Réflexion théologique… vers les étoiles

Le titre du nouveau film de James Gray, « Ad Astra », est tiré d’une locution latine « Sic itur ad astra » signifiant « C’est ainsi que l’on s’élève vers les étoiles ». L’idéal finalement pour n’importe quelle histoire de science-fiction ou plus précisément d’odyssée spatiale… mais ici, ce sens prend une orientation encore plus particulièrement appropriée et savoureuse avec cet excellent film parabolique qui est, de surcroit, l’un des plus intéressants de l’année d’un point de vue théologique.

Si la gravité nous pousse littéralement toujours vers la Terre, les humains ont toujours visé les étoiles, insatiablement curieux de savoir ce qui (et qui) se trouve tout là-haut. Pour illustrer cette réalité, il y a quelques années, une compagnie hollandaise a fait paraître une annonce pour une mission à sens unique vers Mars. Ceux qui se sont inscrits devaient être prêts à abandonner leur famille, leurs amis et leurs animaux de compagnie. Ils devaient également accepter de passer 521 jours dans un véhicule spatial à l’étroit. Combien de personnes, selon vous, se sont inscrites ? Ce projet a reçu 78.000 candidatures…

Ad Astra s’intéresse à la façon dont cette orientation toute humaine crée des tensions : entre le haut et le bas, le lointain et le juste ici, l’attrait de l’exploration et la gratitude pour la maison Terre. James Gray s’était déjà penché sur cette tension dans son précédent film, Lost City of Z en 2017, mais avec Ad Astra, elle prend une dimension spirituelle bien plus manifeste. Depuis que l’homme, à Babel, a désiré la verticalité, il cherche à transcender les limites de la gravité et travailler un chemin vers la divinité. Et le film s’ouvre précisément sur une séquence fascinante qui se déroule, dans un « futur proche », sur une « antenne spatiale » Babel-esque qui s’étend de la surface de la Terre vers l’espace. L’image est frappante, mais surtout interpelle quand on voit la petite taille de l’homme (le personnage de Brad Pitt, Roy McBride) grimper dessus et en tomber, s’élançant vers la Terre depuis une hauteur ahurissante. La gravité gagne toujours ! C’est une ouverture appropriée, car Ad Astra est aussi une histoire de « lâcher prise ». Il s’agit autant d’un voyage vers l’intérieur que d’un voyage vers les étoiles. D’un point de vue poétique, les images extérieures de l’exploration spatiale peuvent être interprétées comme une métaphore du voyage spirituel interne de Roy McBride, à la recherche de la paix et d’une certaine compréhension de lui-même.

Cette scène d’introduction signale aussi, en y réfléchissant bien, la question profondément théologique du film : Pourquoi l’homme est-il si avide de quitter la belle planète qui lui a été donnée pour explorer l’infini et au-delà ? Aucune autre créature terrestre ne fait cela. Les animaux n’essaient pas de fuir leur planète. Seuls les humains ont ce besoin effronté de repousser les limites pour voir et expérimenter ce qui semble hors de portée. Le film reflète ainsi la célèbre phrase de Robert Browning explicitement citée d’ailleurs dans Lost City of Z : « Il faut vouloir saisir plus qu’on ne peut étreindre, – Sinon, pourquoi le Ciel ? »

Atteindre ce qui est au-delà de nos limites, braver l’interdit, entretenir une insatisfaction permanente… c’est en partie ce qui a défini l’humanité depuis le jardin d’Éden. D’après le texte biblique, la recherche du fruit défendu par Adam et Ève a ainsi conduit à la chute de l’humanité. Ils n’étaient pas satisfaits du monde qui leur avait été donné. Ils en voulaient plus. Il est alors intéressant de noter, pour l’anecdote, que le personnage de Brad Pitt est le mari séparé d’une femme qui se prénomme Ève (Liv Tyler), et le fils d’un père (Tommy Lee Jones) dont l’absence est une blessure béante.

