Si la série d’Oprah Winfrey, Greenleaf, avait fort bien commencé en 2016 et avait d’ailleurs été encensée pendant les deux premières saisons, les deux suivantes avaient plutôt mal été reçues par la critique en raison notamment d’une complexification du scénario qui faisait sans doute perdre le fil initial. Cette ultime saison 5 était donc attendue au tournant… il était bien difficile de prédire si elle allait pouvoir retrouver son excellence passée et se terminer sur une note glorieuse. « Par miracle »…, non seulement la saison s’est achevée avec succès, mais elle a aussi laissé derrière elle des éléments fort intéressants.

> Ma critique passée de la série à retrouver ici

L’introduction de Harvest & Hope Ministries (Espoir & Harmonie) et de la saga Skanks semblait avoir sonné le glas de la série. Pourtant cette saison 5 de Greenleaf est finalement retombée brillamment sur ses pattes, s’est replongée dans ses racines et a su couper toute histoire non essentielle pour se concentrer sur le cœur de son propos.  La dernière saison équilibre ainsi efficacement son mélodrame, pour retrouver pleinement cette riche famille noire pastorale avec des vies crédibles, une profonde spiritualité et des défauts éclatants et éclaboussants tout sur son passage – Greenleaf a bouclé la boucle, terminant là où elle avait commencé son voyage. D’un point de vue technique, le choix judicieux de réduire la saison à 8 épisodes de 40 minutes amplifie cette sensation d’efficacité.

Mais c’est surtout au plus profond de ce qui sous-tend le scénario de ces épisodes qu’il faut regarder. Car c’est bel et bien la restauration et le pardon qui l’emportent ici (sans divulgacher quoi que ce soit), et de façon non trop simplistes, mettant en avant la puissance de la grâce de Dieu et pas les erreurs du passé qui pourraient, à priori, nous enfermer dans des ténèbres éternelles.  Ce qui restera sans doute le passage le plus puissant de cette saison, en laissant, qui plus est, un impact durable est le sermon émouvant et particulièrement puissant de Lady Mae (Lynn Whitfield) qui encourage la communauté à se concentrer sur « non pas ce que cette Église a toujours été, mais sur ce qu’elle n’a jamais été encore »et implore Dieu de faire quelque chose de « nouveau » en tous ceux qui sont près à l’accueillir. Une performance exceptionnelle avec une passion palpable pour un moment d’intense émotion pour tous ceux qui ont suivi de bout en bout les divines envolés et les sombres turpitudes de la famille Greenleaf, incroyablement attachante et tout autant détestable à la fois.

Dès le début, c’est la représentation du personnage par Grace Greenleaf (la fille de Mae) et Merle Dandridge qui a été le liant de la série. Et dans la dernière saison, c’est elle qui est de nouveau occupée à résoudre des problèmes, à s’occuper de nœuds compliqués et, comme le dit avec émotion sa mère, « à semer la discorde dans les champs de ma paix ». « J’en avais besoin » ajoutera-t-elle. L’histoire a commencé avec elle dès le tout commencement et se conclut presque de la même façon… Son travail est enfin terminé et elle a trouvé une direction dans sa vie, où de nombreuses opportunités l’attendent maintenant.

Cette saison 5 de Greenleaf (et en particulier les derniers épisodes), est sans doute la meilleure que la série n’ait jamais présentée. Étant donné les arcs de l’intrigue, beaucoup redoutaient que la finale ne tombe dans la promesse facile d’avenir idyllique ou à l’inverse ne prenne un tournant déplacé. Mais comme je l’ai déjà mentionné, la série revient à la base. Et cette saison, permet de replacer adroitement le révérend James (Keith David), de fournir une vraie fin, d’assoir la paix comme ultime gage de la foi, et de proposer l’espérance non pas seulement aux héros de la saga mais à chaque spectateur.

La fin de la série est digne et belle, elle a effectivement surmonté tous les défauts qu’elle avait et a pu ancrer un peu plus la profonde sympathie que nous pouvions avoir pour ses personnages. Tout ce que nous pouvons faire maintenant, c’est lui dire adieu et sourire en silence au souvenir de la première fois où nous nous sommes assis pour regarder… GREENLEAF ! Ah si encore, aussi nous rappeler, peut-être quand même, que si toute ressemblance avec un nom de produit, d’organisation ou de personnes existant ou ayant existé ne serait ici évidemment en aucun cas fortuite, il n’est pour autant pas nécessaire de chercher à la reproduire encore et encore… l’Église, la vie chrétienne, et l’engagement communautaire peuvent se vivre plus simplement et autrement… mais derrière tout ça et malgré tout ça… Dieu est bon… en tout temps !