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Cinéma : les films à ne pas manquer en octobre

The place, Billie, Drunk, Michel-Ange… Toute l’actualité ciné avec Jean-Luc Gadreau, journaliste et blogueur.

 

SISTER SOUL

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Sister Saul de JL Gadreau

NOUVEAU ! « Je confine en paraboles »

Chaque jour à 7h45 , pendant ce temps de confinement, je vous propose ma minute-vidéo « Je confine en parabole »… histoire de bien démarrer la journée.
Que celui qui a des oreilles…

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La chanson de Martin… pour joindre l’utile à l’agréable !

En cette fin d’année malmenée de diverses manières, la sortie de La chanson de Martin – Martin’s song, un livre audio original, pertinent et utile, mérite amplement quelques lignes de ma part. Surtout quand le héros, en filigrane de l’histoire, n’est autre que le pasteur Martin Luther King.

La chanson de Martin – Martin’s song est un livre audio de Jane Méry et Sylvain Robin. Une fiction sonore et musicale qui fait profondément sens, notamment quand les questions de racisme et de fanatisme jaillissent de tous côtés. Un récit qui se construit progressivement autour de l’histoire de Martin Luther King et des Black Protest Songs.

Rose a 10 ans. Elle revient de vacances à New York avec ses parents et son petit frère. Pendant le vol, elle se retrouve comme par enchantement en plein champ de tournesols. Là, elle fait la rencontre de Woody. Le musicien a sa guitare et lui chante une ballade en anglais, Martin’s song. Ce morceau, dans la tradition des chants protestataires, raconte l’histoire d’un enfant noir, né dans une Amérique profondément raciste. L’avion descend sur Paris et Woody disparaît. Rose ne pense plus qu’à lui et à l’histoire de Martin…

Si La Chanson de Martin est proposée comme accessible à partir de 8 ans, il faut tout de même ajouter que c’est une histoire qui s’écoute facilement à tout âge. Mais il est vrai que cette période entre 8 et 12 ans est particulièrement propice pour accueillir l’histoire racontée et la façon de la proposer. Une attention toute pédagogique accompagne, en effet, le projet, offrant à la fois une leçon d’histoire, un cours de civisme, mais aussi un bel apprentissage de l’anglais.

Les éditions Trois Petits Points, une petite maison de littérature sonore née à Berlin et Toulouse il y a cinq ans et devenue lyonnaise en 2019, réalise, produit et édite des livres audio, en suivant une ligne à la fois exigeante, distrayante, inclusive et engagée pour des enfants curieux, plein d’imagination et d’esprit critique et naturellement musiciens. À ce jour, leur catalogue comprend 14 titres de genres littéraires et styles musicaux très variés : fictions sonores (dont une BD sonore), contes en musique, opéras-rock, périples musicaux… Derrière ces collections se cachent par exemple des contes africains détournés et féministes, une comédie musicale écologique à l’accordéon, une performance électro-philosophique, des histoires de mots au violoncelle ou encore des aventures de chiens des rues…

Avec La chanson de Martin, c’est un grand voyage folk-bluegrass (banjo, guitare et contrebasse) et bilingue dans l’histoire des États-Unis et de la lutte antiraciste qui nous est proposé, en jouant habilement sur une ligne géo-temporelle qui va du Paris d’aujourd’hui au New-York ségrégationniste des années 1930. Passionnée de musique folk, Jane Méry, l’auteure du récit, a étudié l’histoire de la civilisation américaine. Elle a beaucoup voyagé aux États-Unis, avant de s’installer à Paris où elle est devenue journaliste et maman de deux enfants. Avec ce projet, c’est son désir de transmettre des valeurs humanistes et solidaires qui transparait. Autour d’elle, toute une équipe de professionnels – comédiens, musiciens, techniciens – s’est mise en place pour donner finalement un produit de grande qualité où tous les détails ont été soigneusement travaillés.

La Chanson de Martin – Martin’s song, (tiens, pourquoi pas comme cadeau de Noël tellement parfait… éducatif et divertissant) peut être commandé dès à présent (et jusqu’au 24 octobre) en prévente sur la plateforme de financement collaboratif Kiss Kiss Bank Bank, puis ensuite directement auprès des Éditions Trois Petits Points et des points de vente spécialisés.

 

 

Greenleaf… et plus encore à la fin « Dieu est bon ! »

Si la série d’Oprah Winfrey, Greenleaf, avait fort bien commencé en 2016 et avait d’ailleurs été encensée pendant les deux premières saisons, les deux suivantes avaient plutôt mal été reçues par la critique en raison notamment d’une complexification du scénario qui faisait sans doute perdre le fil initial. Cette ultime saison 5 était donc attendue au tournant… il était bien difficile de prédire si elle allait pouvoir retrouver son excellence passée et se terminer sur une note glorieuse. « Par miracle »…, non seulement la saison s’est achevée avec succès, mais elle a aussi laissé derrière elle des éléments fort intéressants.