Clifford McBride a quitté la maison lorsque son fils Roy n’avait que 16 ans. Il est allé dans les étoiles, devenant un héros de la NASA et le premier homme à visiter Saturne et Jupiter. Il n’a jamais regardé en arrière et a fini par disparaître. Ad Astra suit Roy alors qu’il cherche à localiser un signal de détresse provenant du navire que son père a commandé près de Neptune. Son père pourrait-il être encore en vie ? Pourraient-ils être réunis après toutes ces années ? Pour Roy, la recherche est chargée de tension émotionnelle (« Je ne sais pas si j’espère le trouver, ou finalement me libérer de lui ») parallèlement à celle spirituelle susmentionnée entre « ici-bas » et « en haut ».

Si la structure narrative du film est d’abord géographique – dans un voyage à travers le système solaire, de la Terre à Neptune, avec des arrêts entre les deux, chacun comportant son lot d’aventures –  la vraie trajectoire est émotionnelle, se situant au cœur de l’expérience humaine – trouver un sens à la vie et s’attaquer au fait d’être laissé pour compte. Cette dernière trajectoire passe visuellement de scènes d’action palpitantes (dont une mémorable poursuite et fusillade à la surface de la Lune) à la contemplation progressivement plus calme vers la fin. Le spectateur remarquera aussi comment la structure du film passe d’un environnement peuplé d’humains à celui de l’isolement, de sorte que plus Roy s’éloigne de la Terre, plus sa solitude rejaillit. Ce que l’homme gagne en émerveillement et en aventure, en voyageant plus loin, il le perd en humanité…

Il est intéressant de noter que les astronautes du film sont les personnages les plus religieux. Clifford, dans un message vidéo, affirme être « submergé de voir et de sentir de si près la présence de Dieu » quand il est dans l’espace. Il décrit sa mission comme « l’œuvre de Dieu ». D’autres astronautes dans le film sont priants, bénissant un camarade tombé au champ d’honneur avec ces mots « Puisses-tu rencontrer ton Rédempteur face à face et jouir de la vision de Dieu pour toujours. » Du point de vue de Roy, c’est la frustration et la blessure qui semblent plus fortes. Son père l’a quitté, lui et sa mère, parce qu’il était plus intéressé par « monter vers Dieu ». La Terre n’avait rien d’intéressant pour lui. Le ciel l’aurait appelé. Le Visage invisible était plus séduisant que les visages connus de son propre fils et de sa propre femme… Cette pseudo-religiosité n’est pas décrite ici de la meilleure des façons laissant comprendre le risque que certaines personnes soient si spirituelles qu’elles ne sont pas ou plus de bonnes personnes terrestres. Ce tragique défaut de Clifford et d’autres comme lui est qu’ils sont davantage dans une pulsion permanente « vers les étoiles », cherchant à dépasser le visible, que par un désir de « goûter et voir » (Ps 34.9) la bonté de Dieu qui s’exprime dans ce monde. N’est-ce pas finalement une critique globale d’un défaut tout humain… Combien de fois notre désir insatiable pour ce que nous n’avons pas nous amène-t-il à abandonner, à ignorer ou à déprécier les bons cadeaux que nous possédons ? Combien de fois nos yeux errants trahissent-ils notre capacité à voir ce que nous avons, à en être reconnaissants et à louer Dieu pour cela ? C’est ainsi souvent le point d’origine du péché : l’ingratitude, la curiosité ou l’envie plus que le contentement. L’agitation sur la fidélité. Le fait que Clifford croit que la Terre « n’a rien pour moi » révèle combien il vit la réalité de Romains 1.19-21 – ayant rejeté ce que l’on peut connaître de Dieu à travers ce qui est manifestement là, dans la création, il s’égare dans sa pensée, son cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Il est devenu aveugle à ce qu’il pourrait voir de Dieu juste devant lui.

