître, on réfléchit beaucoup, on est souvent très social -il ne faut pas se fier aux apparences des paillettes et peoples- alors quand un film sort des sentiers battus, cela fait aussi du bien. C’est le Homard (The Lobster), qui finalement restera au simple stade du verbal, qui a fait hurlé de rire la Croisette par une folie assez incroyable et l’audace de proposer une histoire totalement invraisemblable, avec un humour très froid et des situations totalement ubuesques.
Alors oui… On ne comprend pas forcément tout, comme avait prévenu Thierry Frémaux d’ailleurs, ou alors il faut aller chercher le second, troisième (ou plus encore) degré. 

The Lobster est une sorte d’OVNI cinématographique majestueusement joué par un Colin Farrell loin d’être à son avantage physiquement, et rejoint par une délicieuse Rachel Weizs. C’est un film qui ne laisse forcément pas indifférent. On adore ou on déteste. C’est d’ailleurs à l’image même du scénario. Yórgos dépeint une société sous la dictature du couple, marquée par la tyrannie de la mise en case et de la déshumanisation des sentiments. Il n’y a pas de demi-mesure, pas de tièdeur… Tu es hétéro ou homo. Pas bi, la case n’existe plus… pour reprendre un savoureux extrait d’un dialogue qui signe le premier éclat de rire du public. 
 
Alors, à mon humble avis, ce ne sera sans doute pas un film primé « Jury œcuménique » mais je lui pressens une belle surprise en fin de festival, surtout en pensant aux frères Coen qui ne devraient pas détester. Et puis, la folie peut aussi être utile et porteuse de réflexion, d’échanges… et je serais bien curieux de l’utiliser dans quelques temps pour initier un débat sur des questions de société qui sont là au cœur du scénario.