> Ma critique passée de la série à retrouver ici

L’introduction de Harvest & Hope Ministries (Espoir & Harmonie) et de la saga Skanks semblait avoir sonné le glas de la série. Pourtant cette saison 5 de Greenleaf est finalement retombée brillamment sur ses pattes, s’est replongée dans ses racines et a su couper toute histoire non essentielle pour se concentrer sur le cœur de son propos.  La dernière saison équilibre ainsi efficacement son mélodrame, pour retrouver pleinement cette riche famille noire pastorale avec des vies crédibles, une profonde spiritualité et des défauts éclatants et éclaboussants tout sur son passage – Greenleaf a bouclé la boucle, terminant là où elle avait commencé son voyage. D’un point de vue technique, le choix judicieux de réduire la saison à 8 épisodes de 40 minutes amplifie cette sensation d’efficacité.

Mais c’est surtout au plus profond de ce qui sous-tend le scénario de ces épisodes qu’il faut regarder. Car c’est bel et bien la restauration et le pardon qui l’emportent ici (sans divulgacher quoi que ce soit), et de façon non trop simplistes, mettant en avant la puissance de la grâce de Dieu et pas les erreurs du passé qui pourraient, à priori, nous enfermer dans des ténèbres éternelles.  Ce qui restera sans doute le passage le plus puissant de cette saison, en laissant, qui plus est, un impact durable est le sermon émouvant et particulièrement puissant de Lady Mae (Lynn Whitfield) qui encourage la communauté à se concentrer sur « non pas ce que cette Église a toujours été, mais sur ce qu’elle n’a jamais été encore »et implore Dieu de faire quelque chose de « nouveau » en tous ceux qui sont près à l’accueillir. Une performance exceptionnelle avec une passion palpable pour un moment d’intense émotion pour tous ceux qui ont suivi de bout en bout les divines envolés et les sombres turpitudes de la famille Greenleaf, incroyablement attachante et tout autant détestable à la fois.

Dès le début, c’est la représentation du personnage par Grace Greenleaf (la fille de Mae) et Merle Dandridge qui a été le liant de la série. Et dans la dernière saison, c’est elle qui est de nouveau occupée à résoudre des problèmes, à s’occuper de nœuds compliqués et, comme le dit avec émotion sa mère, « à semer la discorde dans les champs de ma paix ». « J’en avais besoin » ajoutera-t-elle. L’histoire a commencé avec elle dès le tout commencement et se conclut presque de la même façon… Son travail est enfin terminé et elle a trouvé une direction dans sa vie, où de nombreuses opportunités l’attendent maintenant.

Cette saison 5 de Greenleaf (et en particulier les derniers épisodes), est sans doute la meilleure que la série n’ait jamais présentée. Étant donné les arcs de l’intrigue, beaucoup redoutaient que la finale ne tombe dans la promesse facile d’avenir idyllique ou à l’inverse ne prenne un tournant déplacé. Mais comme je l’ai déjà mentionné, la série revient à la base. Et cette saison, permet de replacer adroitement le révérend James (Keith David), de fournir une vraie fin, d’assoir la paix comme ultime gage de la foi, et de proposer l’espérance non pas seulement aux héros de la saga mais à chaque spectateur.

La fin de la série est digne et belle, elle a effectivement surmonté tous les défauts qu’elle avait et a pu ancrer un peu plus la profonde sympathie que nous pouvions avoir pour ses personnages. Tout ce que nous pouvons faire maintenant, c’est lui dire adieu et sourire en silence au souvenir de la première fois où nous nous sommes assis pour regarder… GREENLEAF ! Ah si encore, aussi nous rappeler, peut-être quand même, que si toute ressemblance avec un nom de produit, d’organisation ou de personnes existant ou ayant existé ne serait ici évidemment en aucun cas fortuite, il n’est pour autant pas nécessaire de chercher à la reproduire encore et encore… l’Église, la vie chrétienne, et l’engagement communautaire peuvent se vivre plus simplement et autrement… mais derrière tout ça et malgré tout ça… Dieu est bon… en tout temps !

 

Little fires everywhere… une série à en brûler passionnément !

Basée sur le roman à succès de Celeste Ng de 2017 traduit en français par La saison des feux, la mini-série en 8 épisodes d’environ 60 minutes chacun, Little Fires Everywhere, a été créé par la société de production Hello Sunshine, de Reese Witherspoon, qui a également été à l’origine du triomphe de Big Little Lies. Elle est actuellement, et depuis le 20 juillet, à voir sur Prime Video.