James Gray nous rappelle que n’avons pas besoin d’aller tout en haut pour trouver la solution (et nous ne le pourrions pas). C’est Dieu qui est descendu pour nous sauver. Notre espérance n’est pas dans une mission de l’homme « vers les étoiles » pour rejoindre Dieu, mais dans la mission de Dieu « vers la terre » pour être avec l’homme. Quand nous levons les yeux vers les étoiles, émerveillés, notre question instinctive est souvent : « Y a-t-il quelqu’un d’autre au-delà de tout ça ? Sommes-nous seuls dans l’univers ? » Mais nous devrions plutôt et surtout réfléchir à la magnifique vérité que Dieu est venu jusqu’ici. Il est avec nous. Nous ne sommes, en effet, pas seuls dans l’univers. Et finalement, notre question ne devrait-elle pas plutôt ressembler à celle de David (Ps 8.4), qui regardait les étoiles et demandait : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? Qu’est-ce qu’un être humain pour que tu prennes soin de lui ? ».

 

The Family… la face sombre d’un pseudo-évangélisme conquérant

The Family, la nouvelle série documentaire en cinq épisodes de Jesse Moss, à voir sur Netflix depuis le 09 août dernier, présente une organisation religieuse obscure est surtout connue pour une certaine « incontinence morale ». Une enquête au cœur d’une organisation chrétienne conservatrice super secrète à Washington D.C. nommée The Fellowship Foundation, mais appelée en interne The Family. Selon Jeff Sharlet, l’auteur du livre publié en 2008 sur lequel se base la série, ses membres croient que « le vrai message du Christ n’est pas tant l’amour que la force ». Bien sûr, cela peut sembler quelque peu assez innocent au premier regard, enfin jusqu’à ce que tu réalises que l’organisation a beaucoup de pouvoir dans le monde entier, et qu’elle ne l’utilise pas vraiment forcément pour le meilleur…  

Réalisée par Jesse Moss (« The Overnighters ») et produite par Alex Gibney pour Jigsaw Films, la série est basée sur les enquêtes documentaires The Family et C Street écrites par Jeff Sharlet, professeur de journalisme au Dartmouth College et spécialiste en religion. Et bien que la réponse ne soit pas aussi tranchée qu’elle pourrait l’être, The Family est un examen profondément troublant d’une soi-disante théocratie exercée dans les coulisses de Washington D.C.

The Fellowship Foundation est un groupe très secret d’hommes chrétiens qui se réunissent pour des études bibliques et des réunions de prière ; elle est surtout connue pour servir d’organisateur du National Prayer Breakfast, un rassemblement annuel de diplomates et de dirigeants mondiaux à Washington D.C. Fondée en 1935 par un norvégien nommé Abraham Veride, The Fellowship Foundation est née de l’organisation d’une réunion de 19 chefs d’entreprise pour écraser les tentatives des travailleurs de se syndicaliser. Au cours des soixante quinze dernières années, elle est devenue ce que certains ont appelé une théocratie secrète, ou un mouvement clandestin d’hommes chrétiens éminents qui exercent leur influence non seulement aux États-Unis, mais aussi à l’étranger. Les membres de la fraternité opèrent sous un voile de secret, qui est là par dessein ; Douglas Coe, le chef de la fraternité, qui est décédé en 2017, croyait que le groupe pourrait mieux exercer son influence de cette façon. « Plus vous pouvez rendre votre organisation invisible, plus elle aura d’influence », dit-il précisément dans l’un des rares discours archivés disponibles. Coe est un personnage clé, non pas pour les grandes victoires politiques – l’influence directe qu’il a eue sur les présidents américains reste floue – mais pour la manière dont il a mené ses affaires. Il a rendu le Mouvement non hiérarchique, peu enclin à la publicité et donc quasi intouchable. Les membres du Congrès, soutiennent Moss et Sharlet, font secrètement pression en faveur d’une organisation invisible qui « se cache à la vue de tous » depuis huit décennies. Cette organisation, dit Sharlet dans une scène, est « l’expression la plus sombre de la pratique religieuse que j’aie pu voir en 20 ans » (Enfin, il m’est cependant personnellement difficile d’entendre cette citation et de ne pas malgré tout penser immédiatement à quelques autres concurrents potentiels…).

La principale façon dont The Fellowship Foundation maintient son influence, soutient la série, est par le biais du National Prayer Breakfast, auquel tous les présidents depuis Eisenhower ont assisté au cours des cinquante dernières années. Bien que beaucoup considèrent le petit-déjeuner de prière comme un « événement banal », selon Moss : « C’est vraiment une démonstration impressionnante d’influence et de pouvoir ».  Dans ses efforts pour consolider son pouvoir, La Famille a étendu ses tentacules à l’étranger. Un épisode de The Family se concentre ainsi, en grande partie, sur un voyage que le représentant Robert Aderholt, un politicien de droite lié au groupe, a fait en Roumanie pour faire campagne pour les droits anti-LGBTQ et défendre une certaine politique chrétienne. Des connexions avec des dirigeants mondiaux qui ont commis des atrocités dans leur pays d’origine, y compris le dictateur libyen Moammar Kadhafi, qui a déjà « prié » avec Coe, laissent songeur. « Face à tous ces dictateurs, ils ne disent rien du tout, dit Sharlet. Ils ne demandent pas de comptes. »

Pendant un peu plus de quatre heures, La Famille tente ainsi d’exposer une institution dont la monnaie la plus prisée a toujours été le secret, fouillant dans ses origines, ses liens avec certains des autocrates les plus méchants du monde, son amitié plus récente avec la Russie, et son enthousiasme pour Trump comme un « roi-loup » qui peut changer l’histoire. The Family dépeint notamment ce rapport particulier entre The Fellowship et le président Donald J. Trump, malgré ses valeurs éthiques et comportements résolument non-évangéliques, considérant ce dernier comme un élément crucial dans la quête d’une vraie domination mondiale, via une alliance mutuellement bénéfique où le pouvoir est l’objectif ultime. Derrière tout cela se profile sans doute une réponse possible à un terrible questionnement tout à fait fondamental de la présidence de Trump : Comment un homme si ouvertement dévoué à la banalité du mal peut-il encore conserver un large soutien parmi les chrétiens ? La Famille croit que les dirigeants gouvernent par droit divin, et que le pouvoir est en soi une preuve de la bénédiction de Dieu. Sharlet et Moss démontrent que La Famille a cultivé cette relation intime avec Donald Trump, afin d’aider les chrétiens à l’accepter comme le « récipient imparfait » de la volonté de Jésus. En accord avec leur admiration de longue date pour de nombreux dictateurs (y compris Hitler ou Mao – certains discours filmés de Douglas Coe font froid dans le dos… « Hitler, Staline, Mao, ce genre de loyauté absolue, c’est le but »), elle considère Trump comme une âme sœur qui comprend que certains sont prédestinés à dominer les autres, que chacun est un partenaire commercial potentiel et que l’éthique n’est pas un obstacle pour atteindre ses objectifs. « Si tu es choisi, peu importe ce que tu fais »… Le manque de transparence qui entoure le fonctionnement interne de La Famille, combiné à une administration marquée par « l’accommodement d’un leadership autoritaire », comme le dit Moss, soulève des questions extrêmement fortes sur l’intersection de la foi et du pouvoir. 

D’un point de vue « spirituel », Moss brosse ainsi un portrait fascinant d’une organisation qui semble uniquement motivée par le pouvoir. Leur approche à l’égard du christianisme, révèle Sharlet, est limitée – l’organisation n’a qu’un intérêt minimal pour la Bible et s’appuie sur une interprétation peu orthodoxe de Jésus tel un avatar musclé de la masculinité alpha, une sorte de Navy SEAL spirituel. Jésus, aux yeux de la communauté, n’est pas tant l’Agneau de Dieu qu’une licence pour étendre et projeter le pouvoir patriarcal. Dans leur théologie excentrique, le monde est dirigé par des « hommes clés » qui ont été choisis par Dieu pour régner sur nous tous, à l’imitation de Jésus, qu’ils voient donc comme un leader musclé intéressé uniquement par le pouvoir. Coe, quant à lui, utilise le truisme selon lequel Jésus s’est assis avec des pécheurs pour justifier la construction de relations douteuses avec des tyrans génocidaires comme Omar al-Bashir, le général Suharto et Mohamed Siad Barre.