Witherspoon joue le rôle d’Elena Richardson, mère de quatre enfants et femme d’avocat dans la banlieue de Shaker Heights, Ohio. Elle travaille également à temps partiel au journal local – ses rêves de carrière dans un grand média ont été anéantis par la maternité – et gère une propriété familiale locative. C’est ainsi qu’elle rencontre Mia Warren (Kerry Washington), artiste, photographe d’art et Pearl (Lexi Underwood), sa fille adolescente. Mia et Pearl sont constamment en mouvement, migrent de ville en ville dans leur voiture accidentée, un style de vie que Mia attribue à sa pratique artistique et que Pearl, au tempérament égal et à l’intelligence précoce, tolère amèrement. Lorsqu’ils louent l’appartement d’Elena, une étincelle se produit – quelque chose dans le bohème intransigeant de Mia et Pearl résonne avec le désir submergé d’Elena de vivre une vie différente – et la bienfaitrice Elena offre impulsivement à Mia un travail d’intendante de la maison pour sa famille, ce qui signifie en fait très concrètement, faire la cuisine et le ménage. La très fière et cosmopolite Mia résiste, mais lorsque Pearl se lie d’amitié avec les enfants Richardson – et qu’elle est séduite par leur vie confortable et stable à Shaker Heights – Mia change d’avis et accepte le poste afin de pouvoir garder un œil sur sa fille.

Bon, mais en plus, au cœur de ce qui va se nouer en terme de scénario dans le rapport entre les deux familles viendra se construire une intrigue secondaire qui deviendra quasiment l’une des actions principales de l’histoire, impliquant une serveuse chinoise sans papiers (Huang Lu) dans le restaurant où Mia travaille la nuit, qui cherche le bébé qu’elle a laissé devant une caserne de pompiers alors qu’elle souffre de dépression post-partum. Oui, je sais… dis comme ça !…

Ancrée dans les années 90 et autour de ces personnages, Little Fires empile en fait une multitude de thèmes et d’idées en suivant les destins croisés de ces deux familles que tout oppose, entre petits mystères et grands secrets enfouis. C’est sans doute d’ailleurs le défaut relevés par ses détracteurs, mais c’est aussi un aspect particulièrement intéressant qui rend la trame narrative si croustillante. La série aborde des questions qui résonnent toujours de la même façon : le poids terrible des secrets (et notamment au sein de la famille), l’identité, la maternité et ses souffrances associées possibles, mais aussi les a priori raciaux, ceux liés aux diverses alternatives de sexualités possibles, et la question des classes sociales. C’est d’ailleurs sur ces trois derniers aspects que la série s’éloigne quelque peu de son roman maternel. C’est ainsi que Mia se bat par exemple contre l’assimilation volontaire de Pearl au clan Richardson, qui implique l’appropriation inconsciente de ses expériences et de son identité pour les besoins de ses nouveaux amis – essais universitaires, procédures médicales potentiellement honteuses…

LFE est aussi un vrai film de femmes. Les hommes sont d’ailleurs les vrais absents… car même ceux qui sont présents s’effacent invariablement devant les performances et les traits forts de ces multiples héroïnes.Des mères de famille bien évidemment (et pas juste les deux principales… le panel est bien plus riche), et des jeunes filles, des adolescentes, d’origines diverses, et qui partagent le point commun de chercher à tracer leur route, que ce soit dans la vie, dans l’amitié, dans leur sexualité, et face aux nombreuses attentes de leurs parents. Toute la série est construite sur des flashbacks qui nous permettent de mieux comprendre l’origine du drame familial qui se joue devant nous. Et derrière lui se cache un mystère à double sens. Elena finit par utiliser ses entrées de journaliste pour enquêter sur le passé trouble de Mia. Et, dans le même temps, le téléspectateur sait, dès le début du premier épisode, que quelqu’un va brûler la demeure d’Elena avant la fin de la saison, avec même une sérieuse option donnée sur l’incendiaire (mais… suspense !). Un programme qui bénéficie de l’excellent travail de Kerry Washington (tellement expressive et qui trouve parfaitement son rôle après celui qu’elle incarnait magnifiquement dans la série Scandal) et Lexi Underwood – les scènes entre Mia et Pearl, tant les tendres que les colériques, sont, sans aucun doute, les points forts du programme. Mention spéciale également à la jeune Megan Stott dans le rôle de la rebelle Izzy.

Finalement, c’est une histoire extrêmement bien construite et raisonnablement intrigante pour vous accrocher et vous donner de binge-watcher sans plus tarder ! Car tous ces petits feux se consument si vite qu’il ne faudrait surtout pas les laisser s’éteindre sans avoir pu les observer et chercher à les comprendre.