Mais ce qui est presque le plus intéressant dans cette série documentaire, ce sont les éléments que Moss note mais qu’il n’approfondit finalement pas. C’est un groupe qui voit le privilège comme un potentiel, la blancheur comme pouvoir, la masculinité comme preuve de perspectives de leadership. Dans le premier épisode, Sharlet décrit comment Ivanwald (une « fraternité » de jeunes hommes qui vivent ensemble « au service de Jésus » en travaillant au service de politiciens, ou comme ils les appellent, « des hommes choisis par Dieu pour diriger ») avait également un bras équivalent pour les femmes, Potomac Point. Mais pendant que les jeunes hommes étaient préparés pour une autorité future, les femmes étaient « encadrées au service » et orientées vers des relations futures avec les membres d’Ivanwald. Sharlet raconte que lors d’une réunion, il se souvient qu’un « ami » aîné de La Famille a dit aux résidents d’Ivanwald qu’ils ne seraient pas jugés par le mouvement, même s’ils avaient violé trois petites filles. La Famille fait également allusion à la mesure dans laquelle la communauté identifie la blancheur comme une composante essentielle des agents choisis par Dieu. Comme l’ont soulignés plusieurs sur Twitter… on frôle le prequel de l’excellente mais terrible série de fiction La servante écarlate… et c’est franchement inquiétant !

Alors, on pourra malgré tout regretter une approche de Moss parfois un peu « tout much », surtout dans la forme, se gargarisant d’accessoires stylistiques typiques des exposés conspirationnistes. Et pourtant, au fur et à mesure que la série progresse, il n’est pas si clair d’arriver à discerner si The Fellowship est aussi puissante qu’elle le voudrait, ou si son aura de mystère est son atout le plus distinct. Le problème avec The Family c’est sans doute l’étalement du sujet : Il y a tellement d’informations ici, avec des ramifications d’une telle portée et d’une telle horreur, qu’il est difficile pour le spectateur d’en sortir les idées claires. Et, bien que le documentaire cherche clairement à accumuler suffisamment de preuves contre Trump pour semer le doute dans l’esprit de ses partisans, il n’aboutit jamais vraiment à un argument unique et percutant. Et puis, hélas, l’une des victimes collatérales de cette diffusion risque bien d’être, encore une fois, la foi chrétienne et les Églises évangéliques en particulier (bien que ce groupe n’en soit qu’une sombre émanation et que, on le voit dans le deuxième épisode notamment, de nombreux pasteurs se soient positionnés et aient même lutté contre). Elle reflète néanmoins une dérive fondamentaliste particulièrement visible aux USA mais aussi, encore hélas, dans un élargissement mondial plus important. Il y aura donc nécessairement, en prenant en compte l’impact d’une plateforme comme Netflix, des millions de spectateurs dont l’opinion sur les évangéliques sera dans doute déformée par ce film. 

Enfin pour conclure et pour votre information, l’organisation The Fellowship Foundation a publié une déclaration en réponse à la série documentaire de Netflix, que je ne commenterai pas… Dans la déclaration, il est dit : « Bien que la série documentaire de Netflix caractérise mal le travail de la communauté et tente de dépeindre les gens de foi sous un mauvais jour, nous sommes encouragés par la fréquence à laquelle les spectateurs sont présentés à la personne et aux principes de Jésus, qui sont au cœur de notre mission et de notre message. Peut-être comprendront-ils mieux l’intégrité et l’impact transformationnel de ce réseau informel pour encourager chacun, dans un esprit d’amitié et de réconciliation, à aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit et à aimer son prochain comme lui-même. »

 


Pour aller plus loin :

Défendez les droits des orphelins et de ceux qui manquent de tout, faites justice aux malheureux et à ceux qu’on écrase par l’injustice. Libérez les pauvres et ceux qui manquent de tout, arrachez-les aux mains des gens mauvais. Psaume 82:3-4 

Jésus prend la parole et il les enseigne en disant : « Ils sont heureux, ceux qui ont un cœur de pauvre, parce que le Royaume des cieux est à eux ! Ils sont heureux, ceux qui pleurent, parce que Dieu les consolera ! Ils sont heureux, ceux qui sont doux, parce qu’ils recevront la terre comme un don de Dieu ! Ils sont heureux, ceux qui ont faim et soif d’obéir à Dieu, parce qu’ils seront satisfaits ! Ils sont heureux, ceux qui sont bons pour les autres, parce que Dieu sera bon pour eux ! Ils sont heureux, ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu ! Ils sont heureux, ceux qui font la paix autour d’eux, parce que Dieu les appellera ses fils. Ils sont heureux, ceux qu’on fait souffrir parce qu’ils obéissent à Dieu. Oui, le Royaume des cieux est à eux ! Vous êtes heureux quand on vous insulte, quand on vous fait souffrir, quand on dit contre vous toutes sortes de mauvaises paroles et de mensonges à cause de moi. Soyez dans la joie, soyez heureux, parce que Dieu vous prépare une grande récompense ! En effet, c’est ainsi qu’on a fait souffrir les prophètes qui ont vécu avant vous. » Matthieu 5:2-12 

Que celui qui a des oreilles et des yeux…

L’Alliance biblique française innove en sortant les 4 Évangiles sous la forme d’un coffret de 4 DVDs. Un nouveau film Jésus, penserez-vous peut-être ? Non pas vraiment… Plutôt une offre transversale permettant d’abord d’écouter le texte biblique tout en l’accompagnant visuellement, soulignés et magnifiés par l’image.

Alors soyons clair, n’achetez pas ce coffret dans l’optique de voir un film cinéma. Ce n’est absolument pas le but, et vous risqueriez d’être vite déçu. L’idée est ailleurs…

Ces DVDs sont à voir comme un outil supplémentaire et pédagogique pour approcher le récit des Évangiles. Le texte, proposé en version Parole De Vie, est lu simplement, sobrement mais avec justesse. Il correspond au texte de chacun des Évangiles : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Rien n’y est ajouté ni supprimé. Si le choix s’est porté sur cette traduction, c’est que cette version dynamique, au style direct et simple, rend le texte accessible à tous facilement, et reste très agréable à l’écoute. Elle était la version idéale pour ce projet, qui existe au niveau international, sous le nom de Lumo Project.

Côté visuel, ces films bénéficient de belles images qui collent bien au texte et à la dynamique globale… là aussi les mêmes qualificatifs sont appropriés : simplicité, sobriété et justesse. Mais ce n’est pas pour autant que la réalisation est « cheap ». À savoir tout de même que le film a nécessité des mois de tournage au Maroc. Le résultat est d’un esthétisme indiscutable répondant parfaitement à ce projet unique. Il n’y a pas de surenchère gênante.

Alors quelle utilité pour ce nouveau format ? Et bien justement, elles sont nombreuses me semble-t-il. J’utilisais le mot « pédagogique » précédemment et, précisément, dans une société tant impactée par l’image, ces Évangiles pourront tout d’abord être utilisés facilement en groupes (catéchèses, études bibliques, groupes de maison…). C’est ainsi que l’Alliance biblique française a créé des outils pour que les Églises qui veulent partager ces films puissent le faire facilement, avec notamment des fiches d’animations bibliques.

Je vois aussi la possibilité d’utiliser ces vidéos pour dire parfois le texte biblique lors de la prédication en le projetant sur grand écran. Une façon différente de l’exprimer, offrant aussi à notre regard de se poser pendant ce temps…offrant une alternative différente à cette Parole annoncée.