 

Aux racines de la musique populaire

Jusqu’au 22 juin, Arte rediffuse American Epic – Aux racines de la musique populaire, une véritable pépite de documentaire. Mêlant archives et témoignages rares, il raconte la fabuleuse épopée de la musique populaire (country, gospel, latino, rhythm’n’blues…) aux États-Unis, portée par l’essor de l’industrie du disque.

À l’origine, American Epic est un projet phénoménal porté par le réalisateur et producteur Bernard McMahon,  avec le soutien de plusieurs personnalités telles que le mythique producteur et musicien T-Bone Burnett, mais aussi Robert Redford ou le musicien Jack White. L’objectif étant de retracer l’histoire des origines de la musique populaire américaine, de la country au folk en passant par le gospel et le blues. Un travail colossal avec des archives filmées et sonores exceptionnelles, ainsi que des témoignages inédits étalés sur cinq épisodes d’une durée totale de trois heures trente, mais aussi 5 CD thématisés et un livret de 100 pages. Tout cela est à retrouver sur www.americanepic.com.

Arte ne propose pas la version intégrale mais une sorte de best of, très efficace, d’une heure et demie qui met sacrément en appétit ! Car c’est déjà là un vrai régal pour tout amateur de musique ou pour quiconque qui s’intéresse de près ou de loin à la culture contemporaine.

Façon road-movie musical, le spectateur se retrouve à sillonner les États-Unis à la rencontre des héritiers de ces pionniers et à la découverte d’incroyables artistes et leur musique. Ces héros sont la Carter Family, Jimmie Rodgers, Charley Patton, Robert Johnson, Lydia Mendoza…, quelques-uns parmi beaucoup d’autres. Et basta les couleurs qui séparent (et ce n’est pas peu dire !)… ce sont des musiciens blancs, noirs ou latinos dont on écoute encore les chansons aujourd’hui et qui sont considérés chacun dans leur genre comme des fondateurs (du blues, du gospel, de la country), les socles sur lesquels la musique populaire américaine du XXe siècle s’est érigée.

Un son brut, immortalisé dans une magistrale bande sonore, qui est aussi un voyage dans l’Amérique rurale des années 1920 et un peu 1930. On y prêche l’Évangile avec ferveur, on lave dans le même temps les cheveux noirs des latinos à l’essence, il y a des faits divers croustillants qui inspirent le blues… c’est l’histoire aussi du chemin de fer mais surtout celle de l’industrie du disque et de la radio. C’est ainsi que Ralph Peer, producteur de Victor Talking Machine Company, devient un dénicheur de talents qui aime enregistrer la musique des travailleurs et du peuple. Il avait, paraît-il, « l’art de se trouver là où tombe la foudre ». 

Et pour prolonger ce si bon moment, comment ne pas vous recommander de passer par YouTube et de profiter d’American Epic Sessions, qui est, en quelques sortes, l’aboutissement du projet où le réalisateur invite et filme en studio vingt artistes contemporains qui rendent hommage à ces pionniers du microsillon américain. On y retrouve, entre autre : Nas, Alabama Shakes, Elton John, Willie Nelson, Merle Haggard, Jack White, Taj Mahal, Ana Gabriel, Pokey LaFarge, Beck, Ashley Monroe et Steve Martin.

Alors voilà… le 22 juin les salles de cinéma vont ré-ouvrir… mais avant un documentaire de cet acabit, please… ça ne se manque pas !

Pour les passionnés, on peut regarde l’ensemble des épisodes en VO anglaise sur plusieurs plateformes internet : Sur iTunes, Amazon ou Google Play.
Et si vous ratez la date du 22/06… dernière solution. Le film best-of dont je viens de vous parler, dans sa version française, est aussi sur YouTube ici.

Bernard MacMahon au travail dans l’Église The Triumph

Distanciation

Un texte, ça s’écrit… ça se lit… mais ça se dit, ça s’écoute et parfois même ça se regarde. Chaque manière de l’aborder permet, sans doute, de le découvrir différemment, d’être marqué, touché, bougé, autrement…

C’est dans cette perspective que je vous propose un nouveau slam dans cette période COVID-19. Après LES MAINS, un autre texte qui m’a frappé de plein fouet… celui d’un ami, pasteur et auteur, Frédéric Baudin.

DISTANCIATION… Un extrait de son prochain livre, « Variations sur le mot Sion », à paraître prochainement aux éditions CEM (automne 2020). Comme l’auteur l’explique dans son Introduction : « …mi-prose mi poésie, cette dissertation n’a d’autre ambition, sans exclure l’apologie, que jouer sur le mot Sion et ses variations, avec ou sans rimes, en prenant le vent, en suivant son rythme et ses fluctuations… »

Avec son accord et ses encouragements, j’ai pu l’adapter à ma sensibilité, mon expression, ma créativité, pour vous le partager… autrement.