Et puis, plus simplement encore, à titre personnel ou en famille, l’alternative est là offerte encore de se nourrir des Évangiles autrement. Je déconseillerai personnellement de vouloir regarder le tout d’un seul bloc et j’encouragerai à privilégier une utilisation morcelée mais réfléchie.

Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site dédié.

 

 

 

American Gods… une pépite métaphorique

« American Gods », une frénésie psychédélique qui semble avoir été conçue pour vaincre toute tentative de la décrire de façon cohérente. Alors que la saison 2 est sortie ce printemps, retour sur une des séries qui marque le paysage télévisuel et son panthéon.

Basée sur le best-seller de Neil Gaiman, American Gods est une série sur une bataille à venir entre les anciens dieux, Odin, Athéna, Bilquis Mama-Ji, Anubis, Vulcain, Loki and co. (et même Jesus qui vient s’ajouter à la liste bien qu’absent du roman initial) et les nouveaux (technologie, capitalisme, mondialisation et médias) qui se disputent le pouvoir et la pertinence sous forme de fantaisie théologique visuellement éblouissante et terriblement farfelue. De l’utilisation de gros plans extrêmes – de la vapeur sortant d’un bain fraîchement tiré, une cuillère remuant dans un pot, une roue à crémaillère d’un chariot de supermarché – à une proposition esthétique pulpeuse, léchée et déroutante aussi parfois, American Gods est une œuvre d’art réellement ambitieuse.

Reconnaissons-le, il peut être difficile de rentrer dans American Gods au début et l’univers de la série se met lentement en place. Cependant, après plusieurs épisodes et quelques développements, elle nous laisse moins sur le côté et nous ouvre alors ses portes. On se laisse prendre alors dans cette histoire, et l’on comprend tout ce qu’il est possible de comprendre, bien qu’une bonne partie reste assez énigmatique et sera développée progressivement. Ce n’est évidemment pas une série que l’on peut regarder en se baladant joyeusement sur Facebook. Elle exige toute votre attention et elle le mérite – ou vous n’avez aucune chance de le suivre jusqu’au bout… Mais, clairement, elle fait partie de ces œuvres qui requièrent que l’on accepte de s’y perdre en partie, de ne pas vouloir tout comprendre.

Dans American Gods, les humains, qu’ils soient esclaves ou migrants, ont apporté leurs dieux avec eux lorsqu’ils ont débarqué en Amérique. Le pays est peuplé de centaines de divinités toutes plus affamées de « croyance » au risque de disparaître. Car aujourd’hui, si les gens commencent à s’incliner devant de nouvelles divinités – s’ils échangent Odin et Athéna contre, disons, la télévision et Twitter – les anciennes divinités disparaîtront. Une guerre s’ensuit donc entre les nouveaux dieux et les anciens, dans des lieux improbables et loufoques. Ce conflit prend en fin de compte la forme de l’Amérique elle-même, sans doute « élargissable » à notre société contemporaine, et propose une lentille sanglante et fantastique à travers laquelle on peut voir une certaine crise de (la) foi.

Car American Gods poursuit un but extrêmement intéressant. En effet, le fond du roman comme de la série télé est de proposer une lecture de notre époque et du rapport entre les croyances et les avancées technologiques et pragmatiques du monde moderne. Ou comment l’humain déplace sa foi dans les outils de communication et le capitalisme, au détriment de concepts spirituels ?

Si la saison 2 a connu son lot de critiques, en particulier aux États-unis, elle excelle pourtant sur tous les plans. Les métaphores sont terriblement subtiles et le propos passionnant et bien amené. Il y a là matière à réflexion sur le fondement même de notre civilisation occidentale. Les anciens dieux, reconvertis dans la vie courante pour atteindre davantage de fidèles, nous apparaissent comme des êtres imparfaits, des réfugiés de leur propre gloire qui cherchent par tous les moyens à rester en vie et gagner de nouveaux fidèles. Mais qu’il s’agisse des nouveaux ou des anciens, rien ne dit qu’il y ait un « bon » ou un « mauvais » camp. American Gods nous pose par plutôt avec brio la question fondamentale de notre rapport à la croyance, d’une manière très Nietzschéenne au fond, avec ses êtres clairement au-delà du Bien et du Mal, ne cherchant que leur survie. À l’humain que je suis, que nous sommes, de déterminer si oui ou non, il y a bien deux camps et à quelle idéologie il préfère adhérer… Passionnant.

Encore une fois, American Gods est un vrai morceau de télévision original, symbolique, métaphorique, avec des moments de fantasmagorie envoûtants et de haute volée . Une occasion de réfléchir sur nous-même et en particulier sur notre rapport à la foi, à la croyance, au monde qui nous entoure ou encore au libre arbitre…

PRÉSENCE D’ESPRIT

Une autre façon d’envisager la Pentecôte…

 


 

HYMNE DE LA PRÉSENCE D’ESPRIT

 

L’Esprit qui dépend du Père,

C’est le souffle de sa bouche

Le souffle même de Dieu

Dieu c’est un immense souffle.

 

L’Esprit-Saint ? – Dieu est esprit !

C’est le souffle de la vie

Dieu souffle et source de vie,

Dieu le Père de la Vie.

 

L’Esprit quelle en est la source ?

L’Esprit ? – Dieu est vie

Et source invisible et impalpable.

Qui de vous a vu le vent ?

 

J’ai pressenti son passage

Venir et veiller en moi, pensif,

Demeurer en moi,

Que je veille ou que je dorme.

 

Ce vent passe parmi nous,

Nous entoure, nous traverse :

Véhémente, parfois douce

Qui entendra sa rumeur ?

 

Lorsque survient la Parole,

Divine, tempétueuse,

Ou plus souvent murmurante,

À peine comme une haleine

 

Discrète, tacite, aimante

Comme une triple substance

Aimant d’un amour unique,

En sa présence subtile.

 

Grand retable de la vie du Christ – nouvelle série – 2007 Éditions Bénévent

 

PAROLES, PRIÈRES, ENVOLS

À l’heure où, hélas, parfois et trop souvent, tourner les pages d’un livre s’avère difficile, la « crise du livre » comme on dit… « Paroles, prières, envols » aux éditions Bibli’O arrive comme un cadeau à plus d’un titre.

Blog ArtSpi'in rubrique spiritualité 08-2018

Cadeau comme quelque chose de beau à offrir. C’est peut-être l’idée première que l’on se fait devant ce livre au format A5 en mode paysage. Tout va dans cette direction avec du beau papier glacé, des photos soignées comme un itinéraire signées par Rebecca Dernelle-Fischer, de jolis textes avec un apport graphique et, dans le même temps, quelque chose d’assez conséquent de 212 pages pour un prix raisonnable de 17,90 €.

Cadeau en mode paysage disais-je… qui devient un cadeau du quotidien pour mon bien-être intérieur. En mode paysage pour élargir mes horizons, ouvrir la fenêtre du cœur pour se laisser aérer et observer plus loin… Une authentique invitation à ralentir. Patience, paix, persévérance, espérance, joie, donner, fatigue, amour, mystère : au fil de chaque page des mots simples qui s’écrivent à la mains et qui font partie de nos vies, de nos instants privés et publics. Se présente alors un verset qui les contient et en tournant la page, un pas de plus… une très brève méditation pour nous inviter à leur redonner du sens et sans doute les entendre autrement.

Blog ArtSpi'in rubrique spiritualité 08-2018

Un petit bijou de mots, de couleurs, de papier, et de spiritualité… à offrir et à s’offrir cet été, pour la rentrée, pour un événement où le cadeau peut alors devenir plus qu’un simple geste mais aussi une forme de main tendue… ou déjà même en vue des premiers achats pour la fin d’année plutôt que d’attendre l’instant ultime et d’y perdre sens et contenu…

Disponible notamment à la Librairie 7 ICI

Et pour aller encore plus loin et découvrir d’un peu plus près… ces deux vidéos de présentation :